‹ Contribution à l'étude des affections susceptibles de modifier l'aspect du sillon naso-génienChapitre 129 sur 147 · A. — IL EXISTE DES MODIFICATIONS DE LA PEAU · texte numérisé non relu

A. — IL EXISTE DES MODIFICATIONS DE LA PEAU

1° Le malade est porteur d’une tuméfaction qui présente les caractères de l’inflammation aiguë : tumeur, douleur, chaleur, rougeur. Cette tuméfaction augmente chaque jour de volume, son existence s’accompagne de signes généraux plus ou moins importants, enfin elle évolue rapidement vers la suppuration. L’examen bactériologique du pus pourrait alors déceler la présence du staphylocoque doré. L’ana-

lyse d’urine montrerait souvent une albuminurie, plus souvent encore une glycosurie. «

Il s’agit d’un furoncle ou d’un anthrax.

29 Le malade est porteur d’une « petite difformité circonscrité de : : la peau », d’un grain de beauté portant souvent des poils plus ou moins

longs, d’une tache, ne s’accompagnant ni des signes de l’inflammation aiguë ni de signes généraux, n’évoluant pas vers la suppuration.

Il s’agit d’un naevus.

Parfois, mais rarement, resté stationnaire dans son évolution depuis fort longtemps, ce naevus prend brusquement un accroissement notable, sa base s’indure puis la tumeur s’ulcère et saigne facilement ; en même temps la peau avoisinante devient le siège d’une pigmentation brune ou même noirâtre et l’on note un envahissement ganglion-

naire rapide et une prompte dissémination métastatique viscérale. Il s’agit d’un naevo-carcinome.

30 Le Rio est porteur de multiples petites nodosités, criblant

symétriquement les sillons naso-géniens, tantôt blanches, tantôt

rouges, ne présentant pas les signes de l’inflammation, ne s’accompagnant pas de signes généraux.

Il s’agit d’adénomes sébacés.

40 Le malade est porteur d’une cicatrice saillante, rouge, tendue, nettement délimitée par un bord de profil arrondi, mais de contour irrégulier, poussant souvent des prolongements en pince d’écrevisse. La douleur est presque constante ; mais cette cicatrice ne présente pas de chaleur locale, l’évolution ne se fait pas vers la suppuration. Les signes généraux sont absents. Enfin l’anamnèse donne la notion

-soit d’un furoncle ou d’un abcès autrefois observé dans le sillon naso-

génien, soit d’une intervention chirurgicale dont la ligne d’incision

a intéressé le sillon.

Il s’agit d’une bélonle:

59 Le malade, d’un certain âge, est porteur d’une tumeur bosselée lobulée, rouge violacée, parsemée de points blancs ou jaunâtres, s’accompagnant de lésions d’acné en d’autres points de la face. L’interrogatoire précise souvent qu'il s’agit d’un éthylique. La tumeur ne

présente pas les caractères de l’inflammation et ne s’accompagne pas

de signes généraux. Elle occupe plutôt le nez que le sillon naso-génien, mais, étant donné son volume, elle déborde le plus souvent dans les deux sillons naso-géniens.

Si l’on pratiquait une biopsie l’examen histologique montrerait une hyperplasie du tissu conjonctif avec dilatation vasculaire et une hypertrophie ou une dégénérescence kystique des glandes sébacées.

Cet examen nous paraît du reste superflu, le caractère morphologique de la tumeur étant le plus souvent suflisant, pour porter le diagnostic de rhinophyma.

6° Le malade, un vieillard, est porteur d’une « petite plaque superficielle ressemblant à une verrue plane, indurée, torpide, qui demande plusieurs années pour atteindre quelques centimètres. La lésion est plus ou moins ovalaire, saillante, à bords nettement arrêtés par un ourlet arrondi et mousse ; le centre est recouvert de squames brun

noirâtre, adhérentes, qui cachent un derme rouge, saignant au moindre contact. » Assez vite, sur cette lésion a pu apparaître une saillie du volume d’un pois, de consistance ferme, à surface exulcérée et saignotante ou croûteuse.

Cette lésion ne présente aucun des caractères de l'inflammation à elle ne s’accompagne pas de signes généraux. L'âge du malade et l’aspect de la lésion doivent conduire à Ra biopsie qui affirmera le diagnostic :

Il s’agit d’un épithélioma, baso-cellulaire le plus souvent, ce qui sera de la plus grande importance au point de vue thérapeutique puisqu'il est admis que l’épithélioma baso-cellulaire est justiciable du traitement radiothérapique. S

7 Le malade est porteur soit d’une grosse masse unique, distendant la peau qui est parcourue de veinosités, molle, soit d’une masse diffuse, infiltrant l’hypoderme et le derme, formant une cuirasse dure, soulevant la peau qui devient rouge violacée, s’accompagnant d’œdème périphérique, soit d’une tumeur volumineuse, dure, globuleuse ou étalée, longtemps unique, soit d’un imfiltrat diffus rouge violacé, rendant la peau tendue, luisante, parcourue de éapillaires rouges, dilatés, s’accompagnant d’une dilatation des pores glandulaires. On ne trouve pas de signes d’inflammation ni de signes généraux.

Ces différents aspects doivent eux aussi conduire à une biopsie qui affirmera le diagnostic :

Il s’agit d’un sarcome primitif de la peau.

Il n’y a que l’examen histologique qui permettra de préciser s'il s’agit d’un sarcome fuso-cellulaire, d’un Iympho-sarcome eutané ou d’un lymphadénome cutané.

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