‹ Contribution à l'étude des affections susceptibles de modifier l'aspect du sillon naso-génienChapitre 130 sur 147 · L'AFFECTION EST INDÉPENDANTE DE L'OS · texte numérisé non relu

L'AFFECTION EST INDÉPENDANTE DE L'OS

Les affections à tendance tuméfiante, sans modification de la peau, indépendantes de l’os sous-jacent peuvent se présenter sous l’aspect d’ une tuméfaction mal limitée, plus ou moins diffuse ou sous celui d’ une tuméfaction bien limitée, à contours relativement précis.

a) La tuméfaction est mal limitée.

. 10 Le malade est porteur d’une mfiltration plus ou moins diffuse du tissu cellulaire sous-cutané, s’accompagnant de douleurs parfois fort vives, mais ne s’associantpas à des signes généraux. L’examen bucco-dentaire montre des lésions au niveau de l’incisive latérale, de la canine ou de la pré-molaire supérieures.

Il s’agit d’une cellulite, dont l’existence est, à l’heure actuelle, encore, contestée par certains auteurs.

20 Le malade est porteur d’une tuméfaction, apparue lentement et insidieusement, grossissant progressivement, donnant une impression de tension, molle, dépressible, augmentant de volume par la fatigue, ne s’accompagnant pas de signes généraux ni de douleurs dentaires.

Il s’agit d’une phlébectaste.

30 Le malade est porteur d’une tuméfaction haute du sillon nasogénien, soit avec des signes d’inflammation, des douleurs très vives et une température élevée, soit sans signes d’inflammation sans douleurs sans température, mais s’accompagnant d’un larmoiement continuel.

Il s’agit d’une dacryocystite.

b) La tuméfaction est bien limitée.

Dans ce cas il convient de procéder à un examen particulièrement approfondi. L’examen buccal doit faire rechercher une écorchure infectée banale, une stomatite, une gingivite, une ulcération tuberculeuse ou néoplasique, une blessure des parties molles par la canine ou l’incisive latérale supérieure ou par un appareil prothétique au niveau de ces mêmes dents, une pyorrhée, une pulpite,

une arthrite alvéolo-dentaire ou une mortification de la canime ou de l’incisive latérale supérieures. Cet examen buccal sera complété par une rhinoscopie antérieure qui devra décéler la moindre lésion ou la moindre érosion soit du septum nasal soit de la muqueuse du seuil narinaire. De cet examen découleront des conclusions de la plus haute

importance : i

$ 1. — SI LA TUMÉFACTION S’ACCOMPAGNE D’UNE LÉSION BUCCO-DENTAIRE OU NA- SALE.

Le malade est porteur d’une petite masse dure, à contour régulier, roulant sous le doigt, plus ou moins sensible à la palpation. Il s’agit d’une adénite naso-génienne.

LA

8 2. — SI LA TUMÉFACTION NE S’ACCOM- PAGNE D'AUCUNE LÉSION BUCCO-DEN- TAIRE OÙ NASALE. |

La symptomatologie se borne uniquement à l’existence d’une masse de consistance pâteuse, à contour plus ou moins net, plus ou moins mobile sur les plans profonds.

IL s’agit d’un kyste vrai ou d’un pseudo-kyste.

Cliniquement nous avons vu dans le chapitre précédent que le kyste vrai s'accompagne presque toujours d’une tuméfaction du seuil narinaire alors que, dans l’exemple unique que nous avons trouvé de pseudo-kyste on n’observait aucune déformation du seuil de la narine. Faut-il voir là la possibilité d’un diagnostic différentiel ? Nous ne le pensons pas car il est possible d’une part, que certains kystes nasogéniens ne déforment pas le seuil de la narine et que d’autre part, certains pseudo-kystes plus volumineux ou plus profonds que celui que nous avons pu observer, en raison même de leur profondeur et de leur volume, puissent arriver à déformer le seuil narinaïire et à soulever : la muqueuse qui le recouvre.

Enfin la distinction entre kyste mucoïde et kyste dermoïde nous paraît impossible cliniquement parlant.

En définitive, le diagnostic différentiel entre kyste vrai et pseudokyste d’une part, entre kyste mucoïde et kyste dermoïde d’autre part, nous paraît appartenir au domaine de l’anatomo-pathologie. Le diagnostic clinique qui doit toujours être porté avant toute intervention chirurgicale quelle qu’elle soit n’est pas forcément et ne doit pas être obligatoirement un diagnostic de variété ; il sera ici un diagnostic général et l’on pourrait par exemple accorder à ces tumeurs le nom générique de tumeurs d'aspect kystique .

Après l’intervention chirurgicale, si l’on a le souci d’un diagnostic rétrospectif précis et que l’on ait eu soin, comme nous l’avons fait, de prélever la pièce opératoire en totalité ou en partie afin de la soumettre à l’examen d’un histologiste, on pourra alors non seulement confirmer le diagnostic de tumeur d’aspect kystique mais encore être renseigné sur la variété de cette tumeur et porter le diagnostic rétrospectif de kyste vrai ou de pseudo-kyste d’une part, de kyste dermoïde ou de kyste mucoïde d’autre part.

2. L'AFFECTION EST ADHÉRENTE A L'0S OÙ EST UNE AFFECTION DE L’0S LUI-MÊME

L’inspection montrera que cette affection est bi-latérale et plus ou moins symétrique ou uni-latérale.

7 a) Si l'affection est bi-latérale.

19 Le malade, un noir, est porteur d’une tuméfaction faciale en «as de pique » dont le début s’est accompagné de céphalée et a été précédé d’une éruption pianique.

Il s’agit d’un goundou.

20 Le malade est porteur d’une tuméfaction qui s’est développée he téinenL, insidieusement, qui a d’abord déformé l’un des sillons naso-géniens puis l’autre, qui est restée très longtemps indolente,

qui est souvent accompagnée d’ expulsions dentaires.

Il s’agit d’une « léontiasis ossea ».

(Notons toutefois que la notion de bi-latéralité ne saurait toujours être de rigueur et qu’il est possible, assez rarement, d’observer des léontiasis ossea uni-latérales).

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b) Si l’affection est uni-latérale.

On recherchera, par un examen buccal soigneux et un interrogatoire sérieux, si le malade présente ou a présenté des signes de mono- : * se 2 Ph : « : nee £

arthrite apicale de l’incisive latérale ou de la canine supérieures.

& 1. — L’ANAMNÈSE OU L'EXAMEN MONTRENT L’EXISTENCE D’UNE MONO- ARTHRITE APICALE.

19° Le malade est porteur d’une tuméfaction rouge, chaude, très douloureuse, apparue rapidement, s’accompagnant d’une température élevée.

Il s’agit d’un ostéo-phlegmon. £

20 Le malade, un adulte, est porteur d’une tuméfaction recouverte d’une peau chaude, luisante, tendue, rosée. La palpation révèle un empâtement osseux, douloureux. La douleur spontanée est sourde. Les signes généraux sont peu marqués.

Il s’agit d’une ostéo-myélite.

30 Le malade est porteur d’une tuméfaction recouverte d’une peau normale. La palpation montre une masse régulière arrondie faisant corps avec l'os. Le doigt qui palpe « sent à la périphérie la résistance osseuse, puis, se rapprochant du centre, il éprouve la sensation de balle de celluloïde ou de feuille de parchemin qui se laisse Date par une légère pression ». 0

La radiographie confirmera le diagnostic de kyste radiculo-dentaire.

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