LE LUPUS
Tous les Traités classiques qui se sont occupés de la question des . tuberculoses cutanées sont d’accord au sujet des lupus pour en reconnaître plusieurs variétés dont les plus fréquentes sont :
Le Lupus tuberculeux vrai, :
Le Lupus érythémateux,
Le Lupus pernio.
a) Le Lupus tuberculeux vrai :
Il reconnaît indubitablement une origine tuberculeuse qui a été démontrée cliniquement, histologiquement et bactériologiquement. Aussi nous n’insisterons pas plus longuement sur sa pathogénie.
Fig. 6. — Lupus tuberculeux vrai.
(Collection Brocq-Hôpital Saint-Louis).
Cest une affection qui est la plus fréquente de toutes les tuberculoses cutanées et qui frappe électivement la face. Primitivement, il est formé par un ensemble de « petits ou
arrondis, jaunâtres, translucides, siégeant dans le derme, entourés d’une zône de peau de couleur rouge. »
Ces nodules ne sont autres que des tubercules intradermiques ou nodules lupiques. Ces nodules peuvent s’ulcérer et « former, par leur confluence, une ulcération à bords irréguliers, recouverte de croûtes. »
Selon l’évolution, il peut donc s’agir de lupus tuberculeux non
ulcéré ou de lupus tuberculeux ulcéré. “e
E Parfois même, c’est à un stade beaucoup plus avancé qu’on voit ces lupus, alors qu’on leur donne le nom de « lupus vorax » et qu’ils ont occasionné des destructions considérables de la: face ; le nez, les lèvres, la partie inférieure du sillon naso-génien pouvant, à ce stade, être littéralement rongés.
b) Le lupus érythémateux
Nous avons rangé cette affection dans le chapitre des tuberculoses cutanées uniquement par souci de classification. Mais nous ne vou-
Fig. 7. — Lupus érythémateux.
(Collection Brocq-Hôpital Saint-Louis).
lons pas, pour cela, prendre parti dans la discussion qui s'est élevée | PE p 3 CURE
entre les différentes écoles dermatologiques qui n’admettent pas
toutes, notamment certaines écoles étrangères, la nature tubercu-
leuse du lupus érythémateux. Nous rappellerons cependant que M. le Professeur Goucrror considère comme indiscutable l’origine tuberculeuse de ce lupus et qu’il a été le premier, en 1908, à obtenir l’inoculation au cobaye. Les travaux des Allemands : Enrmann et Reiver et ceux des Suisses : Bruno Biocx et Fucus, sont postérieurs à ceux de M. le Professeur GoucerorT qu'ils ont, du reste, confirmé. 3 $
Fréquemment le lupus érythémateux prend le nom de lupus acnéique, car les glandes sébacées peuvent prendre part à la lésion.
De nombreux synonymes lui sont du reste connus : on lui donne indifféremment les noms de : scrofulide érythémato-squameuse et acnéique, herpès crétacé, séborrhée congestive, érythème centri-.
fuge.
c) Le lupus pernio
Cette forme de lupus est beaucoup plus rare au niveau du sillon naso-génien que les deux précédentes. Mais on en trouve quelques exemples. C’est le « lupus engelure ». Il apparaît surtout l'hiver et attaque les régions du corps qui sont exposées au froid.
Ces différents lupus : tuberculeux vrai, érythémateux et pernio sont des affections cutanées qui modifient considérablement l’aspect du sillon naso-génien.
Au cours de nos visites au Musée des Moulages de l'Hôpital Saint- Louis, nous en avons trouvé de fréquentes reproductions. Les vitrines 30, 31, 32, 33, 34 et 35 en contiennent de remarquables spécimens qu’il nous serait impossible de reproduire tous ici.
Mais nous rapportons quelques observations et quelques photographies de lupus du sillon naso-génien.