LES NÉOFORMATIONS D’ASPECT KYSTIQUE
Si étrange que cette distinction puisse paraître, nous diviserons l'étude des néoformations d'aspect kystique en deux parties : l'étude des kystes vrais, l’étude des pseudo-kystes.
Et nous soulèverons, à PESpOE de ces “eiés un énorme point d'interrogation que nous n’aurons pas la prétention de résoudre, mais qui nous permettra de pressentir un chapitre entièrement nou-
veau de la pathologie maxillo-faciale.
a) Les kystes vrais
En 1886, LannezoncuE et Acrarp, dans leur Traité des kystes congénitaux, ne donnent aucun exemple de localisation kystique au niveau du sillon naso-génien.
Ce n’est qu’en 1907, au XIe Congrès de la Société Italienne de Laryngologie, d’Otologie et de Rhinologie, qui eut lieu à Rome, que le docteur Crrezzr, de Catane, rapporte un cas de kyste dermoïde de la face latérale du nez à marche très rapide. Il pense à la rareté de ces kystes et met sa rapidité d’évolution sur le fait qu’histologiquement ce kyste était en pleine transformation épithélioma-
- teuse.
- Depuis, les kystes du sillon naso- génien, sous le nom de kystes du vestibule nasal ou de kyste du seuil narinaire, ont fait l’objet de nombreuses communications et d’une très belle étude de M. le Pro-
* fesseur Jacques de Nancy sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir un peu plus loin.
Nous envisagerons successivement h définition clinique, puis la définition anatomo-pathologique du mot kyste ; nous en montrerons ensuite les différentes variétés pathogéniques ; nous essalerons de démontrer la possibilité de leur existence au niveau du sillon nasogénien, tant au point de vue embryologique qu’au point de vue clié 3
Dümonr.
nique et qu’au point de vue anatomo-pathologique ; enfin, nous étudierons séparément les variétés histologiques.
DÉFINITION CLINIQUE
Tout d’abord, il convient de s’entendre sur le sens exact du mot kyste. En effet, selon l'expression de Lecè #, il n’y a pas de mot. dans toute la terminologie anatomo-pathologique qui aït servi à désigner plus de choses différentes que le mot kyste.
Du point de vue clinique, un kyste est (une tumeur encapsulée
à contenu liquide ou pateux. » } DÉFINITION ANATOMO-PATHOLOGIQUE
Du point de vue anatomo-pathologique, la définition du kyste a été fort bien délimitée par Lecène également qui écrit : « La dénomination de kyste doit être réservée aux tumeurs uni- ou multiloculaires, limitées par une paroi conjonctive (pouvant accessoirement contenir des fibres musculaires lisses) tapissée intérieurement par un revêtement formé d’épithélium ou d’endothélium suivant
les cas. »
DIFFÉRENTES VARIÉTÉS PATHOGÉNIQUES Î
C’est encore à LecÈNE que nous emprunterons la classification pathogénique des kystes et comme lui nous en noterons trois variétés :
10 Les kystes par rétention dans les glandes. — Ils n’ont aucun intérêt ici, car on les observe au niveau du col utérin, du rein, de l’épididyme, des glandes salivaires, du pancréas. (?) |
29 Les kystes d’origine congénitale. — Ce sont eux qui retiendront notre attention. DAT
Ils résultent du développement anormal d’un enclavement ectodermique : « véritable pincement de l’ectoderme embryonnaire. »
3° Les kystes par inclusion épidermique traumatique. — Ils sont encore appelés kystes épidermoïdes d’origine traumatique.
Nous ne voulons pas apporter dans ce travail la démonstration expérimentale de la pathogénie des kystes. Aussi les kystes par inclusion épidermique traumatique qui en sont la plus pure démonstration et la preuve la plus indiscutable ne nous intéressent-ils qu’acces-’ soirement. Mais certainement, si nous avions compulsé toute la bi-
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bliographie de la pathologie maxillo-faciale de guerre, il nous eût été facile d’en trouver de très beaux exemples. Nous ne l’avons pas fait, car nous avons pensé que cette étude, si vaste, dépasserait le
cadre de ce modeste travail. Nous n’insisterons donc pas plus lon- guerent sur cette variété de kystes.