POSSIBILITÉ ANATOMO-PATHOLOGIQUE
Les observations dont nous venons de parler comportent de la part de leurs auteurs un examen histologique montrant qu’il s’agit d’une tumeur limitée par une paroi conjénctive, tapissée intérieurement par un revêtement soit endothélial soit épithélial : histologiquement parlant, d’un kyste du sillon naso-génien.
à VARIÉTÉS HISTOLOGIQUES Les kystes du sillon naso-génien ou kystes du vestibule nasal ou kystes du seuil narinaire présentent à étudier deux grandes variétés : le kyste dermoïde,
le kyste mucoïde.
19° Le kyste dermoïde. — Le kyste dermoïde du seuil narinaire est une véritable rareté. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire la très belle étude qu’en a fait PrQuer qui écrit :
« Au point de vue anatomique, il s’agit d’un kyste situé dans la € partie antérieure du maxillaire supérieur. Ce kyste semble avoir pris « son origine entre l’incisive latérale et la canine pour remonter vers « le haut en éventail et s’étendre à la hauteur du plancher des fosses « nasales, de la ligne médiane à la première grosse molaire. Sans « aucun doute possible nous avons affaire à un kyste dermoïde qui a « pris naissance et s’est développé dans le maxillaire supérieur. Il ne « présente aucun des caractères du kyste mucoïde du seuil de la narine. « Cette dernière tumeur n’est pas très rare et nous ep avons déjà « observé et opéré trois cas. Tous ces kystes mucoïdes se sont traduits « par les signes si bien décrits par le Professeur Jacques. Ils siégeaient « sous l'aile narinaïre, dans le sillon naso-génien et étaient visibles « dans la fosse nasale, sous le cornet inférieur. Mais, fait essentiel, ils « étaient situés au-devant du maxillaire supérieur, dans lequel ils ne ( pénétraient pas, tandis que notre kyste dermoïde était situé en plein «tissu osseux. Par sa situation, il présentait de grandes analogies «avec certains kystes para-dentaires développés au-dessus des pré- € molaires qui peuvent occuper à peu près la même place dans le € maxillaire supérieur. Mais ces kystes paradentaire sont un contenu « liquide, une paroi peu adhérente à l’os dans laquelle on ne trouve « pas d’annexes cutanées à l’examen histologique. Au contraire, le
€ kyste que nous décrivons était rempli d’un magma caséeux, sa paroi € était tellement adhérente à l’os que nous n’avons pas en pufaire « l’ablation totale, et enfin cette paroi contenait des éléments pilo- « sébacés. Elle présentait donc les caractères anatomiques du kyste « dermoïde.» -
€ Ces kystes sont d’une extrême rareté. Nous n’avons put rouver que « deux cas certains dans la littérature médicale : celui de Verneurr, € concernant un kyste dermoïde de la joue, situé dans la commissure «inter-maxillaire et accolé à la face externe du maxillaire supérieur, «et celui de M.Birnenwecx, exactement superposable au nôtre. .« Aucun fait semblable n’est rapporté dans le Traité d'O. R. L. de « DEnxk£Er et Kaurer, ni dans le Traité des Malformations de « ScHwaz8E. Bien plus, on lit dans ce dernier ouvrage, dont l’auteur « ignorait l’observation de VERNEUIL : Q Il est à remarquer que l’on « n’a jamais vu de kyste dermoïde dans la région de la fente latérale « de la lèvre supérieure. » |
« Il semble bien qu'il s’agisse d’une tumeur développée au niveau « d’une fissure de la face, d’un enclavome. On sait que celles-ci s’ob- « servent assez fréquemment au niveau de la queue du sourcil et dans « le plancher buccal. Beaucoup plus rarement, on les rencontre au- « dessus de l’angle interne de l’œil, sur le dos et la pointe du nez « (LANNELONGUE, BrAMANN) et dans la joue, juste en dehors de la « pyramide nasale (Bramanx, CrrEeLLt, Uruv). Enfin on connaît « quelques très rares cas de polypes dermoïdes insérés sur la voûte « palatine (Créraurr, Maxcné, ILLARA).
« Dans notre cas, la tumeur s’est formée aux dépens et sur le trajet « de la fissure comprise entre les bourgeons maxillaire supérieur et « nasal interne et, en tous cas, entre le maxillaire supérieur et l’inter- « maxillaire.… »
Nous reproduirons ci-dessous l’observation du malade de Piquer.