‹ Contribution à l'étude des Amnésies AsphyxiquesChapitre 5 sur 28 · DO · texte numérisé non relu

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chaque forme de mémoire est localisée dans des foyers particuliers, distincts qui n’en demeurent pas moins dans la connexion la plus intime.”

L'étude des amnésies partielles a permis, lorsqu'elles étaient consécutives à des traumatismes ayant partiellement intéressé le cerveau,de fixer,ou à peu près, le siège de certaines mémoires. Nous nous trouvons par là ramenés à la question si imprécise encore des localisations corticales.

Contentons-nous de dire que, malgré les grands progrès réalisés dans cette voie, on ne peut encore conclure de façon à ne pas permettre le doute ; il arrive encore parfois qu’une preuve d’une localisation soit contredite par des preuves contraires.

Et la formule suivante de Ball peut encore aujourd'hui nous montrer combien sont limitées nos connaissances sur un pareil sujet :

« Si la physiologie avait dit son dernier mot sur l’étude des fonctions cérébrales, si nous connaissions à fond la physique et la chimie de la pensée, nous pourrions, sans doute, formuler avec une certaine précision les conditions nécessaires à l'accomplissement du travail intellectuel. Mais combien nous sommes loin de cet idéal.

« Ce que nous savons du moins, c'est que l’encéphale est une réunion fort complexe d'éléments divers, qui se compose surtout de ganglions, destinés à condenser les impressions sensorielles et les sources du mouvement, et d'organes doués de propriétés plus élevées, les hémisphères cérébraux, qui paraissent être le siège exclusif des actes conscients de l'intelligence, C’est là, pendant

la période d'activité cérébrale, pendant l’afflux du sang et la turgescence de la pulpe nerveuse, que s’élaborent les phénomènes d’ordre supérieur qui constituent dans leur ensemble ce que nous appelons la pensée et qui coïncident avec des réactions chimiques fort analogues aux combustions » (1).

B. — Dr L'AMNÉSIE,

Dans son article « amnésie » du dictionnaire encyclopédique des sciences médicales Falret dit : « Amnésie de « privatif et de uvñsx, mémoire, diminution notable ou perte totale de la mémoire (2).

La privation complète de mémoire entrainant d’une manière fatale l'impossibilité de toute fonction intellectuelle, nous pensons avec Richet qu’ « on réserve ce mot en général, à des états curieux de l'esprit dans lesquels la perte de la mémoire (seulement partielle) coexiste avec la conservation des autres fonctions intellectuelles » (3).

Elle peut n’exister parfois même que d’une façon extrémement limitée.

Et ce fait est pour nous compréhensible puisque nous avons admis la pluralité de. la mémoire et ses diverses localisations, puisque chaque mémoire étant indépendante vit isolément.

(4) Bazr. Leçons sur les maladies mentales, Paris, 1880-1883.

(2) Faurer. Diclionnaire encyclopédique des Sciences médicales : Art, Amnésie.

(3) Ricuer, Grande encyclopédie, Art. Amnésie.

L'amnésie partielle peut être de courte durée lorsqu'on peut supprimer la cause qui l'a produite.

Quant à l’amnésie totale, elle est due, le plus souvent, à des états graves ou à des affections chroniques tels que la sénilité, la démence, l'alcoolisme chronique, la paralysie générale, le ramollissement cérébral ete. Elle comporte alors un pronostic grave.

L’amnésie n’est qu'un symptôme d’un grand nombre

d'états pathologiques et même elle peutsurvenir à la suite de « toutes les influences dépressives, débilitantes. » (1)

Pour ce qui est de l’amnésie partielle, nous venons de dire qu’elle pouvait porter sur des faits unis entre eux par des rapports de similitude ; il s’agit de systémañsalion des souvenirs.

D'autres fois elle porte sur des faits échelonnés ‘dans le temps ; c'est l'amnésie à début brusque survenant à la suite d’un accident dans le sens le plus large du mot,

Comme point de repère dans le temps, prenons donc l'instant précis de l'accident ; l'amnésie peut porter sur les faits antérieurs ou sur les événements postérieurs.

Dans le premier cas, il s’agit d’amnésie rétrograde dans le second, d'amnésie antérograde.

Cestermes généraux n’impliquent aucune limitation du temps oublié et il peut tout aussi bien s’agir d’oubli de quelques minutes que d'oubli de longues années,

Si les faits oubliés ont eu lieu, les uns avant, les autres après l’accident, nous avons l'amnésie rétro-antérograde. |

© (4) Morer. Note sur l'amnésie temporaire, Union médicale 1879 t. 27, p, 950.

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