‹ Contribution à l'Étude des Amputations de Cuisse pour Gangrène dans les Oblitérations Artérielles des Membres InférieursChapitre 10 sur 53 · I. — Etude expérimentale · texte numérisé non relu

I. — Etude expérimentale

Il nous est indispensable, pour étudier la physio-pathogénie de la gangrène, de rappeler les travaux expérimentaux de Leriche, et les conclusions qu'il en a tirées. (Leriche, Physiologie pathologique et chirurgie des artères, Masson, 1943, 1 tome, page 248 et suivantes.)

Dans ses travaux, Leriche constate, après ligalure artérielle, que : « la gangrène se produit rapidement à la périphérie toutes les fois que le retour du sang dans lartère liée ne se fait pas, soit parce que les collatérales et leurs anastomoses intra-musculaires sont, ou détruites par le traumatisme, ou comprimées par un hémalome, ou physiologiquement imperméables, parce qu’en vaso-constriction ».

Les premiers symptômes sont au bout d’un quart d'heure environ, un engourdissement des orteils, la disparition de la sensation de contact, puis de celle de chaud ou de froid. Vers la vingt-cinquième minute, se produit une véritable

DT Ge

anesthésie, avec analgésie s'étendant vers la jambe. En même temps, s’installe une parésie musculaire progressive. Àu bout d’une heure, Fimpotence atteint le genou. I! semble qu’alors, les phénomènes soient encore réversibles. Ils ne le seront plus après après trois quarts d'heure à unt heure. Bientôt apparaissent des taches rouges, violacées, eu piqueté hémorragique, aux points déclives et aux points äe pression. Les douleurs sont intolérables. Vers le quatrième ou cinquième jour, la peau des orteils, de la plante des pieds, des bords de la plante, de blanche, devient jaunâtre, puis rougcâtre, brunâtre, enfin. notre, en même temps qu’elle se dessèche, se boucane, devient très dure, en perdant toute mobilité.

A. — Si cette momification s'étend avec les mêmes caractères à tout le pied, à la jambe, on parle de gangrène massive sèche. En somme, primitivement, tout était blanc et livide, secondairement, tout est devenu noir. Leriche admet qu’il s’est produit un infarcissement, c’est-à-dire, une hémorragie diapédétique.

Certaines artérioles, certaines veines ont encore du sang. Celui-ci, « par vaso-dilatation active, revient par la périphérie, à contre-courant, reflue dans les vaisseaux vides sous forte pression, et comme il ne force pas le passage, il se produit une hémorragie diapédétique dans la totalité du territoire ischémique ou à sa périphérie ». La coloration noire est due à l’infiltration dermique d’un pigment sanguin modifié, en même temps que les globules rouges sont voués à la dégénérescence.

B. — Mais parfois, tandis que cette momification commence à s'installer, on voit apparaître au-dessus, une aire violacée, irrégulière, entourée d’une bande blanchâtre, enfin des phlyctènes dont la déchirure laisse apparaître un derme lie de vin. Quand il en est ainsi, nous disons qu’il y » gangrène humide. D'après Leriche, c’est à tort que l’on considère comme synonymes gangrène humide et gangrène infectée. Il existerait peut-être en ce cas « un mélange de

Page 1