‹ Contribution à l'Étude des Amputations de Cuisse pour Gangrène dans les Oblitérations Artérielles des Membres InférieursChapitre 9 sur 53 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La gangrène est l’aboutissement fréquent des obstructons artérielles pathologiques. Les artérites oblitérantes, les embolies en sont les causes essentielles. Dans les premières, la thérapeutique reste désarmée devant l’altération progressive et diffuse des parois artérielles par l’athérome. Dans les embolies, le caractère massif, les localisations particulières, la répétition sont les causes des échecs nombreux du traitement conservateur.

La gangrène reste, malgré les acquisitions médicales el les progrès des techniques chirurgicales, d'observation courante. Dans son essence, son traitement ne pose pas de problème : la gangrène nécessite lPamputation.

Cette chirurgie mutilante était autrefois la seule pratiquée dans les artérites. Le développement des opérations à visée sympathique, puis des techniques restauratrices de la perméabilité artérielle l’ont reléguée au second plan. Son intérêt paraît restreint : elle s'adresse à des malades souvent très âgés et fragiles, d’un élat général précaire ; elle est grevée d’une lourde mortalité ; nombre d’opérés deviennent des grabataires, ou ne font pas les frais d’une cicatrisation interminable.

La chirurgie de la gangrène, si elle est inévitablement mutilante, pénible à imposer, a vu, ces dernières années, diminuer considérablement sa mortalité, s'améliorer ses suites. La thèse de Mignard, le rapport de Sautot et Meunier ont apporté à ce sujet des enseignement éloquents.

RTE

Nous avons pu, au cours de ces quatre dernières années, recueillir un nombre relativement important d’observations (27) d’ampuütations hautes pour gangrène. Ces observations proviennent toutes du service du Docteur Meley, à l'hôpital Bellevue de Saint-Etienne. Tous les malades ont été examinés et traités dans des conditions identiques, et ont bénéficié des perfectionnements nouveaux.

L'étude de ces observations nous a parue d’un certain intérêt.

Les résultats d'ensemble confirment l'amélioration considérable de la mortalité, signalée dans d’autres statistiques récentes.

Au-delà d’une analyse stricte des résultats, de la description des techniques de préparation et d’anesthésie, l'étude clinique des malades de notre série nous a permis de constater certains faits, tels les échecs fréquents des amputations basses, limitées ou parcellaires ; ieïle la nécessité rencontrée souvent des amputations hautes.

Il ne paraît pas inopportun à l’époque où la chirurgie artérielle conservatrice ou restauratrice est en plein essor, de revenir sur ce chapitre quelque peu ingrat, qui est encore loin d’être clos.

Nombre de malades arrivent au stade de la gangrène sans avoir bénéficié d'aucune thérapeutique médicale ou chirurgicale, c’est une constatation courante dans nos observations.

À l'opposé, il est assez frappant de voir que peu de nos artéritiques opérés au cours de la même période, soumis à des méthodes diverses : sympathectomies, artériectomies, désobstructions ou greffes, ont été revus avec des complications ischémiques graves (1).

(1) Nous avons en quatre ans soigné un total de : 58 artéritiques

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