‹ Contribution à l'étude des amyotrophies spinales progressives au cours du tabèsChapitre 17 sur 31 · DÉBUT · texte numérisé non relu

DÉBUT

C’est insidieusement que s’installe, d'habitude, l'amyotrophie chez le tabétique. Quel que soit le groupe musculaire qu'elle frappe, le premier symptôme qui attire l'attention du sujet est une maladresse au cours de certains gestes qu'il accomplit dans sa vie courante ou pour son travail. Il la remarque surtout lorsque l'affection atteint en premier lieu les petits muscles de la main et gêne les mouvements précis et l'écriture: ainsi une observation d'André LErt relate qu'un malade fut obligé d'abandonner son emploi dans un bureau parce qu’il ne pouvait plus écrire.

Ce n’est qu'un certain temps après avoir constaté cette parésie que le sujet note un certain « amaïgrissement » du segment de membre atteint. Mais ce fait ne suffit pas pour affirmer que lamyotrophie est toujours. précédée d’une phase de parésie. En effet, alors que le malade est gêné par celle-ci dès qu’elle apparaît, il ne remarque cellelà que lorsqu'elle est déjà importante. Il semble plutôt que la parésie soit proportionnelle au degré d’amyotrophie et que les deux symptômes évoluent parallèlement.

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Parfois, mais plus rarement, l'affection peut débuter de façon brusque: on peut en effet relever dans les observations que nous citons: vingt-et-un débuts insidieux pour six débuts brusques. L'impotence fonctionnelle est alors très marquée d'emblée et la parésie semble être Ie phénomène initial. La fonte musculaire ne <e produit qu'après et s'installe rapidement en quelques mois ou quelques semaines. Dans notre observation, l’atrophie qui avait débuté aux mains gagna en deux mois les muscles du bras, des épaules, du larynx et de la respiration. Dans l’observation 37. des amyotrophies étendues se développérent en deux mois.

Il arrive que l'installation des atrophies soit précédée de douleurs vagues et fugaces d’abord, puis lancinantes avec des paroxysmes à caractère fulgurant plus ou moins net. Ces douleurs se localisent à un groupe de muscles ou sur un trajet nerveux. Elles s’accompagnent parfois de crampes et dé contractures. Nous les avons notées cinq fois sur cinquante-et-une observations. Elles peuvent être très intenses comme chez la malade de l'obser ration 46 ou moins violentes comme dans l’observation 43: LEROUGE les attribue à une inflammation méningée car leur intensité est souvent proportionnelle au degré de pachy-méningite que

lon constate à l’autopsie.

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