AUTRE
procédé, déjà ancien, puisque Decès, dans sa thèse de 1857, en rapporte douze cas, a peu à peu pris le dessus sur les divers autres modes de traitement, et est aujourd'hui accepté par tous sans contestation. C'est précisément, d’ailleurs, l'opération effectuée par M. le professeur Riche sur son malade, on a vu plus haut avec quel succès
Au cours de cette intervention, le gros inconvénient, le seul même, serait-on tenté de dire, est sans contredit l'hémorragie, à peu près fatale et inévitable, si l'on songe au nombre colossal de vaisseaux qui sont lésés par le bistouri. Afin de prévenir, dans la mesure du possible tout au moins, cette inondation sanguine, plusieurs procédés ont été proposés. On peut par exemple; étC'est'ee qu'a fait M le professeur Riche dans son opération, placer aulour du crâne, au niveau des oreilles, une bande de caoutchouc qui comprime les vaisseaux el assure plus ou moins l’hémostase. Ou bien on procède à la ligature préventive des l(roncs afférents à la tumeur. Dans d'autres cas enfin, aucun moyen préventif n’est tenté, le chirurgien s’efforçant d’oblitérer les vaisseaux au fur et à mesure qu'ils sont lésés, soiten les comprimant avec une compresse ou une éponge, soit, ce qui esl mieux, en les liant. C'est ainsi que Guéniot fut amené à effectuer dans un cas 20 ligatures, Decès 18, et Mussey 40, et cependant, dans ce dernier -cas, les deux carotides primitives aient déjà été liées à titre préventif,
Chose à remarquer, tandis que les anciens procédés de traitement s'adressaient indifféremment à Ja tumeur cirsoïde ou aux vaisseaux eclasiés, et plutôt même à ceuxei qu'à celle-là, l'extirpation, suivant en cela les idées de Decès, ne s'applique qu'à la tumeur cirsoïde. C'est, en effet, un fait indéniable, que la suppression de la tumeur
amène la régression de l'ectasie des vaisseaux, bren qu'on
n'ait pas touché à ceux-ci. Ellnous en voyons un exemple frappant dans le cas de M. le professeur Riche, où, quelques jours à peine après l'intervention, les vaisseaux périphériques sont déjà bien revenus sur eux-mêmes et en voie de régression. Donc, il faut et il suffit d'extirper la tumeur cirsoïde pour faire œuvre utile, les lésions accessoires guérissant alors spontanément.
L'opération peut être faite en 1 ou 2 temps, suivant qu'elle est petite ou de moyen volume, ou si au contraire elle est volumineuse el occupe une grande élendue (Krause).
Quoi qu'il en soit, Pextirpation est, sans contredit, une excellente opération, qui guérit presque à coup sûr l'affection. Cependant elle n'est pas exempte de tout danger, et d'autre part n’est pas loujours réalisable.
Il arrive, en effet, parfois que la tumeur est trop volumineuse, si bien que l'opération occasionnerait un shock trop considérable ou nécessiterait des délabrements trop étendus. Ou bien elle a avec les Lissus, avee les organes voisins des connexions telles que l'opération serait d’une difficulté extrême, et parfois même impossible. C est alors que, faute de mieux et pour tenter tout de même de faire quelque chose, on a recours aux anciens procédés de traitement. Nous allons les passer rapidement en revue, sans trop y insister toutefois, puisque aujourd'hui ils n'ont plus qu un intérêt rétrospectf et DIStOTIqUE presque plus employés,
e,el ne sont
En premier lieu, nous citerons la compression. Nous n'en parlerons que pour mémoire, et pour la condamner, car c'est un moyen détestable, d'une efficacité absolument chimérique, et qui bien plus est dangereuse. En effet, trop souvent la tumeur irritée finit par s'ulcérer, d'où hémorragie parfois fort grave, ou bien elle se déve-
47 Re
loppe vers les plans profonds, pouvant arriver à corroder lés os du crâne au point de passer au travers.
La compression est pourtant employée, mais alors à ütre provisoire, pour faire de l'hémostase, où à titre accessoire, après ligature des troncs afférents à la tumeur. |
Cette ligature des trones a été longtemps employée, car on pensail supprimer la lumeur en supprimant l'afflux de sang vers elle. De nombreux procédés ont été employés; nous les rangerons sous trois titres :
l° Ligature des troncs principaux d'un département artériel, C’est ainsi que Peixotto, de Rio de Janeiro, alla Jusqu'à lier le trone brachio céphalique, dans un cas d'anévrysme cirsoïde de l'oreille droite ;
2° Ligature des troncs secondaires : on a lié une caro tüdeprimitive, quelquefoisles deux, la carotideexterneetc.….
3 Ligalure des rameaux afférents à la tumeur.
Aucun de ces procédés, il faut le dire tout de suite, n’a donné de résullat réellement salisfaisant el bien souvent même ce dernier fut-il illusoire. La tumeur, en effet, reçoit alors du sang d’autres vaisseaux, par lintermédiaire des nombreuses anastomoses qui l'unissent aux artères voisines. D'où souvent la nécessité d'opérations multiples, à intervalles plus ou moins rapprochés, et réclamant la ligature successive de plusieurs branches ou
troncs artériels. D'autre part, la ligature de vaisseaux
aussi importants que la carotide primitive, à fortiori que le tronc brachio-céphalique, ne va pas sans quelque danger pour le patient. Cependant quelque mauvais et dangereux qu'il fut, ce traitement fut longtemps en usage,
et innombrables sont les observations où on le voit em-
plové. Aujourd'hui, nous le répétons encore. il ne sert plus que dans les cas où l'extirpation est impossible, par
CEA
conséquent il n'est plus qu'un moyen de pis aller, [est cependant employé parfois, mais alors à titre accessoire, avant l’extirpation. Il n'a alors d'autre but que d'éviter le plus possible l'hémorragie, et de pallier ses effets en la réduisant au minimum.
Enfin, dans un troisième ordre d'idées on a essayé d'obtenir l’'oblitération de la tumeur en provoquant dans son intérieur la formation d'un caillot. On a employé successivement l'électro-puneture, qui ne paraît pas avoir donné de résultats probants. puis, et surtout, les injec: tions coagulantes, soit de perchlorure de fer, soit de sérum gélatiné..…. Dans tous ces cas les résultats furent très infidèles, peu satisfaisants, aussi ce procédé fut-il assez rapidement abandonné.
En résumé, étant donné surtout la richesse de l'arsenal hémoslalique moderne, étant donné d'autre part la sûrelé que donne, au point de vue des suites opératoires, la méthode aseptique, tous ces procédés doivent aujourd'hüui céder le pas à l'intervention radicale, à lextirpaion de la tumeur. Ge traitement seul est vrarment efticace, seul il est capable de supprimer complètement la Lameur. el d'assurer, sous le couvert d'une hémostase parfaite et d'une asepsie absolue, la guérison certaine et définitive de lPaffection.
= CE Le:
Es Ce