‹ Contribution à l'étude des angines à bacille de FriedlaenderChapitre 11 sur 42 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Hisrorique. — L'histoire des angines provoquées par le bacille encapsulé de Friedlaender est de date relativement récente. Elle est née du grand mouvement provoqué par la découverte de la sérothérapie antidiphtérique. En recherchant, chez les malades, systématiquement le bacille de Loœæffler, pour le combattre à armes spécifiquement appropriées, on rencontra d’autres adversaires bactériens, dissimulés aussi, le plus souvent, sous le manteau de la pseudo-membrane et fauteurs d’angines, également.

De ceux-là était le pneumobacille encapsulé.

Max Stooss, le premier, relata l’observation d'une malade ayant souffert d’une angine à forme pseudomembraneuse, où se rencontrait, en proportion notablement prédominante, le bacille de Friedlaender (Observation XXIV). A propos de cette observation, il conclut : « Il s’agit d’une angine pseudo-membraneuse ayant eu une durée assez longue, mais ayant présenté des phénomènes généraux de faible importance. Nous ne connaissons point d'observation antérieure d’inflammation des amygdales et du pharynx due au bacille de

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Friedlaender et nous ne pouvons tirer de ce cas unique une conclusion sur la manière d’être de ces angines, mais, par la rareté du fait, le cas présente un réel intérêt. »

Ce furent Nicolle et Hébert qui, les premiers, essayèrent de tracer le tableau clinique de ces angines particulières, tout en faisant l'étude approfondie des races de pneumobacilles isolées par eux de ces angines.

Hébert, à la suite de nouvelles observations recueillies par lui, donna dans sa thèse inaugurale, en 1896, un travail d'ensemble sur la question. Il ne comportait encore que l'étude de six cas.

Trois ans plus tard, ayant, avec Nicolle, eu l’occasion d'observer cinq nouveaux malades atteints d’angine pneumobacillaire, ces auteurs firent paraître, dans la Presse Médicale, une revue générale sur cette nouvelle entité morbide.

Ils y relataient, en outre, une observation analogue de Léon, plusieurs de Pakes et de Sevestre. Celles-ci, malheureusement, étaient plus que rudimentaires, pour pouvoir être d’un grand secours dans une telle étude d'ensemble. Il n’en était pas de même d’une observation de Nicolas, recueillie méticuleusement et analysée à fond, au point de vue bactériologique. Cet auteur ne cite pas le nom du bacille de Friedlaender, bien que sa description comporte tous les caractères morphologiques et biologiques attribués à ce bacille. Mais, ilest hors de doute que Micolas ait eu affaire à une angine à pneumobacille; les caractères cliniques comme les caractères bactériologiques corroborent point par point ce diagnostic.

Nicolle et Hébert, dans leur travail, avaient réuni vingt-deux observations.

L'étude que nous présentons, de ces angines, est le seul article d'ensemble paru depuis. Elle comprend trente-huit observations. Ces observations ont été publiées successivement par Billet, Mayer, Nicolle et Hébert (un nouveau cas), Descos, Cionini, Curry.

Enfin, notre excellent ami, le docteur Charles Garnier, sous-directeur de l’Institut sérothérapique de l'Est, a recueilli deux observations, dont il a entrepris l’étude bactériologique. Ce sont ces observations qui nous ont donné l’occasion de revoir ce chapitre, encore peu étendu, de la grande famille des angines diphtéroïdes.

Nous regrettons que plusieurs des cas cités le soient si laconiquement. La faute en est aux observateurs qui n'ont pas cru devoir relater le tableau clinique de la maladie, en raison peut-être de la discrétion des symptômes, pour n'insister que sur le seul fait qu’ils jugeaient intéressant, à savoir la présence du pneumobacille dans la gorge.

Nicolle et Hébert, Pakes, Curry, ont décrit l’association du Friedlaender avec le bacille de Lœæbffler ; nous rapportons aussi leurs observations.

De sorte que sur un total de trente-huit cas relatés jusqu'ici, il s’en trouve dix où l’on signale l'association pneumobacillaire-diphtérique, et vingt-huit où le pneumobacille paraît être l’unique agent pathogène incriminé.

Division pu suJer. — Il découle naturellement des lignes qui précèdent, une classification qui aura aussi ses conséquences thérapeutiques.

L’angine est à pneumobacille pur, ou bien elle est à pneumobacille associé à la diphtérie. Nous étudierons donc :

1° Les angines à bacille de Friedlaender pur;

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