‹ Contribution à l'étude des angines à bacille de FriedlaenderChapitre 19 sur 42 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(A. Héserr. — Thèse de Paris, 1896-97.)

Me Br..., 35 ans, observée par nous à la consultation de M. le Docteur Gargam et grâce à son extrême obligeance, M. Gargam, qui avait déjà vu un cas semblable, avait posé le diagnostic clinique d’angine à bacille de Friedlaender.

Le 9 juillet 1896, la malade présente de la stomatite aphteuse, avec gingivite. Petites ulcérations sur la langue et la face interne des joues. Les amygdales sont volumineuses et recouvertes de plaques blanc nacré, très adhérentes au tissu sous-jacent. Elles sont plus larges à droite qu’à gauche, et ont environ 3 ou 4 millimètres de diamètre. Leurs bords sont nets et arrondis. Situées au-dessous des cryptes, elles s'y enfoncent et la pression ne les en fait pas sortir comme dans le cas d'amygdalite folliculaire.

Malgré leur adhérence, elles sont très friables et l'on est obligé d'employer une curette pour les détacher ; la surface d'implantation est saignante. Sur l’'amygdale gauche, il existe, en outre, une sorte de voile muqueux, assez adhérent qui la recouvre en grande partie. Les piliers sont également parsemés de points blancs et il existe une plaque sur le pharynx.

La malade a eu des poussées fréquentes d’amygdalite

aiguë dans son enfance ; une pneumonie à l’âge de 7 ans; une bronchite à 29 ans ; une angine pultacée il y a deux ans et l’année dernière.

Au moment de sa stomatite aphteuse, elle a éprouvé un peu de fièvre, la mastication était pénible, les ganglions sousmaxillaires étaient légèrement engorgés. Ces symptômes ont disparu rapidement. L'état général est très bon.

Le 20 juillet, il ne reste que son angine qui, d’ailleurs, ne la gène nullement, ne lui cause aucune douleur à la déglutition et a résisté aux gargarismes alunées, aux cautérisations au nitrate d’argent, aux lavages avec une solution phéniquée et thymolée. Depuis, son état est stationnaire.

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. a) Frottis sur lames. —

1° Nombreuses cellules d’épithélium pavimenteux ;

0 Nombreux bacilles eu coccobacilles, petits, par un ou deux, pourvus d’une capsule et ne prenant pas le Gram ; se montrant par places en amas ;

30 Quelques bacilles courts et coccus prenant le Gram ;

M re

4° Filaments de Leptothrix en petit nombre.

b) Cultures. —- Ensemencement de l'exsudat sur sérum coagulé. En 20 heures :

1° Colonies humides, épaisses, visqueuses, d’un gros diplobacille encapsulé ne prenant pas le Gram ;

2° Rares colonies de coccus.

Une souris blanche inoculée avec le produit de raclage d'un tube de sérum, meurt en 30 heures, avec abcès au point d'inoculation, rate hypertrophiée et nombreux bacilles de Friedlaender dans le sang et les organes.

Un examen postérieur fait le 10 août, donne des résultats analogues. :

CARACTÈRES DE CULTURE. — Mêmes caractères que pour l'observation.

Développement abondant sur la pomme de lerre, qui fermente. Nombreuses bulles à la surface.

Sur carotie, pousse abondamment sous forme de strie humide, visqueuse, avec un dégagement de gaz considérable. Au bout de 48 heures, la culture a coulé au fond du tube et la tranche de carotte apparaît ratatinée vers le sixième jour.

En gélatine, par piqûre, culture typique en clou.

Sur le bouillon, le voile persiste jusqu’au cinquième jour.

Le lait n’est pas coagulé le trentième jour, même après trois passages successifs.

Odeur alcoolique sur pomme de terre.

Examen microscopique. — Bactéries immobiles, se colorant comme dans l'observation. Bacilles très variables dans leur longueur et leur volume, présentant des formes plus grandes que celles de la bactéridie charbonneuse, très polymorphes, ayant des capsules larges se colorant légèrement par le violet de gentiane.

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