OBSERVATION VII
(A. HéserrT. — Thèse de Paris, 1897).
Leg... Juliette, 16 ans, observée à l’'Hspice général, salle Daviel, service de M. le Docteur Ballay, avec M. Guillaume, interne des hôpitaux.
A eu la variole à l’âge de deux ans, et une atteinte grave de rhumatisme articulaire aigu à l’âge de 8 ans. Réglée à 15 ans. Règles abondantes et douloureuses.
Examinée le 15 mars 1896, elle raconte avoir éprouvé, il y a une quinzaine de jours, de la courbature avec céphalalgie légère et insomnie. Actuellement, pommettes violacées, jambes légèrement œdématiées et douloureuses au niveau des malléoles.
Souffle très léger à la pointe du cœur et au premier temps, se propageant vers l’aisselle. Urines normales. Pas de fièvre.
L'examen fortuit de son pharynx montre des amygdales légèrement enflammées, hypertrophiées, à cryptes profondes recouvertes de fausses membranes adhérentes formant des traînées blanches, nacrées. Langue humide, rouge ; pas de douleur à la déglutition ; pas d’engorgement ganglionnaire ni de troubles laryngés.
Le 19 mars, apparition d’un érythème généralisé, affectant plus spécialement les membres. Aux membres inférieurs, plaques rosées, non saillantes, allant de la grosseur d’une pièce de 50 centimes à celle d’une paume de main, laissant entre elles des interstices de peau saine bordées de petites papules rouges, saillantes. Cette éruption s'étend du cou-de-pied aux fesses et est aussi marquée du côté de l’extension que de celui de la flexion, Elle gagne le dos et est très accentuée surtout au-dessous de la ceinture. Surles membres supérieurs, larges plaques bordées d’un liseré foncé et saillant. Le membre droit
est beaucoup plus atteint que le gauche. Rien sur la face et les mains. L’éruption atteint d'emblée toute son intensité. Etat général reste très satisfaisant.
Lavages fréquents de ia bouche à l’eau boriquée. Toniques.
25 mars. — L’érythème a pâli et disparaît. Il ne reste que quelques taches jaunâtres non saillantes.
29 mars. — Toute trace de l’éruption a disparu. L’amygda-
lite est demeurée à peu près stationnaire, elle ne disparaît définitivement que le 10 avril. Les amygdales sont encore grosses et présentent de cryptes peu profondes.
EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. — Ensemencement sur sérum coagulé le 17 mars. Au bout de vingt heures :
1° Colonies épaisses visqueuses, d’un gros diplobacille encapsulé ne prenant pas le Gram ;
2° Rares colonies de coccus ne prenant pas le Gram.
Une souris blanche inoculée avec le produit de raclage d’un tube de sérum, meurt en vingt-trois heures. A l’autopsie, on trouve le diplobacille encapsulé dans le sang et dans les organes. L’ensemencement du sang sur sérum coagulé le donne en culture pure. On vérifie ensuite qu’il s’agit bien du bacille de Friedlaender.
Le 8 septembre, un ensemencement sur sérum coagulé de salive prise sur les amydales. ne donne aucune colonie de bacille de Friedlaender.
CARACTÈRE DE CULTURE. — Mêmes caractères que pour l'observation.
Dégagement de bulles sur pomme de terre.
Sur carotte, culture abondante, visqueuse, avec production de nombreuses petites bulles sur le bord et autour de la tranche ; la culture tombe au fond du tube et la carotte est ratatinée vers le sixième jour.
En gélatine par piqûre, culture en clou.
Le lait n'est pas coagulé le trentième jour même après trois passages successifs.