OBSERVATION XI
(NicozLe ct HÉBERT. — Presse médicale, n° 44, 31 mai 1902.)
La fillette d’un de nos confrères, âgée d’une douzaine d’années, d’une bonne santé habituelle, se plaint, en rentrant de la pension, le 16 mai 1901, au soir, d’un léger picotement à la gorge. Son père pratique immédiatement l'examen. Il est frappé de l’existence d’une plaque blanchäâtre, d'aspect diphtérique, siégeant sur l’amygdale droite.
Dès le lendemain matin, il demanda à l’un de nous de venir examiner sa fille. Nons constatons alors la présence sur l’'amygdale, d'une fausse membrane véritable, blanchâtre, ayant une auteur de 6 à 7 millimètres sur 4 à 5 millimètres de large. Cette fausse membrane est assez cohérente ; elle adhère intimement à la muqueuse sous-jacente, laquelle saigne, lorsque nous parvenons à en détacher un fragment.
En dehors de la présence de cette fausse membrane et d’une très légère sensation de gêne pharyngée,il n'existe absolument aucun autre symptôme général ou local : pas de fièvre, pouls normal, aucune éruption, appétit excellent.
En présence de cet ensemble symptomatique, si semblable à celui que nous avons observé précédemment dans les cas d’angines à bacilles de Friedlaender étudiés par nous, nous éliminons l'hypothèse de diphtérie et nous concluons à l’existence probable d'une angine due au pneumobacille.
L’examen direct des fausses membranes et leur culture sur sérum coagulé, nous ont permis rapidement de confirmer ce diagnostic. L'étude ultérieure du bacille encapsulé isolé de ce ças, nous a montré qu'il s'agissait bien du bacille de Friedlaender.
Nous avons appris, plus tard, que la fausse membraneavait persisté chez l'enfant, pendant quelques semaines sans s'étendre et sans s'accompagner d'aucun autre phénomène morbide. Au bout de ce temps elle est disparue entièrement.