INTÉRÊT DE CE TABLEAU
Possédant un sang à analyser et les antisérums Rb, le médecin expert essayera d’identifier avec précision le génotype exact de ce sang par ses réactions sérologiques ; la comparaison de ces trois sangs : père, mère, enfant, lui permettra d'établir avec certitude la possibilité ou l’impossibilité de la filiation.
Des parents de génotypes rr (ede-/cde) et R' R° (CDe/CDe) sont incapables de procréer un enfant de génotype R2 R° (cDe/cDE), la filiation est rigoureusement impossible car cet enfant produit par l’union d’un chromosome Rhésus paternel et maternel devrait obligatoirement être R!' r (cde/-CDe). \
De même un père R?, r et une mère R' r ont un enfant r, r. Cette filiation est possible, car on retrouve dans le génotype de l’enfant un facteur paternel r et un facteur maternel r : il est donc possible que cet enfant rr soit issu de ce couple.
Mais cet enfant pourrait avoir pour frère un enfant de génotype R' R?, ces deux facteurs se retrouvant également dans les génotypes paternels et maternels.
Cependant dans la plupart des cas, on ne peut connaître la structure exacte des chromosomes Rh de l’intéressé mais uniquement le phénotype ; dans la recherche en exclusion de paternité, on est donc obligé de considérer chaque facteur isolément. L’exclusion se fera d’après le principe suivant : tout facteur présent chez l’enfant et absent chez la mère vient nécessairement du père : on pourra donc exclure à coup sûr comme père tout sujet ne possédant pas ce facteur.
Les tests Rhésus offrent donc la possibilité de détruire dans certains cas et cela avec une certitude absolue, une filiation. Par voie de conséquence, ils permettent d'établir Ja possibilité de filiation sans pour cela conclure à la cerlitude de cette filiation, mais dans ce dernier cas ils peuvent, nous le verrons dans un chapitre ultérieur avoir une valeur de probabilité ou de présomption plus ou moins lourde, aboutissant même suivant les circonstances à une certitude presque absolue.
Avant de terminer ce chapitre nous devons signaler la découverte toute récente de nouveaux antigènes sanguins.
On connaît les antigènes LUTERAN (32).
On connaît les antigènes LEWIS se divisant (33) en deux groupes : Lewis À et Lewis B ; KELL-CELLANO ; DUFFY et Kipp.
Chacun de ces antigènes donne lieu à deux ou plusieurs groupes.
Les antisérums correspondant à ces antigènes sont encore extrêmement rares.
(32) CALLENDER, RACE et Paykoc : B.M.S., 1945, 11, 83. (33) MOURANT : Nature, 17 août 1946, V 158, p. 237.
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