A TOUS MES AMIS
Introduction
Le règne vivant est divisé en espèces et en races. Dans l’espèce humaine toute classification ne fut pendant longtemps basée que sur des caractères morphologiques et anatomiques tels que la forme du crâne, la pigmentation de la peau, la couleur des cheveux. Maïs au sein d’une même espèce, des individus possédant des caractères de base identiques, diffèrent cependant par des caractères secondaires et la découverte des empreintes digitales, permit en particulier d'établir une spécificité rigoureusement propre à chaque individu:
La biologie moderne nous fournit actuellement un nouveau test de classification, non plus morphologique mais bio-chimique : l’examen des groupes sanguins, test qui permet de classer un individu, avec une précision très grande, par ses réactions sérologiques.
On peut actuellement concevoir l’existence de plus de 500.000 types de combinaisons différentes et les progrès sans cesse croissants de cette méthode, permettent d’envisager dans un avenir relativement proche, la mise en évidence d’un nombre infiniment plus grand de types sanguins.
Peut-être arrivera-t-on ainsi à établir, un jour, une spécificité individuelle à la fois sanguine, cellulaire et humorale. La science confirmerait alors une croyance fort ancienne et chère à l’esprit humain, croyance qui a toujours fait considérer le sang « cette chair coulante >» comme « le tréfond de notre personne et la source des caractères propres à chaque individu ».
Mais, fait particulièrement important, la composition bio-chimique d’un sang est rigoureusement déterminée par certaines lois génétiques intangibles et bien connues de
nos jours : les lois de lhérédilé. Grâce à ces lois, les généticiens sont actuellement en mesure de déterminer les normes qui président à la transmission des caractères d’un sang donné. Ces caractères sont faciles à identifier. On peut les suivre à travers plusieurs générations, et si l'erreur est le propre de l’homme, la Nature ne se trompe pas et dévoile alors par le canal de la Science, la vérité d’une filiation. ;
C’est dire l'intérêt médico-légal de l’analyse sanguine dans toutes les contestations de filiations.
«L’antigène sanguin» est la pierre angulaire sur laquelle repose toute la méthode de lanalyse sanguine.
L'antigène ou agglutinogène est une hétéro-protéine formée de deux parties :
— un complexe polysaccharide amino-acide, dénué de pouvoir antigénique, mais capable d’absorber, c’est-à-dire de neutraliser l’anticorps correspondant. Ce complexe polysaccharide est l’hapitène ;
— une protéine qui, couplée au complexe précédent, lui confère son pouvoir antigénique.
Dans le sang, les antigènes sont toujours portés par les hématies. Ils existent aussi mais en quantités plus ou moins grandes dans toutes les cellules de lorganisme et dans toutes les humeurs.
Un sang contient toujours plusieurs antigènes et cela à toutes les périodes de la vie. On les retrouve même en deçà et au delà : ils peuvent être mis en évidence chez le fœtus, dès le deuxième mois de la vie intra-utérine. On peut les détecter chez le cadavre même après des mois, voire des années. Ces faits sont lourds de conséquences au point de vue médico-légal.
On appelle « pouvoir antigénique », la propriété par laquelle un antigène injecté à un individu ne le possédant pas, détermine dans le sang de cet individu l'apparition « d'anticorps >» correspondants.
L’antigène peut donc se définir comme une substance complexe portée par l’hématie et susceptible de déterminer la formation d’anticorps.
Les anticorps ou agglutinines sont des protéines appartenant au groupe des globulines et englobulines, c'est-à-dire formées surtout d’un acide aminé simple : le glycocolle.
Dans le sang humain on distingue deux parties : les
cellules et le sérum. Les anticorps existent ou n’apparaissent que dans le sérum.
SU
L’agglutination : est la formation d’amas de globules rouges, provoqué par la rencontre d’un agglutinogène déterminé, localisé sur les hématies, et de l’agglutinine correspondante se trouvant dans un sérum.
Ces amas globulaires sont alors visibles à l’œil nu.
Il est donc essentiel de savoir que : l’antigène d’un sang mis en présence de l’anticorps qui lui correspond provoque dans ce sang une réaction d’agglutination, et que réciproquement :
L’agglutination provoquée dans un sang par un anticorps connu, signe la présence dans ce sang de l’antigène correspondant à cet anticorps.
Cette constatation sert de base à l’analyse sanguine.
A l’état normal un sang porte donc toujours sur ses hématies des antigènes, dans son sérum existent ou peuvent apparaître des anticorps non correspondant à ces antigènes. S'il y avait correspondance ce sang s’agglutinerait lui-même, ce qui est incompatible avec la vie.
Tout sang peut donc être défini par sa composition antigénique, elle-même décelable par des réactions d’agglutination provoquées par des anti-sérums appropriés.
A l’heure actuelle la médecine légale utilise journellement les antigènes sanguins et les lois qui président à leur transmission héréditaire, dans de nombreuses expertises tendant à établir par exemple, l'identité d’un individu ou la réalité d’une filiation.
Dans le cadre de cette étude nous nous proposons d'étudier les principaux antigènes sanguins, eux-mêmes groupés en «systèmes sanguins » : systèmes A. B O, Pp:-R be
Nous envisagerons ensuite quelles utilisations pratiques ces découvertes, relativement récentes, peuvent avoir devant les juridictions françaises, en particulier dans toutes contestations de filiation.
Le plan que nous suivrons sera le suivant :
CHAPITRE I : Différents systèmes sanguins utilisés actuellement en médecine légale : système A B O, système M N, système Pp, système Rhésus : état actuel de la question, lois de l’hérédité propres à chaque système, exclusion réa-
lisée grâce à chacun de ces systèmes.