AVANT-PROPOS
… Le Thevetia neriifolia Juss. est un arbuste de la famille des Apocynacées, connu depuis longtemps par les indigènes des diflérentes peuplades américaines ou asiatiques pour ses propriétés toxiques, mais dont Pintroduction en Afrique parait remonter à peu d'années.
Vers le milieu de 1914, M. le Professeur Émile Perror, chargé par les Ministères de l’Agriculture et des Colonies d’une mission d’études en Afrique Equatoriale, eut l’occasion de faire un séjour de près de deux semaines à Kisantu, dans le Congo belge. Les Pères Jésuites de la Mission du Kwango ont installé en cet endroit un jardin dirigé par le Fr. Giizer, véritable parc d’une dizaine d’hectares qui répond à deux buts principaux : améliorer par la culture un certain nombre de plantes indigènes utilisables dans l’alimentation et introduire dans la région des espèces étrangères présentant quelque intérêt économique ou scientifique.
: M. le Prof. Perror rapporta en France, pour en faire l'étude, un certain nombre d'échantillons provenant de plantes originaires du Congo, mais peu connues, ou de végétaux nouvellement acclimatés dans le pays ; et, lorsqu'il nous accueillit pour la préparation de notre thèse, 1l nous proposa comme sujet d’études le Thevelia nerüfolia Juss. dont il avait recueilli des fraits et des graines au cours de
son voyage. Non content de nous avoir procuré un sujet de
SRE
travail d’un réel intérêt, M. le Prof. Perrot a bien voulu diriger nos recherches ct mettre à notre disposition les ressources de son Laboratoire. Nous ne saurions trop le remercier, tant pour les idées directrices que pour les conseils pratiques qu'il nous a prodigués avec la bienveillance dont il est coutumier.
Qu'il nous soit permis également d’exprimer nos vifs sentiments de gratitude à M. le Prof. Guérin, qui a bien voulu consentir à faire partie du jury de notre thèse et à M. le Prof. agrégé Gous, pour les bienveillants encouragements qu’il nous a adressés.
C'est sur les échantillons provenant du Congo Belge qu'a été pratiquée l'étude de l'huile des graines de Thevelia. Cette étude a été faite en majeure partie au laboratoire de P'Hôpital Beaujon, pendant notre temps d’internat. Avec un dévouement que nous ne saurions oublier, M. E. Axpré, pharmacien-chef de cet Hôpital, dont on sait la connaissance approfondie de la question des matières grasses, voulut bien se charger de diriger nos premiers pas, dans cette branche difficile de la chimie.
Amené par les circonstances à faire en Afrique occidentale un assez long séjour, nous avons eu la chance de retrouver le TX. neriifolia à Dakar et aux environs, où il est employé comme essence d'ornement, depuis au moins dix ans. Grâce à l’obligeance de MM. Lepenrec et JOUENNE, directeurs de l’Ecole de Médecine de VA. O. F. et Nocus, sous-direcleur, nous avons pu nous procurer du matériel frais en assez grande quantité, ce qui a facilité notablement notre (àche,
Ce nous est un agréable devoir de remercier ici M. le Docteur Marcel Lrcer et M. le Docteur Marius, qui furent
successivement nos chefs à l’Institut Pasteur de Dakar et
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qui nous ont donné la possibilité d'effectuer sur place une partie de nos recherches.
Nous associerons dans nos remerciements le R. P. Duss et M. le Docteur Caisre, de la Guadeloupe, ainsi que M. H. Poséquin, le botaniste de PA. O.F., qui nous ont aimablement renseigné sur la répartition du Thevetia neritfolia dans ces colonies.
Mais l'étude chimique et pharmacologique d’un végétal ne peut être entreprise avec fruit par un débutant sans les conseils d'un chercheur déjà spécialisé dans cette partie des sciences biologiques. Ces conseils judicieux et une aide effective, nous les avons trouvés auprès de M. R. Werrz, préparateur du. Cours de Matière Médicale à la Faculté de Pharmacie de Paris, qui nous a guidé tout particulièrement dans nos recherches.
Avant d'aborder l'étude du Theveia nertifolia, nous avons cru utile de présenter un résumé des connaissances actuelles sur les principales Apocynacées toxiques. Puis, après avoir rappelé la place du Thevetia nertifolia dans la classification botanique et donné un aperçu historique, nous examinerons successivement les caractères morphologiques et histologiques des différents organes, leur composition chimique et l’action pharmacodynamique du glucoside qui
s’y trouve contenu.