FORMES URINAIRES
Il semble que l’on puisse dégager ces formes des complications urinaires de l’appendicite postérieure. A vrai dire, l'hématurie, le signe le plus frappant, existe assez rarement, en éliminant les cas qui n’offrent rien de curieux de cystite de voisinage ou de collection purulente ouverte dans la vessie, Certains médecins restent sceptiques sur les rapports qui peuvent lier une appendicite à une infection de l'arbre urinaire, d’autres sont d'accord pour reconnaître la réalité des hématuries dues à une appendicite rétro-cæcale (Nové-Josserand, Grottlieb, Sciaky, Flandrin, Gaume!. Quelle serait pour eux la pathogénie des accidents ? Le mécanisme admis serait l’atteinte directe de l’uretère droit. Nous avons vu que les rapports sont souvent étroits entre l’uretère et l’appendice, surtout quand l’appendice est postérieur et interne, cette urétérite pourrait donner à elle seule de l’hématurie; à un degré de plus, l'infection atteint le rein, l’hématurie relève alors de la pyélonéphrite (Gaume, Nové - Josserand, Sciaky).
Les autres mécanismes par Congestion réflexe du rein ou infection par voie sanguine sont obscurs et très discutés.
Nous pouvons rencontrer l'hématurie dans les formes aiguës et chroniques
4° Dans les formes aiguës elle est de courte durée et d'abondance variable: elle se manifeste au moment de la
(4) P. Gaume, Formes urinaires de l'appendicile rélro-cæcale, 9 observations, Archives urologiques de la clinique Necker, L. NI, févr. 1929.
SMQUE
crise ou après disparition de tous les phénomènes. Le tableau est assez déroutant, étant donné l'effacement fréquent des signes péritonéaux et intestinaux et la présence de signes douloureux lombaires. Parfois même la pollakiurie et la dysurie viennent compléter la scène (D, Mais les cas aussi troublants sont rares.
2° Dans les formes chroniques, nous sommes en présence de malades à passé douloureux abdominal avec parfois, dans leurs antécédents, une crise franche d’appendicite; l’hématurie fait alors penser à un calcul, un néoplasme, une tuberculose rénale.
. Ces hématuries sont bénignes, cèdent à l’appendicectomie et ne laissent aucune séquelle urinaire. Le cathétérisme permet de voir quel est le rein qui saigne, mais parfois cette exploration conduit à une erreur, par suite des adhérences qui coudent l’uretère. La sonde s'arrête et on pense à un calcul. La radio est alors indiquée. Cette forme est surtout intéressante par le trouble qu'elle vient jeter dans le diagnostic. I convient donc, en présence d’hématurie non explicable par toute autre chose, de penser à l’appendicite postérieure.
(1) Lefèvre, Société de chirurgie de Toulouse, séance du 29 janv. 1932.