AORTE
TYPE ADULTE NORMAL. — Nous avons pris comme type de l'aorte normale de l'adulte, celle du jeune sujet qui nous a déjà fourni les artères musculaires ainsi que les artérioles typiques normales. L'aorte a été étudiée sur des coupes longitudinales et transversales ; les secondes nous ayant paru mettre mieux en évidence les modifications apportées
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par la sénilité dans la structure de ce vaisseau, nous avons surtout insisté sur les coupes transversales pour nos études comparatives. La coupe longitudinale de l'aorte normale étant reproduite dans tous les traités d’histologie, nous ne nous arrêterons pas à sa description, nous voulons simplement fixer l'attention sur plusieurs points de la coupe transversale, plus particulièrement intéressants, car c'est à leur niveau qu'apparaitront plus tard les modifications caractéristiques dues à la vieillesse.
Depuis les récentes observations de M. Renault et le magnifique travail de M. Vialleton sur la structure de l'endartère, la tunique interne nous est parfaitement connue et il devient aisé, grâce à la distinction que ces auteurs ont apportée dans ses différentes couches, de reconnaître exactement les zones dans lesquelles débutent les modifications histologiques.
Si nous examinons sur une fine coupe transversale de l'aorte, au-dessous de la crosse, la zone située en dedans de la limitante interne, c'est-à-dire l'endartère, nous reconnaîtrons, avec ces auteurs, trois plans superposés et passant de l’un à l’autre sans transitions sensibles. L'endothélium, presque toujours complétement desquammé, nest pas visible sur notre coupe ; le plan immédiatement sousjacent est constitué par une ou deux couches de cellules plates, très minces, également en partie desquammées, celles qui restent, visibles surtout grâce à leur noyau que colore en rouge le picro-carmin e (fig. 1, PI. II). C’est la couche considérée par Vialleton comme constituée par du tissu connectif embryonnaire, faisant corps et se continuant sur sa limite superficielle avec la vitrée, et à laquelle cet auteur donne le nom de couche embryonnaire. Audessous, vient une couche plus épaisse, finement granuleuse, la couche muqueuse, renfermant des éléments cel-
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lulaires disposés dans différentes directions comme l'indique la forme des noyaux. éléments qui prennent une forme plus aplatie à mesure que l’on s'avance vers le troisième plan »2 (fig. 1, PI. Il). Cette couche muqueuse, comme la montré le même observateur, est constituée par des cellules conjonctives à différents stades de leur développement et reliées par une trame de fibrilles connectives, extrêmement fines, granuleuses, d'un caractère tout à fait spécial, intermédiaire entre les formations élastiques et les fibres connectives. Elle renferme en outre, dans les intervalles des cellules fixes, de nombreuses cellules migratrices et, comme l'a démontré Stroganow (!), des globules rouges, Ce qui, pour certains auteurs, représenterait îes premiers stades d'une endartérite chronique déformante, débutant de très bonne heure, chez tous les sujets, dans l'endartère aortique.
Enfin, le troisième plan s (fig. 1, PL Il), couche juætumusculaire de M. Vialleton, est formé d'éléments élastiques et connectifs ef présente une apparence striée ; il est constitué par des lames élastiques fenêtrées et anastomosées, formant un système de tentes et prenant insertion sur la limitante élastique interne.
Dans leur intervalle, des lames élastiques beaucoup plus fines forment un système de tentes de second ordre, renfermant des cellules conjonctives striées, particulières, considérées par M. Vialleton comme des sortes de cellules musculaires rudimentaires, intermediaires entre les cellules connectives proprement dites et les cellules musculaires complètement différenciées de la tunique moyenne. D'après le même auteur, ces cellules striées, ainsi que les
(1) Stroganow, Origine des éléments cellulaires dans l’endartérite. Travaux du lab. d’histologie du Col. de France, 1876.
cellules fixes du tissu conjonctif de l'endartère, auraient pour origine les cellules migratrices émanées des vasa-vasorum et insinuées entre la couche musculaire et l'en— dothélium, contribuant ainsi, pour la plus large part, à la formation de l’endartére.
Immédiatement, en dehors dela couche juxta-musculaire, la plus profonde de l'endartère, vient la limitante interne li (fig. 1, PL I), qui se distingue nettement. par sa grosseur. des lames élastiques de la couche précédente.
Dans la tunique moyenne, les éléments qui s'offrent immédiatement à la vue sont les lames élastiques /e (fig. 1) disposées à peu prés parallèlement et à égale distance, sensiblement égales en épaisseur à la première ou lame élastique interne /i ; elles sont plus ou moins ondulées. . anastomosées et reliées les unes aux autres par des fibres élastiques déliées, circonscrivant des mailles dans lintervalle desquelles se trouvent les éléments musculaires diver-sement orientés ; ceux-ci forment des faisceaux interlamellaires que la coupe rencontre tantôt perpendiculairement en (fig. 1), tantôt parallèlement à leur direction em et réunis par un stroma conjonctif à fibres ondulées.
A mesure qu'on s'avance vers la tunique externe, les lames élastiques deviennent plus minces et finalement se résolvent en un fin réseau de fibres élastiques réticulées, entremêlées de faisceaux conjonctifs qui marquent le début de la tunique adventice. Dans celle-ci. les vasa-vasorum. artérioles et veinules à et w (fig. 1, PI I) se présentent avec les caractères normaux que nous avons décrits précédemment.
TYPE SÉNILE AVANCÉ SANS LÉSIONS PATHOLOGIQUES. — Nous avons pratiqué des coupes de l'aorte chez nn assez gran( nombre de séniles dont quelques-uns, malgré leur
grand àge, ne présentaient pas sur ce vaisseau, la moindre trace d'athérome non plus que de dégénérescence graisseuse ; c'est à ces derniers que nous nous sommes adressés pour la recherche des modifications séniles pures, dégagées de l'élément pathologique. Nous avons fait des coupes longitudimales et transversales ; ces dernières nous ayant paru en plusieurs points plus démonstratives que les premières et d'interprétation plus facile, nous les avons utilisées pour notre analyse et reproduites sur nos figures, tout en vérifiant soigneusement en même temps nos interprétations, sur des coupes longitudinales.
Toutes ces coupes nous ont présenté d'ailleurs les mêmes modifications histologiques, assez différentes des lésions inflammatoires pour que nous nous soyions crus autorisés à les considérer comme appartenant en propre à la sénilité normale ; nous avons pris comme type de la description qui suit, celles appartenant aux séniles les plus avancés (quatre-vingt huit, quatre-vingt dix ans), comme présentant au plus haut degré, ces modifications évolutionnelles.
Endartère. — Deux caractères principaux atürent tout d'abord l'attention dans cette couche, même à un faible grossissement. Ce sont : 1° Un épaississement faible mais régulier et constant de cette couche ; 2° l'apparition d'une bande claire située dans la zone profonde de l'endartère à une faible distance de la limitante élastique interne (s'fig. 2, PI. II). Si on analyse en détail les modifications subies par cette tunique, au moyen d'un fort grossissement (oc. comp. 12, obj. E, Z'erss), on peut se rendre compte des points où s'est manifesté plus particulièrement le processus sénile. En examinant la coupe, de l'endothélium vers l’extérieur, et comparant avec l’aorte adulte normale, on voit d’abord dans la couche muqueuse (71. fig. 2), les cellules de la région profonde affecter une disposition stratifiée, devenir