HISTORIQUE ET EXPOSÉ DE LA QUESTION
L'lustoire clinique et anatomique des altérations: qu'on rencontre dans le système artériel du veillard, ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut, s’est toujours confondue avec l'étude de la sénilité ; et si, au cours de nos recher-y ches historiques, nous rencontrons un certain nombre d'auteurs qui semblent s'être exclusivement occupés de la lésion artérielle sans se préoccuper de l’âge, il n’en est pas moins vrai que les plus anciens, comme les plus récents, ont formellement indiqué les rapports de cause à effet entre la maladie artérielle et la vieillesse.
La connaissance de l’artérite, qu elle soit aiguë ou chronique, est de date relativement récente ; des travaux nombreux ont été accumulés sur ce sujet surtout dans notre siècle et dans ces vingt-cinq dernières années. Sans nous arrêter aux idées des anciens auteurs chez lesquels on se complait si volontiers à retrouver des indications plus ou
moins réelles sur n'importe quel point du domaine médical, nous constatons que les premières observations ayant quelque précision remontent à 1737, époque à laquelle Crell et Haller (!) signalérent des modifications dans l'état normal des artères, Ces auteurs virent surtout une altération macroscopique et remarquérent une induration généralisée des artères chez un grand nombre de vieillards ; ils établi rent alors une relation étroite de cause à effet, presque une confusion entre la sénilité et la lésion artérielle chronique. Ils comparaient naïvement ce durcissement qui n’était pour eux qu'une simple transformation due à l’âge et non une altération, à la formation des écorces des vieux arbres. Après eux Monro (?) d'abord en 1742 puis Morgagni (*) ensuite, en 1764, revirent ia modification artérielle de Crell et Halleret décrivirent surtout les lésions que l’on trouve dans les dernières périodes de l’artério-sclérose compliquée d’athérome, c’est-à-dire les dégénérescences graisseuses et calcaires telles qu'on les comprend de nos jours.
Aprés les recherches de Morgagni, vinrent en premier lieu, celles de Schmuck (") (1793) qui abandonna un peu les opinions antérieures pour chercher si cette altération sénile desartères n'existait pas en dehors dela vieillesse. Ilentrevit - peut-être l'artérite aiguë et Sasse () qui reprit cette étude cinq ans après lui, retourna aux errements anciens. sans avoir autrement pu éclaircir cette question encore remplie d'obscurité.
(1) Orell, De arteria coronaria instar ossis indurata obs. In Haller, disputat, ad morbor, hist. t. IT. Lausanne.
(2?) Monro, On the coats of the arteries, etc., In Edimburg médical essays, t. IX, 1742.
(3) Morgagni, De sedibus et causis morborum, 1764.
(4) Schmuck, Diss. de vasorum sanguiferorum inflammatione. Heïdelberg, 1793.
(5) Sasse, Diss, de vasorum sanguiferorum, 1797.