INTRODUCTION
Il est peu de questions aussi intéressantes el aussi bien étudiées aujourd’hui que celle des localisations extrapulmonaires du pneumocoque. Nous avons encore présentes à la pensée les Lecons cliniques dans lesquelles, en 1598, M. le professeur Grasset attirait notre attention sur
les infections pneumocoeciques, sur la multiplicité des localisations qu'elles peuventaffecter, sur la variabilité des symptômes qu'elles peuvent réaliser. La question était alors d'actualité ; elle avait donné lieu à bien des travaux remarquables, et l'on rattachait à l'infection pneumococeique quelques entités morbides telles que Paseite idiopathique des jeunes filles, pour n’en citer qu'une, dont la genèse élait jusque-là restée des plus obscures. Les études se sont multipliées depuis cette époque. Les recherches de M. Netter et de M. Landouzy, notamment, ont montrécombien l'infection pneumococcique, jusque-trop méconnue, devait avoir une large part dans la pathologie générale, et, dans ces dix dernières années, on a fort bien mis en lumière les cas de méningite, d’ostéite, d'arthrite, d’endocardite, de péricardite, de phlébite, de néphrite, de péritonite, d'abeès profond où sous-cutané, dont le
pneumocoque est l'unique agent; il n'est pas jusqu'au
fœtus qui ne puisse être atteint par l'infection pneumococcique de la mère.
De ces différentes localisations, nous ne retiendrons que l’arthrite pneumococeique, dontnous avons observé un cas dans le service de chirurgie infantile de M. le professeur Estor. Nous fûmes frappé par la gravité de l'arthrite, qui, en un temps relativement court, avait atteint de fortes proportions et mis le petit malade dans un état d'émaciation extrême ; la rapidité de la guérison après l’intervention de M. le professeur Estor ne nous étonna pas moins.
Cette observation, que nous rapportons plus loin, a été le point de départ de notre travail. Nous avons pu recueillir de divers côtés d’autres faits dont l'intérêt nous a paru suffisant pour justifier quelques recherches sur cette question.
Nous aurons surtout pour but, dans cette étude, de rechercher par quel processus le pneumocoque peut envahir une arlieulation, el S'y manifester par des lésions et des symptômes qui ne diffèrent pas essentiellement de ce que l’on observe dans les arthrites dues à tout autre agent. C’est dire que nous nous étendrons surtout sur l'Etiologie et la Pathogénie, n’insistant guère, dans les autres chapitres, que sur les caractères qui semblent particuliers à larthrite à pneumocoques. Toutefois, nous essayerons de faire de la question des arthrites à pneumocoques une revue aussi complète que possible; aussi examinerons-nous successivement l'Etiologie, les Symptômes, lAnalomie pathologique, la Pathogénie, les Complications, la Marche, le Diagnostic, le Pronostic et le Traitement.
Mais avant tout, il est de notre devoir d'adresser un
; hommage de respectueuse reconnaissance à lous nos maitres de la Faculté et des Hôpilaux. Plusieurs nous ont fait toujours un accueil dont nous avons ressenti tout l'honneur et apprécié tout le bien.
M. le professeur Estor, en acceptant la présidence de notre thèse, nous à donné une nouvelle marque de sa bienveillance. Nous le remercions de l'honneur qu'ilnous fait, nous le remercions surtout des longs mois que nous avons passés à ses CÔLéS, comme aide dans le service de la clinique chirurgicale des enfants.
Nous adressons l'expression de notre profonde gratitude à M. le professeur Ollier, de Lyon, pour l'intérêt qu'ila bien voulu nous témoigner; à M. le professeur Grasset, à nos parents, M. le professeur Jaumes et M. le docteur Lafon, médecin en chef de l'hôpital de Nimes, auprès des quels nous nous avons loujours trouvé les marques de la plus vive affection.
Nous ne saurions oublier le temps où nous avons pu, comme intérimaire, nous approcher de plus près des malades, soit à Nimes, soit à Montpellier. Que MM. les professeurs Carrieu, Bose et Rauzier, que MM. les docteurs Reboul, Parade, Gauch et Lafon, que nos amis aussi qui nous ont permis d'acquérir ainsi un peu de cette pratique si difficile, acceptent ie tous nos remerciments.
https://archive.org/details/1A41546803 0069