‹ Contribution à l'étude des arthrites suppurées dans la maladie de ParrotChapitre 11 sur 30 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

« Les abcès articulaires qui accompagnent la maladie de Parrot ont tous ce caractère commun d’avoir pour point de départ la Suppuration du syphilome diaphysaire. Cette suppuration était d'ailleurs pour Parrot assez tardive, n'étant que l’aboutissant habituel des lésions typiques de l’ostéo-chrondrite, à savoir :

1° Une couche de nouvelle formation, d'aspect mat et crayeux, à fibres perpendiculaires ou légèrement obliques à l’axe de l'os, entourant la diaphyse, et dont on peut arriver à la détacher par raclage. Cette coque compacte décroit rapidement d'épaisseur de l'extrémité épiphysaire où elle atteint 2 millimètres, à la région moyenne où elle est très mince et peut même faire défaut ;

2° La couche chrondroïde est beaucoup plus haute que normalement ; elle est doubie et même quadruple que celle d’un os sain; elle est molle et transparente ;

3° La zone chondro-calcaire, enfin, a un aspect caractéristique. Beaucoup plus haute qu'habituellement elle atteint 2 millimètres; elle est dé plus jaune grise ou blanchâtre, d'aspect crayeux. Sa limite ést très onduleuse et dentelée. Elle est très friable.

Ce n’est qu’à une phase plus avancée de la maladie

DO

qu’on rencontre ces « ramollissements puriformes » se présentant, écrit Parrot, sous l'aspect d'une matière jaunâtre qui d’abord infiltre le tissu spongieux diaphysaire, le désagrégesnt, y creusant de véritables petites cavernes purulentes, et qui ensuite s'attaque à l’enveloppe compacte elle-même.

Cette fonte purulente rend rapide et facile la disjonction diaphyso-épiphysaire. La couche chondro-calcaire reste adhérente en totalité ou en partie au carlilage. Mais les deux portions de l'os sont encore unies d’une manière assez solide par leur enveloppe fibreuse, à l'intérieur de laquelle elles jouent librement : «la présence de ces « fausses articulations » avaient déjà frappé Valleix et Gueniot qui les avaient signalées.

Lepus issu du foyer conjugal peut suivre deux directions :

Ou bienil va perforer le périoste et gagner les régions voisines péri-épiphysaires et péri-articulaires, soulevant muscles et aponévroses.On ie trouve alors fréquemment, collecté ou infiltré sous la peau, dans le tissu cellulaire qui entoure les muscles.

Ou bien le pus va s'étendre du côté de la surface articulaire de l’épiphyse, souvent après avoir ulcéré et percé cartilage conjugal et épiphyse, comme le fait a été rapporté par Bargioni, Thibierge, Ribadeau-Dumas et Paul Camus( les observations de ces derniers auteurs concernant d’ailleurs des cas à infection mixte). Il en résulte alors des arthropathies suppurées.

Les abcès articulaires et les collections extra-articulaires peuvent, d’après M. Marfan, exister isolément ou

coïncider : dans ce cas les deux foyers peuvent communiquer ou être entièrement séparés.

Le pus retiré de ces abcès n’a pas un aspect caractéristique. Tantôt louche et rosé, ou jaune brun ; tantôt blanc jaunâtre ou verdâtre ; il est en général crémeux, sans odeur spéciale. Les premiers observateurs avaient déjà été frappés par sa nature particulière.

Bargioni, Parrot, Taylor n'y avaient trouvé que des granulations graisseuses réfringentes, quelques globules fusiformes à noyaux ratatinés, en pycnose : en somme des globules purulents en voie de formation et des éléments figurés de la moelle. M Marfan se plaçant plus particulièrement sur le terrain bactériologique, montra le premier que ce pus pouvait être du pus vrai, riche en fibrine, contenant des polynucléaires neutrophiles, et malgré cela absolument stérile, ne renfermant aucun germe décelable par les moyens usuels de laboratoire : examen direct, colorations spéciales pour la recherche du tréponème, cultures sur milieux divers, inoculations au cobaye. Plus tard Hallez, R. Broca ont apporté de nouveaux cas à l'appui de cette opinion, qui a été confirmée par le nouvel exemple que nous avons pu recueillir dans le service de notre maitre, le professeur Marfan.

La présence d'un pus stérile à polynucléaires dans l'articulation n'a rien d’ailleurs qui puisse surprendre si l'on considère les lésions cartilagineuses et osseuses siégeant au niveau des surfaces articulaires et qui sont presque de règle. Parot (obs. IX) avait déjà observé la disparition par nécrose du cartilage recouvrant la sur-

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