‹ Contribution à l'étude: Des arthropathies de la syphilis héréditaire tardiveChapitre 18 sur 38 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

(Résumée). BRAQUEHAYE.

({n. Ann. de Dermatologie et syphiligraphie 1898).

Andréa L..., 15 ans. Se présente le 18 septembre 189,6, avec une tuméfaction de la région sterno-claviculaire. À première vue, la lésion simulait une tumeur blanche ; maisil y avait bilatéralité de la lésion.

Antécédents héréditaires. Le père avait eu « du mauvais mal » quelques années avant la naissance de la malade.

La mère ne parait pas avoir eu d'accidents personnels ; mais elle a eu trois fausses couches successives, dont la dernière, vers le septième mois donna naissance à un fœtus marcéré ; un an après Andréa L..., venait au monde.

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Ant. personnels. Fut toujours souffreteuse et difficile à élever. Incisives médianes supérieures portent une échancrure semi-lunaire et sont camelées. Canines atrophiées. Mêmes signes, mais moins nets à la mâchoire inférieure.

Il y a un an douleurs vives dans les clavicules et les épaules, surtout vespérales, attribuées à la fatigue et à la croissance anormale de la jeune fille.

Il y a dix mois qu’on a remarqué le gonfiement de l’extrémité interne de la clavicule. Un médecin prescrit sans résultat une pommade jaune et l’huile de foie de morue à l’intérieur.

Le 18 septembre, on constate, la tuméfaction des deux articulations sterno-claviculaires, surtout marquée à gauche. Peau normale à ce niveau, avec simple réseau veineux superficiel anormalement développé.

Pas de douleur à la pression. Les mouvements del’épaule se font librement.

Les extrémités osseuses (surtout les extrémités claviculaires) sont très épaissies ; la tumeur est molle, fluctuante, adhérente à l'os.

A part les antécédents de la malade et la symétrie des lé- : sions, on n'hésiterait pas à diagnostiquer tumeur blanche ; mais pour ces deux raisons on prescrit : Sirop de Gibert deux cuillerées ; KT deux gram. par jour.

Le 5 octobre : amélioration des plus nettes.

Le 19 la tuméfaction a disparu ; il persiste un léger gonfiement de la partie interne des deux clavicules.

A la fin de novembre la guérison s’était maintenue. OBSERVATION XVIII (Inédite) (communiquée par M. le professeur agrégé Weil).

Fille de 11 ans, très développée, d'aspect florissant. Se plaint, au mois de mai 1898, de douleurs dans la hanche

no

droite, douleurs qui se produisaient pendant la marche. Pas d’altération de l’état général.

Au mois de juillet, on l'envoie à Aix : le traitement des eaux produit une aggravation manifeste.

Vue par le docteur Weill, au mois de septembre 1898, qui constate tous les signes d’une coxalgie : douleur à la pression dans le pli de l’aine, au-dessus du trochanter, douleur dans les mouvements d’abduction, rotation de la jambe en dehors ; élévation générale de la hanche.

Plusieurs chirurgiens la voient en ce moment et concluent tous à une tuberculose articulaire. La malade étant très grosse, on ne sait s’il y avait de l’empâtement vrai. ;

Très étonné de l'intégrité parfaite de la santé et de l’aspect exceptionnellement florissant de la malade, M. Weill rechercha les antécédents et apprit que le père avait eu une syphilis sérieuse avant son mariage, syphilis qui avait donné lieu à plusieurs fausses couches de sa femme ; à ce moment il fit prendre plusieurs fois la température, fittrois fois une injection de tuberculine de Kochet ne découvrit aucune réaction.

Tout en acceptant le traitement proposé par les chirurgiens: (repos dans une gouttière, pointes de feu)il fit instituer le traitement spécifique (frictions mercurielles et iodure de potassium quatre gr. par jour). L'enfant fut revue six semaines après le début de la médication : toutes les douleurs avaient disparu ; après quelques jours où la marche fut un peu gênée par la raideur, les mouvements se rétablirent tout à fait d'une façon normale et depuis janvier 4899, la malade est absolument

guérie, marchant, courant, se fatiguant.

Cettte observation n’est pas absolument probante, car elle s’écarte du type ordinaire par les phénomènes douloureux qui l’accompagnent; l’indolence fonctionnelle ou à l’exploration n'existe pas; et rien ne prouve

RNCS *

qu’il ne s'agit pas là d’une pseudo coxalgie de croissance guérie par le repos et la révulsion, affection du type décrit par le docteur Desporte (th. de Lyon 1899). Néanmoins, on ne doit pas renoncer à incriminer la syphilis de préférence à la tuberculose pour les trois raisons suivantes : 1° les injections de tuberculine ont eu un résultat négatif; 2° les antécédents familiaux étaient certains ; 3° en six semaines, le traitement spécifique avait fait merveille.

OBSERVATION XIX (Résumée). F. LAvERGNE et L. PERRIN, internes. Service du professeur FOURNIER (In. Ann. de Dermatologie et syphiligraphie 1883. p. 442 et In. Th. Ranguedat).

Louis X..…., 17 ans, forgeron. Entre à l'hôpital St-Louis le 5 février 1883.

Antécédents héréditaires. Père alcoolique. Mère 24 ans, «a contracté la syphilis qui s’est manifestée par des syphilides cutanées, vulvaires, buccales, del’alopécie, etc. Soignée pendant huit mois par le mercure. Six mois après nouveaux accidents cutanés. Traitement mixte.

Deux ans après sa contamination, elle a eu à terme, un enfant qui mourut à 17 jours avec pemphigus surles pieds, les mains, des ulcérations aux lèvres et à l’anus. Depuis elle a eu huit enfants.

L’aîné est notre malade ; des sept autres, un est né avant terme ; trois sont morts à 3 mois avec des éruptions généralisées, intenses surtout aux pieds et aux mains.

Les trois autres sont bien portant. |

Antécédents personnels, né àterme, nourri par sa mère; à 3 semaines boutons sur les fesses, ulcérations anales vite guéries

Sa — par le traitement spécifique. Depuis l'enfant est chétif. A 42

ans, accidents strumeux, adénopathies cervicales. À 15 ans douleurs vagues dans les genoux et les jambes,

Etat actuel. Garçon peu robuste, facies terreux, membres grêles.

Oreille gauche. Jamais d’otorrhée, surdité, perforation du tympan qui est épaissi et terne, triangle lumineux absent. En somme signe d’une otite ancienne.

Oreille droile surdité progressive, complète depuis un mois, étourdissements, membrane du tympan épaissie et déprimée.

Le malade n’a jamais souffert des oreilles.

Cornée gauche grisätre, opacité complète (on voit à peine la pupille), injection conjonctivale, photophobie légère.

Cornée droite : deux néphélions nucléaires sur la cornée.

Dents ; incisives inférieures cuspidées, trilobées ; premières molaires absentes.

Incisives supérieures échancrés, divergentes.

Dents de sagesse absentes.

Articulations. Au niveau des genoux on constate une double hydarthrose datant de cinq mois ; il a commencé par souffrir de ces articulations qui, peu à peu ont augmenté de volume, au point de déformer maintenant tout-à-fait les deux genoux. Ceux-ci, en effet, sans présenter aucune rougeur, aucune trace d’inflammation superficielle, sont le siège d’un épanchement considérable, plus abondant toutefois à gauche qu’à droite. La rotule est fortement soulevée; les culs-de-sac de la synoviale sont largement distendus.

Les mouvements sont normaux et ne déterminent pas de craquements. Les extrémités articulaires, surtout du côté du fémur, semblent un peu hypertrophiées, et quand le malade est debout, ses genoux se touchent, comme chez les cagneux. Quant aux troubles fonctionnels, ils sont nuls. Le malade marche tout le jour et ne souffre que lorsqu'on fait exécuter à l’article des mouvements de flexion forcée,

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