‹ Contribution à l'étude: Des arthropathies de la syphilis héréditaire tardiveChapitre 5 sur 38 · PP TELE · texte numérisé non relu

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ments aussi longs qu’infructueux, c’est s’exposer à bien des insuccès ; c’est peut-être compromettre l’existense du patient, alors que quelques semaines du traitement spécifique suffiraient pour assurer la guérison complète.

La syphilis héréditaire, comme la syphilis acquise peut envahir lès articulations, mais les accidents articulaires de la syphilis héréditaire tardive sont représentés par des observations peu nombreuses et surtout trop concises. Est-ce à dire que ces accidents articulaires soient rares ? Tel n’est pas notre avis : « la vérité est plutôt dans ce fait que, la syphilis héréditaire tardive ayant été trop longtemps contestée, beaucoup d’arthropathies relevant de cetteforme de lasyphilis ont été méconnues et probablement traitées comme des à la tuberculose. », et, comme Méricamp, nous sommes convaincu que « le jour où les chirurgiens tourneront sérieusement leur attention vers les accidents tardifs de la syphilis héréditaire, ils arriveront à guérir à peu de frais nombre de manifestations artculaires contre lesquelles tout l’arsenal chirurgical eût échoué ».

À ceux qui affirmaient la nature syphilitique de la manifestation articulaire, on a répondu tantôt en incriminant la scrofule, tantôt même en incriminant le rhumatisme, souvent même en niant la syphilis. Et de fait la plupart des observations sont incomplètes ou écourtées ; le seul mérite de beaucoup d’entre elles est de montrer la guérison de l’arthropathie pendant le traitement spécifique, ce à quoi les incrédules n’ont pas

manqué de répondre que «pendant » ne voulait pas dire « à cause ».

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C’est que de grandes difficultés surgissent lorsqu'il s'agit, dans un cas déterminé d’arthropathie, d’atfirmer ou de nier la syphilis; ceci est dû à ce que nous ne

possédons aucun moyen sûr d'affirmer l’origine syphilitique d’une lésion quelconque. « Nous en sommes,

en ce qui concerne la syphilis, au point où nous en étions pour la tuberculose avant Villemin et Koch;

sans doute on affirmait la nature tuberculeuse de certaines arthrites, mais il a fallu l’inoculation aux

animaux d’une part, et la recherche du bacille, d'autre part, pour établir sur des bases sûres l'étude de la tuberculose articulaire ». (Imbert, Gaz. des Hôpitaux, 18 février 1899). Or, l’un et l’autre moyen nous manquent pour étudier la syphilis; nous n'avons guère qu’un procédé pour la reconnaître avec certitude, c’est de soumettre le malade au traitement spécifique; encore ce moyen n'est-il pas exempt d’objections, comme nous le verrons plus loin et il ne donne aucun résultat suffisant en cas de lésions trop avancées.

On devine donc, par ces simples considérations, combien d’obscurité, combien de difficultés comporte le sujet de notre étude. Nous essaierons cependant de dégager de toutes les incertitudes les quelques notions que l’on peut considérer comme acquises et pour cela nous nous inspirerons amplement des travaux que les

différents auteurs y ont consacré; car nous n'avons

pas la prétention d’appôrter des idées bien nouvelles sur un sujet qui a été abordé par les maîtres de la syphiligraphie et leurs élèves.

Le hasard a mis sous nos yeux, durant un semestre

d’externat passé dans le service de M. le professeur

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agrégé Nové-Josserand à la Charité, un cas très net d’arthropathie hérédo-syphilitique. Cette observation, rapprochée d'une autre dùe à l’obligeance de M. le D' Weill, fera le sujet de notre thèse.

Comme ceux qui nous ont précédé, nous emploierons le mot arthropathie de préférence au mot artrhide, car « ce terme a l'avantage de ne rien préjuger » et Méricamp dit : « produire une arthropathie indolente, sans troubles fonctionnels sérieux, avec un épanchement articulaire et une hyperostose lisse, volumineux, tel est le propre de la syphilis ». Les désignations de tumeur blanche et d’arthrite syphilitique sont donc à juste titre délaissées. Homolle partage également cet avis : « l’absence de phénomènes inflammatoires, de fougosités, de suppuration. d'ankylose consécutive doit faire rejeter la dénomination d’arthrite appliquée aux affections articulaires de la syphilis tardive ». Le mot d’arthropathie est vague, nous l’avouons, mais ne

. convient-1il pas à une lésion dont le substratum ana-

tomique n’est pas connu; c'est un terme provisoire destiné à disparaître le jour où les recherches nécroptiques auront élucidé le processus qui correspond aux signes cliniques. Du reste, dit M. Kirmisson, au point de vue clinique (le seul auquel on ait le droit de se placer en l’absence d’autopsie), le caractère fondamental de cette affection est précisément l'absence de symptômes articulaires.

Le but de notre modeste travail sera donc de rester autant que possible dans le domaine de la clinique, le plus utile au malade. L’anatomie pathologique sera laissée forcément de côté, car il n’existe aucune autop-

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sie. De la pathogénie on ne connaît jusqu'ici absolument rien, nous ne ferons donc que l’effleurer. Le nombre d'observations nouvelles que nous apportons est restreint, mais nous estimons que la qualité prime la quantité ; nous reproduirons donc, après un court aperçu historique, ces observations et les plus concluantes publiées jusqu'ici. Puis en nous basant sur elles, nous ferons de notre mieux une étude clinique de l’arthropathie hérédo-syphilitique. Nous aurons à insister sur là symptomatologie et les formes. Le diagnostic tiendra une large part dans le sujet, surtout le diagnostic avec la tuberculose articulaire ; l’analogie entre les deuxaffectionsest parfois en effet comme nousle verrons, poussée assez loin pour que des chirurgiens exercés, mais non prévenus, se soient laissé prendre aux apparences.

C’est pourquoi nous avons cru utile d’attirer une fois de plus l’attention sur cette affection qui intéresse au même degré le médecin et le chirurgien. Du diagnostic d’une affection, de la connaissance exacte de sa nature dépendent en effet le pronostic et le traitement.

Nous résumerons enfin, pour terminer, les résultats acquis au point de vue thérapeutique, en insistant sur le mode de traitement qui semble devoir primer les autres.

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