‹ Contribution À L'Étude Des Arthropathies HémophiliquesChapitre 18 sur 33 · CONSTATATIONS PERSONNELLES · texte numérisé non relu

CONSTATATIONS PERSONNELLES

Obs. I. — (Recueillie dans le service de M. le Professeur Joüon). — Le 9 juin 1921 entrait à l'Hôtel-Dieu, pour arthrite du genou gauche, le jeune René F..., âgé de 15 ans.

Dès son bas-âge, l'enfant avait présenté, à l'occasion du moindre choc, des ecchymoses sous-cutanées.

A partir de 16 mois, des épistaxis fréquentes et prolongées se produisirent. La plaie la plus légère, une simple piqûre, saignait pendant des heures. Jamais cependant les voies respiratoires, digestives ou urinaires ne donnèrent lieu à des hémorragies.

Vers l’âge de 10 ans, apparut sans cause CHPPÉGRE une hémarthrose du coude gauche, qui, constituée en 2 2 disparut en un mois, sans séquelles.

Quelques jours plus tard, ce fut un hématome de la région lombaire. :

Deux mois après, le malade fut atteint de « pleurésie droite ». Y eut-il épanchement ? Quelle en fut la nature ? Nous l'ignorons, la ponction n'ayant pas été pratiquée.

A l'âge de 12 ans, l'enfant se fit une fracture de l’extrémité supérieure du cubitus gauche. La consolidation fut obtenue en un mois, mais avec limitation de l’extension à l’angle droit.

En août 1919, le malade fut hospitalisé pour hémarthrose du genou droit. Le traitement consista en ponction évacua-

En RES

trice, suivie de compression pendant 3 semaines, au bout desquelles le malade était guéri.

Un mois s'était à peine écoulé, qu'une chute sur le genou droit reproduisit l’hémarthrose. Le même traitement fut appliqué avec le-même résultat.

Entre les poussées, aucune gène fonctionnelle ne persistait, et le malade pouvait vaquer sans fatigue à ses occupations (il était commissionnaire dans une maison de commerce).

Au cours de l'été 1920, il fit une chute sur le genou gauche, qui devint à son tour le siège d’un épanchement sanguin. La ponction et la compression en amenèrent la guérison en 3 semaines.

Le malade avait repris son travail depuis 3 mois, quand il commença à ressentir dans le genou gauche un peu de fatigue après la marche. L'aspect extérieur de l'articulation n'offrait aucune modification appréciable.

Un soir, après une course un peu longue, l'enfant remarqua que la jambe gauche restait en flexion légère, attitude vicieuse qui s’accentua de plus en plus. Le genou se déforma peu à peu et devint globuleux. Le mal évolua sans provoquer de douleur vraie : un peu de gêne, de pesanteur seulement, qui, malgré la flexion progressive, permirent au malade de continuer quelque temps encore son travail.

L'attitude vicieuse étant devenue incompatible avec la marche, l'enfant fut amené à l'Hôtel-Dieu en février 1921. Sous anesthésie générale, le membre fut redressé en une seule séance, et maintenu dans une gouttière plâtrée. La nuit suivante, le malade éprouva de violentes douleurs, dues à une poussée d'hémarthrose. On re fut pas obligé cependant de supprimer le plâtre.

Le malade devait rentrer à l'Hôtel-Dieu le 9 juin pour être débarrassé de son appareil, quand, la nuit précédente, se produisit spontanément une hémarthrose du genou droit. Le plâtre est enlevé le 10 juin.

Le genou gauche ne présente plus d’épanchement. Mais l'articulation et déformée ; les méplats ont disparu et la synoviale peut être facilement accrochée,sous forme de bourrelet, au niveau du cul-de-sac sous quadricipital. Il n'existe aucun point osseux douloureux.

Le genou se remet rapidement en flexion très légère et bientôt l’on peut percevoir dans le cul-de-sac inférieur une fluctuation obscure. Les téguments subissent une élévation thermique appréciable.

La pression devient un peu douleureuse sur tout l’article, particulièrement au niveau de l’interligne et du cul-de-sac inférieur. L'impotence fonctionnelle est à peu près complète. :

Au genou droit, les téguments, de couleur normale, sont. le siège d’une circulation collatérale très marquée, dont le réseau se continue sur le tiers voisin de la cuisse et de la jambe. La température locale est notablement élevée. Le genou, en demi-flexion, considérablement augmenté de volume, offre un aspect bossué, où se dessinent les culs-de-sac synoviaux distendus au maximum. La rotule est bridée latéralement par ses ailerons qui creusent une dépression, séparant en deux étages la synoviale. Le creux poplité est effacé dans sa moitié inférieure. L'épanchement est sous tension si forte que l’on perçoit plutôt de la rénitence que de la fluctuation, et que le choc rotulien ne peut être obtenu. Il n'y a pas de point osseux douloureux.

Le contenu articulaire tardant à se résorber, on applique le 23 juin une vessie de glace sur le genou droit. Le lendemain, celui-ci est diminué de volume. Le 27, l’épanchement a presque entièrement disparu. La circulation collatérale n'existe plus. La température locale est redevenue normale, ainsi que la température générale qui, les premiers jours, avait oscillé autour de 38°. La synoviale demeure épaissie ; mais le membre a recouvré une grande partie de sa motilité. Le genou, en flexion légère, est globuleux et paraît d'autant

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