‹ Contribution À L'Étude Des Arthropathies HémophiliquesChapitre 17 sur 33 · RADIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

RADIOGRAPHIE

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L'examen radiologique peut-il fournir un élément de précision pour le diagnostic ?

En 1896, Sabrazès et Cabannes pratiquèrent la radiographie d’arthropathies hémophiliques et conclurent à l’absence de lésions. |

Gocht, en 1899, publie plusieurs observations avec radiographies.

Depuis lors, bien que ce procédé d’investigation soit utilisé dans tous les cas, les auteurs n’ont pu se mettre d'accord : dans le numéro du 24 juillet 1921 de la Gazette hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux, Sabrazès insistait encore sur « l’intégrité complète des os ».

Les meilleures études sont dues à Mankiewicz (1913), à Escande et Tapic (1919).

Ayant observé trois malades à des périodes différentes, Mankiewicz résume ainsi ses conclusions :

1° Stade d'hémarthrose. — Rien d’anormal; sauf un certain degré de décalcification.

2° Stade de panarthrile, — Les surfaces articulaires

sont irrégulières ; il y a réduction de l’interligne articulaire ; la rotule paraît fixée au fémur ; il existe en outre de petites ombres au niveau de la capsule et une raréfaction osseuse des condyles fémoraux.

3° Stade de déformations.— On a l’image de l’arthrite déformante avec ostéophytes et ostéoporose.

Martin du Pan (1915) a noté, chez un hémophile de 15 ans, un élargissement considérable de la tête du radius, un épaississement "notable de J’apophyse coronoïde du cubitus. L’extrémité inférieure de l’humérus est en outre déformée, avec hyperostose des condyles. Aux genoux, les deux rotules, plus rapprochées que normalement du fémur, sont augmentées de volume, et l'épaisseur des cartilages est réduite. [l n’y a pas de lésions des tibias ni des fémurs.

Pour Martin du Pan, la seule lésion caractéristique est Vépaississement de la rotule et la diminution de l’espace clair entre les os (usure des cartilages).

Escande et Tapie, ayant observé chez un malade une arthrite hémophilique des deux genoux, décrivent les altérations suivantes :

1° Décalcification intense et homogène des extrémités articulaires, frappant toutel’épiphyse, sans dépasser les carlilages de conjugaison correspondants.

2 Altération des contours osseux qui forment l’article, sans production d'ostéophytes.

3° Diminution de l’interligne articulaire.

4° Légère augmentation de la rotule.

Escande et Tapie pensent que les différences d’opi-. nion, en ce qui concerne la radiographie des arthropa-

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thies hémophiliques, tiennent à la période où est prati- | quée cette épreuve. Le processus se développant progressivement, et parfois avec une grande lenteur, réalise à quelque moment la description de chaque auteur.

Ces lésions toutefois n’ont aucune spéci ficité et ne permettent pas d'affirmer un diagnostic : elles offrent à peu près le tableau de toute arthrite déformante hypertrophique. Néanmoins l’absence de taches indiquant des lésions osseuses en foyer (tuberculose), et celle d’ostéophytes abondants (syphilis) fournissent des indications précieuses.

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