IV. — Radiographie.— Nousavons exposé l’opinion
des auteurs sur l'aspect radiographique des arthropathies hémophiliques. Possédant nous-même d’excellentes radiographies de cette affection, nous en avons donné la description détaillée à la fin de lobservation de Robert B... Nous y trouvons à la fois les lésions décrites par Mankiewiez et les lésions signalées par Escande et Tapie. Nous insistons sur :
a) La présence d’ostéophytes. — Elle doit être assez rare, à en juger par l’opinion des auteurs. Mankiewicz est seul à la signaler. Nous en avons un bel exemple (voir planche I).
b) Le siège principal et parfois unique des lésions osseuses, qui semble être la face postérieure de la rotule
cet la trochlée fémorale. Mankicwiez avait noté que « la
rotule paraissait fixée au fémur » dès le stade de panar-
thrite ; et tous les auteurs signalent l'augmentation de volume de la rotule. À noter que les lésions de la rotule sont exceptionnelles dans la tuberculose et la syphilis.
c) La possibilité des subluæations, qui n’est signalée par aucun observateur. La subluxation du tibia en arrière est réalisée au genou gauche de Robert B.. Legenou droit y présentait aussi une tendance très nette, en mêmé temps qu’un début de valgus. Sous peine de voir ces déformations s’accentuer, le malade dut renoncer à quitter son appareil pendant la nuit.
Nôus résumerons ainsi nos constatations :
1° STADE D'HÉMARTHROSE. — Rien d’anormal ou légère décalcification.
2° STADE DE PANARTHRITE, — Décalcification intense et
homogène, des os, particulièrement des épiphyses et de la rotule. Altération des contours osseux de Particle, surtout à la partie postérieure de la rotule, et à la par tie correspondante de la trochlée fémorale. Diminution de l’interligne articulaire. Légère augmentation de volume de la rotule. é
3° STADE DE DÉFORMATIONS. - Epaississement et sclérose de la capsule articulaire. Disparition de l’interligne articulaire. Hypertrophie des épiphyses, avec exagération des déformations et production d'ostéophytes. La subluxation peut s’observer.
Nous estimons, avec Escande et Tapie, queles divergences d'opinion sur la radiographie tiennent aux périodes différentes où elle est pratiquée.
V.— Hématomes périlaryngiens. — Bien que l'étude des hématomes interslitiels ne soit pas de notre sujet,nous nesaurions manquer de souligner à propos de Pobservation de Robert B.., importance toute particu- Jière que ces accidents peuvent lenir de leur siège.
Deux cas d’épanchement sanguin du plancher buccal ont été signalés (Leclerc et Chalier ; Fiessinger et Barbillion). Leur symptomatologie peut les faire confondre avec l’angine de Ludwig. L’élévation de température que provoquent souvent les manifestations hémophiliques, le pâleur du malade peuvent faire penser à une affection septique. Les antécédents, l'examen du sang évileront au malade une intervention qui pourrait lui être fatale.
Les accidents sont plus graves encore si l'épanchement s’infiltre dans le tissu adipeux préglottique, s’il gêne