‹ Contribution À L'Étude Des Arthropathies HémophiliquesChapitre 28 sur 33 · VON · texte numérisé non relu

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Boggs, -Wright et Panamure trouvèrent le lactate de calcium plus efficace et mieux toléré : le chlorure de calcium après 3 ou 4 jours de traitement diminuerait la coagulabilité du sang (Wright). L'usage de ces sels a subi victorieusement l'épreuve du temps, et la coutume s’est établie de prescrire le chlorure de calcium par périodes de huit jours.

Nias rapporte un succès dû au lactate de strontium.

Sicard et Gutman utilisèrent le nucleinate de soude en injections intramusculaires à la dose de o gr. 15.

Le plasma de Quinton futemployé par Pélissard chez le nouveau-né, en injections sous-cutanées.

Le sérum de Fleig, à la dose de 5oo cc. en injections intraveineuses, donna un succès à de Rouville, dans un. cas d'hémorragie utérine incoercible.

L’utilité de l’opothérapie a étéfort discutée et les auteurs sont encore loin de s’entendre. Les extraits les plus employés sont ceux du corps tyroïde, de foie etde rate. Ce dernier est préconisé par Nolfen applications locales, dans les hémorragies. On trouve aussi dans le commerce des extraits de plaquettes sanguines qui s’emploient de la même manière. L’extrait hépatique peut être efficace dans le cas où le foie est nettement lésé ; mais il s’agit alors, d’après la classification de P.-E. Weil, d'états hémophiliques. L’opothérapie thyroïdienne a donné des succès encourageants à M. Labbé. Fuller, Taylor furent satisfaits de son action. Schlossmann tenta Sans succès des injections sous-cutanées de suc thyroïdien. Les applications locales (avulsion dendaire) furent au contraire suivies de l'arrêt de l’hémorra-

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gie. R. Bénard, en 1919, obtint par Pextrait thyroïdien la guérison de l’hémophilie sporadiquechez un myxœædémateux, et cita 24 cas où cette médication s'était montrée efficace.

Chez notre malade Robert B..., la médication pluriglandulaire fut utilisée. L'aspect infantile du malade, la répartition anormale de son système pileux, la frilosité, la cryptorchidie unilatérale nous semblèrent en effet une indication formelle de cette thérapeutique. Nous ne saurions toutefois définir son action, le traitement sérique lui ayant été associé.

C’est Fry le premier qui, en 1898, eut l’idée de traiter les-hémophiles par le sérum de cheval. Mais c’est P.-E. Weil qui en systématisa l'emploi et montra la supériorité des sérums sanguins frais sur les sérums, préparés, antidiphlérique ou autre. Ce traitement est devenu classique : tous les deux mois, durant des années, on administre au malade du sérum frais de cheval.

Plusieurs voies d'introduction ont été utilisées : buccale, rectale, sous-cutanée et intraveineuse. Nous pensons que la première, si simple, est absolument inefficace. Employée fort longtemps chez nos malades, elle s’est montrée sans action. Dès qu’on lui eut substitué la voie

sous-cutanée, les poussées d’hémarthrose s’espacèrent et

s’atténuèrent.

Conformément à la technique de P.-E. Weil, les injec-

tions furent pratiquées chez Robert B... tous les deux

mois, à la dose de 20 cc. Malgré la lenteur extrême de l'injection, un énorme hématome se produisit chaque fois. Marfan ayant montré qu’un sérum s’élimine de

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l'organisme en un mois environ, la fréquence. des injections fut doublée, et la dose réduite de moitié. Grâce à cet artifice, le traitement put être continué, bien que chaque injection prov oquât encore un léger hématome.

Leclerc et Chalier ont essayé sans résultat lautoséro-

thérapie.

Dufour et Le Hello ayant observé que l’action des SéthIS bétérogènes ne se produisait qu après plusieurs injections, à la faveur d’une véritable crise hémoclasique plus ou moins apparente, utilisèrent le sérum des ; animaux en état d’anaphylaxie pour créer chez l’ hémophile une anaphilaxie d'emprunt immédiate. Le sérum sérique antihémorragique ou anthema s'emploie ..,comme.le sérum ordinaire. RARES

Des traitements sériques se rapprochent. tout natu-

rellement des {rans/fusions sanguines. Elles ont été pré- -.conisées dans, l’hémophilie par M, Labbé, Morawiz, . Schlossmann. Lewisobn déclare que « dans l'enfance Ja tendance hémophile peut être absolument et d'une façon permanente arrêtée par une seule transfusion ». Joltrain obtint un résultat impressionnant dans un cas d’hémorragie hémophilique post-opératoire, où tous les autres traitements avaient échoué. Il continua de trai- -ler son malade par la transfusion de »o cc. de sang Ci-

lraté, chaque fois que la coagulation parut retardée. Chaque fois il obtint. un retour plus prolongé à l'état.

normal. Pour lui, toutes les transfusions ont agi de la

:. même manière. en provoquant un véritable choc hémo-

clasique, caractérisé par l’abaissement de la pression artérielle et de l'indice réfractométrique du sérum, et la

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diminution des leucocytes. En même temps se montraient les phénomènes cliniques habituels : frisson, élévation de température, tendance aux nausées, bâillements, somnolence. L'hypercoagulabilité ne paraissait qu’une manifestation de la colloïdoclasie consécutive à la tränsfusion. Récemment, N. Fiessinger et Barbillon ont communiqué à la Société médicale des Hôpitaux un nouveau succès de la transfusion.

Cette méthode toutefois n’est pas d’un usagé courant. Pour être sans danger, elle nécessite la recherche des groupes sanguins que Lewisohn croit nécessaire quel que soit le degré de parenté du donneur.

En 1912, Nolf ft connaître un nouveau procédé de traitement : les injections sous-cutanées de peptone de - Witle. Pour Nolf, le sérum n’agit qu’en qualité d’antigène provoquant une réaction humorale modificatrice de l’état du sang. Tout antigène aura par conséquent la même aclion ; et Nolf étudia particulièrement celle du . propeptome de Witte. Les injections sous-cutanées de 5 à 10 cc. d’une solution de peptone au vingtième se font tous les trois jours pendant un mois, el chaque série est suivie d'un mois de repos. Les résultats sont excellents, analogues à ceux que fournit le sérum. Si la solution de peptone était mal tolérée par voie hypodermique (Lereboullet et Vaucher), on l’administrerait par voie rectale. ie

Les Allemands publièrent en 1921 quelques études sur le traitement de lhémophilie par l’irradiation de la rate. Personne ne remarqua que le procédé était vieux de dix ans déjà : Triboulet, À. Weil et Paraf,

avaient rapporté le 12 novembre 1912, à la Société de . Pédiatrie un cas de « purpura grave avec hémophilie » guéri par quelques séances de radiothérapie. Signalons également la thèse du D' Saint-Paul, soutenue à Lyon en janvier 1921, sur le traitement du purpura chronique et des affections hémorragipares par les rayons X. L’auteur explique lefficacité de cette méthode par l’action directe des rayons sur l’endothélium des vaisseaux.

Pour Stéphan, ainsi que pour Neuffér, qui publie cinq cas d’hémophilie traités par l'irradiation de la rate «avec résultat satisfaisant », il y aurait destruction massive de leucocytes, libérant un ferment coagulant : hypothèse plus vraisemblable. Le résultat malheureusement ne dure que quelques jours, et la méthode est sans action chez, les grands hémophiles. Neuffer, on le voit, «se satisfait » de peu.

Le 1°% juillet 1922, à la Société de Biologie, Pagniez, Ravina et Salomon étudièrent l'influence de l’irradiation de Ja rate sur le temps de coagulation du sang. « Si lon fait porter sur la région splénique une dose de rayonnement de 500 R, on obtient, dans la règle, un raccourcissement du temps de coagulation du sang (13 fois sur 15 expériences). Ce raccourcissement est considérable et se mesure par une moyenne de deux minutes pour un temps de coagulation de cinq minutes et demie. Cette modification du temps de coagulation a été notée une heure après l’irradiation ; la durée du phénomène est variable ; mais chez certains sujets, le sang ne revient que peu à peu et en plusieurs jours à son temps de coagulation primitif. Fait intéressant : une

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premièreirradiation qui a été suivie d’une modification du temps de coagulation peut rendre Porganisme réfractaire à une nouvelle irradiation. C’est ainsi que chez un des sujets observés, une première irradiation amena une accélération du temps de coagulation de 3 minutes 25. 5 jours après, la même dose de rayonnement ne modifiait plus en aucune façon le temps de coagulation qui était revenu à son chiffre antérieur ».

IL ne faut donc pas trop demander à l’irradiation de la rate. Son action étant immédiate et de courte durée, elle sera indiquée dans les accidents graves d’emblée,en attendant que le sérum ou la peptone ait produit son effet, ou comme adjuvant de ces traitements classiques.

On ne devra jamais manquer, chez les malades atteints de syphilis héréditaire, d'instituer le traitement spécifique.

En résumé, on utilisera les injections de sérums ou de peptone, auxquelles on associera l’opothérapie et les sels de calcium. S’il y aurgence ou si la maladie est rebelle à tout traitement, on aura recours à la transfusion sanguine et à l’irradiation de la rate.

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