CHAPITRE PREMIER
Historique.
Le bacille mesentericus vulgatus à été découvert par R. Koch sur les pommes de terre, il le décrit comme étant un petit bâtonnet avec des extrémités arrondies, souvent réunis deux ensemble, formant souvent des chaînettes composées de 4 articles. Lorsqu'il est cultivé sur la gélatine ou la gélose, ces deux extrémités se colorent moins que le centre. Il est mobile, sur la gélatine, il forme des colonies rondes, présentant à leur centre une membrane jaunâtre, et liquéfie rapidement la gélatine. Lorsqu'on le cultive dans un tube de gélatine par piqüre, il la liquéfie rapidement le long du canal, et bientôt la liquéfaction s'étend à toute la gélatine, et il forme à la surface une membrane. Il pousse sur les pommes de terre d’une façon caractéristique, il la couvre d’une couche feutrée, plissée, quis’étend rapidement sur toute la pomme de terre, et il forme des spores.
Flügge, dans son excellent manuel, distingue deux bacilles de la pomme de terre, l’un est le bacellus mesentericus fuscus, l’autre le bacillus mesentericus vulgatus, ce dernier est évidemment celui que Koch a nommé Kartoffel bacillus.
D'après cet auteur, c’est un bacille assez volumineux, « doué d’un mouvement d’oscillation ». Il forme souvent des pseudo-filamentsqui produisent des spores globuleuses. Sur les plaques de gélatine, les colonies formées par ces germes sont blanc bleuâtre, presque transparentes. Plus tard, le centre de la colonie est blanc opaque. Les colonies de la surface peuvent avoir jusqu’à un centimètre de diamètre. Celles-ci sont enfoncées dans la gélatine liquéfiée. Sous un faible grossissement, on voit qu’elles constituent
des disques sombres, nettement granuleux et à bords rugueux.
Dans les cultures par piqûre, il se fait d’abord une liquéfaction en entonnoir, puis, plus tard, celle-ci s'étend à toute la couche superficielle. Dans la partie liquéfiée, flottent de nombreux flocons gris, à sa surface il existe une membrane mince gris blanchâtre, ridée. Au fond de l’entonnoir de liquéfaction, on voit s’accumuler une masse floconneuse épaisse. Vers le bas, on voit encore, dans les premiers jours, le reste du trait d'inoculation revêtu d’une épaisse couche blanche. Sur les pommes de terre, ces bacilles forment un enduit blanc, très épais, plissé dès le début et s'étendant rapidement sur toute la surface. Quand on veut enlever ce revêtement, on constate qu'il pénètre très profondément dans la pomme de terre. « Les parties enlevées adhèrent, au moyen d’une substance visqueuse, à la surface de la pomme de terre, de telle sorte qu'on peut les étirer en longs filaments (1). »
(1) Flügge, Les micro-organismes, traduction française par Henrijean. Bruxelles, 1887.