‹ Contribution à l'Étude des Bactéracées. (Le bacille mesentericus vulgatus.)Chapitre 39 sur 41 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Résumé.

4° Le bacille mesentericus vulqgatus reconnu comme espèce par Flügge a été trouvé par R. Koch, qui, parce qu'il se cultive avec la plus grande facilité sur les pommes de terre, le nomma #artoffel-bacille.

2 Ce bacille est un des micro-organismes les plus répandus, on le trouve dans l’eau, dans l’air, dans le tube digestif, dans toutes les matières en voie de destruction, etc. : ainsi de la terre prise dans le jardin du Luxembourg contenait 313 colonies dont 41 étaient formées par ce bacille ; celle d’un champ de blé avec 31 colonies formées par ce bacille sur 287 en tout. Une prise d’air faite à Paris renfermait 70 colonies dont 4 de ce bacille. De l’eau puisée dans la Seine donna 442 colonies dont 13 de ce bacille.

Les grains de blé de diverses origines, la farine, le son en contiennent des quantités considérables.

3 Le bacille mesentericus vulgatus cultivé dans le bouillon de veau est un petit bâtonnet mesurant de 2 à 4 y de long et 1 de large, ses extrémités sont légèrement arrondies, rarement les bâtonnets sont isolés, le plus souvent ils forment de longues chaînes rarement rigides, car généralement les articles sont un peu inclinés les uns sur les autres.

Les bacilles sont formés d’une enveloppe gélatineuse assez épaisse, à l’intérieur de laquelle existe une fine membrane appliquée directement sur le protoplasma. L’enveloppe gélatineuse et la membrane sont formées par un hydrate de carbone — variété de cellulose — Ia membrane n'est que la couche interne solide de l’enveloppe gélatineuse.

Le protoplasma est homogène, quelquefois légèrement granuleux ou plutôt trouble.

La longueur des bacilles varie suivant les milieux, ainsi souvent ils atteignent 5 4 sur l’amidon, dans le lait leur longueur varie entre 2 et 30 y.

La substance gélatineuse qui forme la paroi externe des bacilles ne se dissout pas dans l’eau, mais s'y gonfle comme la gomme, de sorte qu'on peut la séparer; traitée ensuite par l'acide sulfurique très étendu pendant plusieurs heures, elle se transforme en glycose. Il y a donc lieu de la considérer comme une forme de cellulose.

Lorsque la culture est vieille cette substance disparaît.

4° Souvent dès le deuxième jour, dans les cultures faites dans le bouillon et sur la gélose pour devenir très abondants plus tard, quelques-uns des bacilles présentent un état particulier de leur protoplasma, ils ne prennent plus les matières colorantes, à l’aide d’un fort grossissement on voit que la membrane se colore bien, mais le protoplasma reste presque entièrement incolore ou présente seulement quelques points se colorant, l’espace non coloré paraît être rempli par un liquide granuleux. Il est impossible d’attribuer cet état à un appauvrissement du milieu nutritif ou à la formation de matières nuisibles, car à côté des bacilles vacuolisés on en trouve d’autres qui se divisent énergiquement.

5° La multiplication par division de ces bacilles se fait, comme chez toutes ces plantes; au milieu d’un long bacille on voit apparaître une cloison qui se dédouble ensuite de façon à donner naissance à deux bacilles, qui lorsqu'ils auront atteint la taille de la cellule dont ils viennent se dédoubleront à leur tour; les divisions successives sont parallèles.

6° Les spores dans ce bacille se montrent souvent au bout de quelques jours de culture en même temps que les bacilles en voie de division continuent à pulluler. Ce fait démontre bien que Les spores ne sont pas une forme que les bacilles engendrent lorsque le milieu nutritif est épuisé, du reste cette opinion a déjà été démontrée inexacte par M. Van Tieghem pour le bacille amylobacter, aussi les spores sont pour moi simplement une forme de l’évolution

de ces plantes plus résistante que les bacilles, de même que les graines sont plus résistantes que les plantes dont elles viennent.

1° Les spores apparaissent dans ce bacille comme un petit point très réfringent au milieu du protoplasma, ce point en quelques heures atteint son complet développement, il est alors légèrement ovoïde, très réfringent et possède un contour fort net. La spore a la même largeur que le bacille, mais est plus courte au moins d’un tiers. En même temps que la spore se forme, le protoplasma du bacille se raréfie de plus en plus, de sorte que lorsqu'elle est formée, le bacille ne contient, outre elle, qu'un liquide. La membrane du bacille disparaît 2 à 6 heures après que la spore est complètement développée.

Le bacille ne s’épaissit pas en un point, comme c’est le cas pour beaucoupd’espèces de bacilles lorsque la spore va se former.

8° Les spores ne se colorent pas par les méthodes ordinaires avant qu'on ait amené leur mort, de préférence par une haute température.

9° Les bacilles germent hors des spores, d’après plusieurs observateurs, tantôt suivant le grand axe de la spore, tantôt suivant le petit axe. Il m'est impossible d’être absolument affirmatif sur la manière dont les bacilles germent des spores du bacille mesentericus vulgatus, car elles sont si petites que l'observation de ce phénomène est à peu près impossible. Cependant il m'a semblé qu'après que la spore était devenue moins réfringente, le bacille sortait par un des pôles, puis grandissait et finalement abandonnait la spore vide.

10° Sur la gélatine nutritive étendue en plaque, au bout de 24 heures, si la température est voisine de + 18° + 20°, lorsqu'on y a ensemencé du bacille mesentericus vulgatus, on voit apparaître une petite tache ronde, opaque, qui au bout de 48 heures s’entoure d’une zone plus claire ; des bords de cette zone nettement découpés partent comme une auréole de nombreux fins filaments. Si les colonies sont nombreuses, en quelques jours elles ont envahi toute la plaque et se soudent les unes aux autres par leurs bords.

11° Ensemencé par piqûre dans la gélatine au bout de

48 heures, ce bacille forme un élégant entonnoir qui s'étend jusqu’à la partie inférieure de la piqûre. Cet entonnoir est rempli par de la gélatine liquéfiée, un peu blanchâtre, qui contient dans son fond et le long de la ligne d’ensemencement des grumeaux plus opaques et plus denses. Dès le quatrième jour, la gélatine entière est ramollie dans toute l'étendue traversée par l'aiguille d'ensemencement. En même temps 1l se forme à sa surface une membrane plissée d’un aspect crémeux.

12° Sur la gélose nutritive, il se fait des colonies blanchâtres, arrondies, à bords festonnés. Au bout de 48 heures les colonies se sont confondues par leurs bords, et la gélose est recouverte d’une pellicule blanchâtre, opaque, finement chagrinée, qui s’en détache avec difficulté, la pellicule ne s'étend plus sur la gélose qui a été dénudée de la culture.

13° Lorsqu'on ensemence ce bacille dans du bouillon de veau nutritif, pendant les premières heures de l’ensemencement, ce bouillon est trouble, puis vers la vingtième heure une zooglée commence à se former à sa surface et en même temps le bouillon s’éclaircit, la zooglée s’épaissit rapidement, se plisse, de sorte que vers la trentième heure la surface du bouillon est recouverte par une membrane très plissée blanche. Vers le huitième jour l’aspect de cette membrane rappelle les cavités cardiaques. Les grosses travées sont à cette époque brunâtres etles petites jaunâtres.

Vers le huitième ou dixième jour lamembrane ou zooglée tombe au fond du ballon; le bouillon en même temps commence à brunir, et les micro-organismes réunis dans le fond du ballon, après avoiradhéré entreeux,se détachent les uns des autres, par suite de la disparition de la substance visqueuse qui les réunissait.

14° Le bacille mesentericus vulgatus se cultive très bien dans le bouillon acidifié au 1/2000 par l'acide chlorhydrique.

15° Si le bouillon contient de2 à 5 p. 100 de glycose, la zooglée de la surface est plus finement plissée que celle qui se forme sur le bouillon ordinaire, elle est aussi plus blanche. Si le bouillon contient 10 p. 100 de gélatine, la zooglée est jaunâtre. |

16° Si on ensemence le bacille mesentericus dans du

bouillon contenant de 10 à 15 p. 100 de saccharose, il ne se forme pas une zooglée épaisse à la surface, mais le bouillon devient très trouble, et ce trouble persiste jusqu'au quinzième ou vingtième jour, puis après Le bouillon brunit.

17° Sur lespommes de terre cuites, au bout de 24 heures à 36-38°, il se forme une culture ayant de 1 à 3 centimètres de diamètre; la culture est d'un blanc grisätre, très plissée, généralement au bout de 48 heures la culture couvre toute la surface de la pomme deterre, sous la forme d'une zooglée très adhérente et très plissée. Vers le sixième jour la culture est devenue d’un brun sale, les saillies et les creux n'existent pour ainsi dire plus.

48° Sur les pommes de terre crues, surtout sur celles riches en protoplasma, la culturese fait encore mieux que sur les pommes de terre cuites.

19° Un des ferments des matières albuminoïdes décrit par M. Duclaux, le {yrothrix tenuis, se rapproche beaucoup du bacille mesentericus vulqatus, mais je ne pense pas qu'il soit le même, cependant je ne saurais trop le répéter, ces deux bacilles sont très voisins l’un de l’autre. |

20° Le bacille mesentericus se développe relativement bien entre + 16° et + 20°, la température optimum parait être comprise entre 34° et 41°. Entre + 49°et + 75° il ne se développe pas, mais exposé ensuite à une température plus basse, il se développe.

Chauffé au moins 3 heures entre + 75° et H 88°, il ne se développe plus.

Chauffé à + 90° pendant 20 minutes, il ne se développe plus, mais s’il est chauffé en dehors de la présence de l'oxygène, il faut élever la température à + 92° pour le tuer.

Il faut faire subir aux spores une température de + 115 pendant 10 minutes pour tuer les spores humides ; hors de la présence de l'air il faut élever cette température à au moins —+- 125°.

Les spores sèches ne sont tuées que par une chaleur de + 150° maintenue pendant 20 minutes; hors de la présence de l'air il faut élever la température à 160°.

L'oxygène à des températures élevées joue donc un

certain rôle dans la mort des bacilles et des spores, il y a une oxydation probablement et non seulement une simple coagulation du protoplasma par la chaleur.

21° Le bacille #esentericus présente également une assez forte résistance vis-à-vis des substances dites antiseptiques; ainsi pour empêcher son développement il faut ajouter dans les milieux dans lesquels il a été ensemencé un millième d'acide phénique, vingt-cinq millièmes de bichlorure de mercure, et pour arrêter son développemént lorsqu'il commencé, ilfautélever la dose d'acide phénique à ! quatre-centième et celle du bichlorure de mercure à L vingt-millième. Le suc gastrique n'a aucune action sur lui.

22° Le bacille mesentericus ne se développe que dans les milieux qui contiennent des matières albuminoïdes en solution (albumine animale ou végétale, peptone, caséine, gélatine).

Mis en présence de substances fee pie seules ou additionné de sels minéraux (sucre, amidon, glycose), il nese développe pas; mais si une faible quantité de matière albuminoïde est ajoutée, il vit très bien aux dépens de ces substances.

L'exemple le plus frappant de ce fait est le suivant : on fait une pâte avec de l’amidon, de la dextrine et une solution de sels ayant à peu près la même composition que ceux de la pomme de terre. On divise cette pâte en 3 portions, à l’une on n’ajoute rien, à une autre de la peptone et à la dernière du sérum sanguin. On ensemence avec le bacille mesentericus vulgatus et on met les trois mélanges à côté l’un de l’autre à l’étuve. Sur les deux mélanges contenant les matières albuminoïdes il se développe très bien, mais nullement sur celui qui n’en contient pas.

23° Parmi les sels ceux de potasse et particulièrement le phosphate tribasique lui sont particulièrement favorables.

24° D'une série d'expériences faites sur la respiration du bacille mesentericus vulgatus nous avons trouvé que 1 gramme de plante séché à 100° cultivé dans un bouillon contenant 21,24 de matériaux solides et brülables par litre fixait 1164“, 29 d'oxygène et en transformait 1147%,28 en acide carbonique.

Sion augmente la quantité des matériaux brülables, qu’on les porte par exemple à 24,15, la quantité d'oxygène fixé augmente, elle s'élève à 1602 d'oxygène et la quantité d'oxygène transformé en acide carbonique s'élève aussi, mais proportionnellement plus, car elle est alors de 12.849,70 centimètres cubes.

25° Le bacille mesentericus se développe très bien dans une atmosphère riche en oxygène; une tension égale à cinq fois la tension de ce gaz dans l’air ne l'empêche pas de se développer. Il se développe également dans une atmosphère pauvre en oxygène (2 p. 100), mais pas du tout dans une atmosphère n’en contenant pas; si, après l'avoir laissé plusieurs jours dans une atmosphère n’en contenant pas, on laisse l'air arriver à son contact, il se développe.

26° En employant le procédé de MM. Schutzenberger et Risler pour doser l'oxygène total contenu dans un milieu de culture et en faisant l’analyse de l’atmosphère de l’appareil, j'ai vu que 1 gramme de plante séchée à 100° brûlait et fixait, en 24 heures, 1530,30 centimètres cubes d'oxygène. |

Sion compare ce gramme de plante à un gramme d’un homme adulte faisant un travail modéré, on voit que cette plante dans le même laps de temps en consomme 215 fois plus.

27° L’albumine cuite de l’œuf, mise dans du bouillon faible dans lequel ce bacille est cultivé, devient, vers le troisième jour de la culture, transparente et un peu gonflée; les jours suivants l’albumine se gonfle davantage et se désagrège ; puis elledisparaît, de sorte que vers le neuvième jour on n’en aperçoit plus nulle trace; puis le liquide se fonce et répand une odeur ammoniacale.

Cette dissolution de l’albumine paraît être due à une diastase sécrétée par les micro-organismes et non à une action propre à ceux-ci.

28° La fibrine se dissout exactement de la même manière, mais plus vite, ce qui tient. à sa forme filamenteuse qui lui fait présenter plus de surface d'attaque. Le liquide brunit ensuite fortement et répand une odeur très franche d’ammoniaque.

29° Le bouillon dans lequel on a placé des fragments de

mot & +

gluten donne de très riches cultures; en même temps le gluten est dissous. La couleur du liquide de culture est alors d’un brun acajou. Chauffé, ce liquide dégage d’abord une odeur ammoniacale, puis une odeur de pain frais.

30° Ce micro-organisme cultivé dans de la gélatine la liquéfie très rapidement; en même temps il se fait une culture très abondante. Lorsque la gélatine est entièrement liquéfiée, si on laisse la culture se continuer, la gélatine se fonce en couleur jusqu’à ce qu’elle devienne très brune.

31° Ensemencé dans du lait, le bacille mesentericus pulgatus le coagule d'abord très rapidement; le lait se divise alors en deux couches, en bas le coagulum, en haut le petit lait. Le troisième jour de la culture, le coagulum commence à se dissoudre; il est alors mou, peu dense et se désagrège facilement. Le cinquième jour, la caséine est entièrement dissoute; Le liquide résultant de cette dissolution est jaune clair, sa surface est couverte d’une couche floconneuse et visqueuse formée en majeure partie par le micro-organisme. Versle dixième jour le liquide commence à brunir, enfin vers le vingtième ou le vingt-cinquième jour le lait est transformé en un liquide brun. Ce liquide ne se trouble pas par l’ébullition ; séché, il donne une poudre brune orangée. Dans le lait il se forme toujours un peu d'acide lactique.

32° Le bacille mesentericus dissout également mais plus lentement la caséine coagulée par l’acide lactique, si on a pris soin de la neutraliser.

33° La caséine coagulée puis dissoute dans l’eau à la faveur de sel alcalin est également attaquée par le bacille mesentericus vulqgatus.

34° Le sucre est interverti par ce bacille, en présence toutefois d’une matière albuminoïde; cette interversion se produit, que la solution du sucre soit faible ou concentrée. Cependant la marche du phénomène diffère un peu suivant les cas. Si la solution est faible, la totalité du sucre est totalement intervertie ; si le sucre est contenu à une dose élevée, par exemple à dose supérieure à 300 grammes par litre, on ne trouve dans la liqueur que des quantités de sucre interverti correspondant à 300 grammes environ

de saccharose par litre, et cette quantité reste longtemps constante. Je me suis assuré que cela tenait à ce qu'une fois cette quantité de sucre intervertiatteinte, le saccharose restant dans la liqueur n’était intervertiqu’à mesure qu’une partie dusucre interverti était brûlée ou utilisée par laplante.

Ce bacille ne brüle ou n'utilise qu'une’ faible quantité de sucre interverti par jour, ainsi 25“,38 de saccharose ne le furent qu’en 110 jours.

Une partie du sucre sert à l'édification de nouvelles cellules de ce végétal, car 100 grammes de ce bouillon donnèrent 05,124 de plante séchée à 100°, et 100 grammes de bouillon contenant 10 grammes de sucre donnèrent 05,247 de plante également séchée à 100°; une autre partie est transformée en acide carbonique et en alcool, mais la proportion de ce dernier corps ne dépasse jamais 2 p. 100 dans le liquide de culture.

35° L’amidon cuit est également transformé en une ou des substances réductrices de la liqueur de Fehling, probablement en glucose, maltose et dextrine.

La quantité d’amidon transformée par ce bacille est proportionnellement égale à la quantitéde matière en présence de laquelle il se trouve ; la transformation de l’amidon s’arrête au bout d’un certain nombre de jours, car il se forme dans la culture de l’acide butyrique, et 1 p. 100 de cet acide arrête la végétation de ce micro-organisme, il ne transforme l’amidon que si cet hydrate de carbone se trouve mélangé à des substances albuminoïdes.

36° L’amidon cru est également attaqué par ce microorganisme, mais l'attaque ne se produit qu'à la longue, lorsque le bacille paraît avoir épuisé presque toutes les substances du milieu dans lequel il se trouve; il m'a été impossible de constater que cet amidon était transformé en un sucre réducteur de la liqueur de Fehling ; les grains d’amidon sont régulièrement usés et ils diminuent petit à petit de volume.

L'amidonde riz, plus riche en cellulose que l’amidon des pommes de terre, est attaqué plus lentement.

37° Le bacille mesentericus vulgatus sécrète une diastase qui dissocie Les éléments (cellules et fibres) des végétaux lorsque la formation du bois et du liber n’est pas excessi-

vement avancée; 1l attaque seulement la substance

moyenne des cloisons. En cultivant ce micro-organisme sur des parties de végétal riche en protoplasma ou en plaçant des parties de végétal encore peu dense dans un liquide dans lequel on le cultive, on dissout facilement cette substance, et la simple agitation dans l’eau isole les éléments les uns des autres.

38° Ce micro-organisme n’a nulle action sur l’urée qu'il ne transforme pas en carbonate d'ammoniaque, et cela quelle que soit la richesse de l’urine en matières albuminoïdes.

39° L’aliment donné au bacille mesentericus vulgatus exerce une certaine action sur la quantité des diastases sécrétées par ce micro-organisme.

Dans une solution aqueuse de peptone à 1 p. 100 qui n’est pas un milieu des plus favorables pour ce bacille, il sécrète seulement de l’amnylase et de la sucrase.

Dans le bouillon de veau neutralisé, il sécrète une amylase, une sucrase, une présure, une diastase dissociant les éléments jeunes des tissus végétaux et une autre diastase empéchant la prise de la gélatine.

Si on ajoute à ce bouillon une faible quantité d’amidon ou de sucre, on voit la quantité d’amylase et de sucrase augmenter.

Mais le phénomène de l'influence de l’aliment sur la sécrétion des diastases est surtout marqué avec le lait. Une partie de bouillon nutritif dans lequel le micro-organisme a été cultivé ne peut coaguler que 30 parties de lait, une d’une solution de caséine coagule 60 parties de lait, une de lait coagulé en coagule 140, enfin une de lait neutralisé 1200 parties, de plus dans ce milieu il sécrète une présure qui y est contenue en assez grande quantité pour que une partie de lait dissolve la caséine de 29 volumes de lait.

Mais outre la présure et la caséase on trouve encore dans le lait qui a servi de liquide de culture une sucrase et une amylase.

Sur les pommes de terre crues, ce bacille sécrète de l'amylase et de la sucrase en assez faible proportion et la diastase qui désunit les cellules végétales les unes des autres.

Sur les pommes de terre cuites, nous n'avons trouvé qu’une très faible proportion de sucrase et de caséase.

40° Si on compare la quantité d’amylasesécrétéeen 5 jours par un poids donné du bacille mesentericus vulgatus avec celle qui se trouve dans le même poids de pancréas d’un chien en pleine digestion, on voit que la quantité de cette diastase existant dans le pancréas est deux fois plus considérable, ou deux fois plus forte que celle qui se trouve dans le bouillon qui a servi de milieu de culture à la plante.

Vu et approuvé. Paris, le 25 Mars 1889.

Le Doyen de la Faculté des Sciences HÉBERT.

Vu et permis d'imprimer. Paris, le 25 Mars 1889. Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris GRÉARD.

Fig.

TABLE DES FIGURES ET DES TRACÉS

— Appareil pour recueillir des bactéries de l'air.....,.....

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