CHAPITRE XVII
Comparaison entre la diastase (amylase) sécrétée par le bacille mesentericus vulgatus et celle contenue dans le pancréas.
A propos de la question soulevée par M. Pasteur, relativement au rôle que jouent les bactéries et leurs produits dans la digestion, rôle qui d’après M. Pasteur serait très considérable, si considérable qu'il paraît incliner à penser que sans les bactéries la digestion ne serait pas possible, j'ai voulu comparer autant que possible les quantités de diastases sécrétées par un poids donné du bacille mesentericus vulgatus, avec un même poids de pancréas. Je ne parlerai iei que d’une expérience faite dans ce but comparatif.
J'ai mis en culture un ballon contenant 200 grammes de bouillon nutritif et 0,4 grammes d’amidon ; le cinquième jour la quantité d’amylase abandonnée dans le liquide de culture par Le bacille mesentericus est à son maximum, j'ai alors enlevé la zooglée formée à la surface du liquide, elle pesait humide 1,75 et j'ai mélangé le liquide de culture avec son volume d’un empois d’amidon à 5 p. 100, puis placé Le tout à une température de 57°.
D'un autre côté, j'ai prélevé 1*,75 de matière glandulaire du pancréas d’un chien que je venais de sacrifier, 6 heures après son dernier repas composé de pommes de terre et de graisse. Le pancréas fut broyé de suite avec un peu de poudre de verre et 200 grammes d’eau glacée, puis la liqueur mêlée avec son volume du même empois d’amidon qui m'avait servi pour la liqueur de culture et le mélange fut mis à l’étuve à 57°.
Toutes les heures, je fis le dosage du liquide des deux
ballons à l’aide de la liqueur de Fehling et j'ai obtenu les résultats suivants :
Liquide de culture. Liqueur de pancréas.
(Le sucre réducteur est exprimé en glycose et la quantité rapportée à un litre.) gr. gr.
1h TES des tps 13.33 36.36 2uheures te. CPE EC : 20.12 48.54 Cm OT O0 cote 21.5 49.26 LOL de res nnbiee HCSE 23.4 49.26 Dh sde Mae 23.4 49.26 CPS CEE SPAS EURE 23.4 49°26
L'examen de ces chiffres montrait que la diastase est plus puissante ou plus abondante dans la glande que dans le même poids de plante.
On peut faire diverses objections à mon expérienceet par conséquent infirmer plus ou moins la valeur de mes résultats, je vais essayer de répondre aux objections que je prévois et en discuter la valeur.
On peut me dire que maliqueur pancréatique contenait, outre les produits de la sécrétion des glandulaires, des micro-organismes, puisqu'on en trouve dans les canaux glandulaires du pancréas, cela est parfaitement vrai, mais je ferai observer d’abord que les microbes du pancréas n’ont pu agir par eux-mêmes à cause de la température à laquelle le mélange était maintenu, puis ensuite que la quantité de diastase qu'ils ont pu sécréter dans Les canaux de la glande est bien faible, car s’ils existent incontestablement dans le pancréas vivant, ils ne sont pas très nombreux, par conséquent l’action de leurs produits n’a pas pu dans cette expérience exercer grande influence sur les résultats. Pour voir combien a dû être minime leur influence, il suffit d'estimer dans son esprit le nombre de micro-organismes contenu dans Les 1#,75 de pancréas et de le comparer au nombre de micro-organismes que contenait la zooglée qui a fourni la diastase que nous comparons.
Cette objection me paraît avoir si peu de valeur, que sans vouloir donner mon expérience comme une expérience cruciale, je me crois autorisé à dire que la quantité ou la force de la diastase sécrétée par un poids de pancréas est plus considérable que celle sécrétée par un même poids de bacille mesentericus vulgatus.
LE BACILLE MESENTERICUS VULGATUS. AM
Il serait tentant de tirer de cette expérience des conclusions plus générales sur le rôle des microbes dans la digestion, mais je ne crois pas qu'il soit légitime de lefaire; la question posée : quelle est la part des glandes et quelle est celle des micro-organismes habitant notre tube digestif dans la digestion des aliments? est trop complexe et entourée de trop de difficultés pour qu'il ne soit pas téméraire d'essayer même de la résoudre sans faire un nombre considérable d'expériences. Aussi quoique je puisse apporter ici une série assez nombreuse d'expériences faites avec la muqueuse stomacale et le pancréas d’enfants ayant succombé dans le travail de l’accouchement ou peu d’instants après leur naissance, par conséquent pancréas et estomac exempts de tout germe, car rien n’avait encore pénétré dans le tube digestif, je ne tirerai nulle conclusion générale et me contenterai de la conclusion restreinte que j'ai énoncée, d'autant plus que dans ce travail je traite d’une question plus restreinte.
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