MOELLE D'UN FŒTUS HUMAIN A TERME
La section transversale de la moelle d’un fœtus à terme est presque semblable à celle de la moelle d’un adulte, les seules différences qu’on observe tiennent à ce que la corne latérale est relativement peu développée et à ce que la commissure antérieure est beaucoup plus courte qu’elle ne l’est dans la moelle adulte. Aussi ne décrirons-nous pas l’aspect d’une section de cette moelle et passons-nous de suite aux cellules nerveuses.
Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses de la corne antérieure, de la corne latérale et de la colonne de Clarke présentent toutes une structure identique. Généralement les cellules de la corne latérale et de la colonne de Clarke sont moins volumineuses que les cellules de la corne antérieure.
Les prolongements de ces cellules, sauf bien entendu celui de Deiters, se divisent et se subdivisent souvent, enfin les plus grosses présentent assez fréquemment des saillies et des dépressions, qui rendent leur forme très compliquée. Leur volume comme dans la moelle aduite est très variable, on entrouve de très grosses, d’autres qui le sont moins, enfin d’excessivement petites n'ayant généralement pas plus de 2, 3 ou 4 prolongements.
Presque tous offrent la structure intime des cellules nerveuses adultes; en effet, on distingue, tant dans le protoplasma central que dans celui des prolongements, des fibrilles très fines qui ont été décrites en premier lieu par Remak puis par M. Schultze. Les granulations que concontient le protoplasma sont devenues très fines et réfringentes (pl VIL, fig. 4 et 5).
Jamais elles ne renferment, comme Eichhorst l’a du reste déjà dit (oc. cit., p. 450), de granulations pigmentaires. Ce fait vient à l'appui de l'opinion de ceux qui considèrent ces granulations comme des produits de désintégration.
Les cellules des cornes postérieures sont moins bien développées; elles ne présentent que rarement une striation due aux fibrilles, mais presque toutes ont leurs granulations rangées en séries linéaires. Cet état ne se prolonge pas longtemps après la naissance, car ayant eu l’occasion d'examiner la moelle d’un enfant de trois mois, j'ai vu que les cellules des cornes postérieures contenaient de fines fibrilles.
Chez presque tous les animaux nouveau-nés que j'ai examinés, j'ai retrouvé presque le même état des cellules nerveuses, que celui que je viens de décrire chez l’homme ; il faut cependant en excepter le chat et le lapin nouveaunés; chez ces deux animaux, aucune cellule ne renfermait de fibrilles ; par contre, chez le veau nouveau-né, la fibrillation des cellules est facilement visible, mais cet aspect est dû probablement à ce que, chez cetanimal, les cellules nerveusessont d’un volume relativement considérable, ce qui rend l'observation des détails de structure plus facile à faire.
Après avoir suivi l’évolution des cellules nerveuses, nous étudierons la formation des fibres de la substance blanche, car elles constituent, avec les cellules nerveuses, ainsi que nous le montrerons plus loin, un tout continu, qui ne devrait pas en être séparé; cependant afin de suivre l’ordre généralement adopté et surtout afin de ne pas embrouiller la question, nous les décrirons dans un chapitre à part.
Mais avant d'exposer les résultats de nos propres recherches, nous exposerons d’abord les opinions de nos devanciers.