PIGMENT DU BACILLE VIOLET DE HARTLEY
W.-J. HARTLEY a étudié en 1913 un Bacille identique à B. violaceus. Il préconise pour la culture de ce germe un milieu favorisant la production de pigment ainsi composé :
Chiorurevde sodium CRE tr nee O gr. 5 Phosphate” de” potAssitiin PRO ER 1'et:
Sulfate- de magnésium et nn Ogre SE Chiôturerde calclumie Re RE traces Carbonatertde imaonésie Fe MERE Re O'pr: 03 Éatt-istiliée ECHEC RER RATE 1000 cm
Cette solution fut divisée en 5 parties. Chaque partie reçut 3 % de gélose. Une partie fut laissée ainsi. Les quatre autres parties reçurent respectivement : soit 3 % de glucose, soit 2 % de lactose, soit 2 % d’amidon, soit 1 % d’urée ou de peptone. Les milieux les plus favorables à la production de pigment furent ceux contenant du lactose ou de l’amidon. La production d’un pigment abondant se manifestait en six jours de culture à 2OC:
Extraction du pigment suivant la technique de HARTLEY
Pour préparer le pigment, HARTLEY utilise une culture sur pomime de terre. Les corps microbiens sont épuisés par l'alcool absolu au soxhlet. Le liquide ainsi obtenu est mis à décanter huit jours durant. On obtient ainsi un liquide violet ne contenant plus d’amidon provenant de la pomme de terre. La solution évaporée dans le vide laisse déposer une masse amorphe violette, presque noire, donnant en solution alcoolique une teinte violette. Ce pigment est soluble dans l’éther et le chloroforme. Les réac-
tions furent étudiées ainsi: On répartit dans dix tubes 1 cm° 5 de solution alcolique de pigment, on ajoute ensuite :
Tube n° 1. — 0,5 cc. de solution de potasse normale: la couleur vire au bleu, puis au vert, puis au jaune.
Tube n° 2. — 0,5 cc. de solution de carbonate de soude normale: la teinte violette vire au bleu foncé.
Tube n° 3. — o,1 cc. d'acide sulfurique concentré: la teinte violette vire au vert.
Tube n° 4. — 0,3 cc. d'acide sulfurique concentré: la teinte violette vire au jaune.
Tube n° 5. — 0,3 cc. d’acide azotique: la teinte violette vire au jaune.
Tube n° 6. — 0,2 cc. d’ammoniaque concentrée: la solution se décolore immédiatement; l'addition ultérieure d’acide acétique ne ramène pas la coloration. L’ammoniaque diluée fait d’abord virer le pigment au vert avant d’en décolorer la solution.
Tube n° 7. — o,1 cc. d’eau de Brôme: la coloration disparaît immédiatement.
Tube n° 8. — 0,5 cc. d’eau oxygénée: la teinte de la solution vire au bleu opalescent. Ceci semble dû à la précipitation des pigments par l’eau.
Tube n° 9. — 0,5 cc. de chlorure d’étain: le pigment précipite.
Tube n° 10. — 0,5 cc. d’éther: la solution prend une teinte pourpre.
Le pigment agit comme indicateur, vire au bleu avec les alcalis forts et au vert avec les alcalis faibles.
HARTLEY a tenté d’absorber le pigment avec de la craie, mais n’a pu y parvenir.
Le pouvoir tinctorial de ce pigment est très faible. Des échantillons de laine, soie, coton ne se colorent pas; seule, la toile de lin prend une légère teinte bleue.
Une exposition de 12 heures au soleil décolore presque complètement une solution alcoolique. Une légère teinte rouge subsiste.
Spectre d'absorption
L'étude d’une solution de pigment contenant 0,22 gr. % de pigment füt faite au spectroscope de ZEIss. Sous une épaisseur de 10 mm., il y avait absorption totale des rayons rouges. Le bleu et l’indigo étaient seuls trans-
mis. Sous une épaisseur de 5 mm., l'absorption allait de À = 640 à À = 490. Une transmission de rayons rouges s’effectuait de À = 670 à À = 640. Sous une couche de 25 mm. d'épaisseur l’absorption était totale.
Les expériences de HARTLEY (1913) tendraient à prouver que le pigment étudié par ce Savant serait différent de celui examiné par LASSEUR et GIRARDET, D'après ceux-ci HARTLEY avant fait varier la concentration des solutions aurait certainement observé la deuxième bande, si elle avait existé. De plus au point de vue tinctorial les deux pigments se comportent
de différentes facons.
En ce qui concerne les faits signalés par LECOQ DE BoisBAUDRAN, le maximum d'absorption À = 581 qu’il a signalé, correspondrait au maximum attribué à la deuxième bande par LASSEUR et GIRARDET.
JIIL. — PIGMENT SÉCRÉTÉ PAR B. LE MONNIERI LASSEUR
B. Le Monmeri sécrète un pigment bleu à côté d’un pigment fluorescent. Le colorant bleu imprègne le corps bactérien et existe en outre sous forme de grains très fins. Dans les cultures de B. Le Monnieri, LASSEUR et VERNIER (1925) ont décrit deux catégories de plastides: les unes peu colorées paraissent de structure homogène et relativement peu mobiles, les autres présentant au centre un gros grain chromatique d’un bleu plus foncé, celles-ci très mobiles.
Le pigment bleu sécrété par B. Le Monmieri est un colorant au sens de Wirr. I] teint la soie en bleu; sous l’action d’un lavage à l’eau la coloration bleue persiste. Elle vire au violet sous l’action de l’ammoniaque et verdit dans un acide fort, tout en se décolorant peu à peu. Le fait que la soie se colore en bleu dans une culture, implique une certaine solubilité dans l’eau, du colorant à l’état naissant, tandis qu'il serait insoluble ultérieurement.
Par les procédés habituels Lasseur et VERNIER ont été dans l'impossibilité de faire cristalliser la substance bleue. Les formes cristallines si variables dans un même milieu, colorées en bleu ne peuvent se voir attribuer aucune valeur précise, Elles consisteraient peut-être en cristaux minéraux ou organiques, qui se seraient teints en bleu sous l’action du pigment.
Pour extraire la matière colorante bleue, LASSEUR a eu recours à la Pyridine.
Il précipitait la matière colorante en solution pyridinique, à l’aide de