MORPHOLOGIE I. — EXAMEN A L'ÉTAT NATUREL
Aspect.et Dimension
L'aspect d’une Bactérie est quelque chose d’assez variable. I1 existe des formes en bâtonnets (Bacillus), fusiformes (Mantegazzea), rondes (Micrococcus) et sinueuses (Spirosoma).
La variation des dimensions des éléments rencontrés dans une culture et les discordances observées dans la mensuration expliquent le peu de faveur dont semble jouir ce point important de la morphologie qu'est le facteur longueur et largeur.
La morphologie si en honneur au début de l'étude de la Bactériologi2 avait fait attribuer une grande importance à la notion de dimensions que possédaient les plastides. Le rôle de la virulence et du pouvoir pathogène qui de bonne heure captiva les esprits devait amener les Savants à négliger la notion de dimensions. Le polymorphisme en effet prenant chaque jour plus d'importance faisait perdre une partie de sa valeur à cet élément de diagnose.
La mise en évidence d’un cycle d'évolution chez les Bactéries devait donner un regain d'actualité au point de vue morphologique.
La biométrie avait en effet suscité de très intéressantes recherches dans le domaine des Sciences naturelles comme dans d’autres ordres de Sciences.
Si GOTTHEIL (1901), GRIMME (1902), À. MEYER (1912), avaient souligné les causes d'erreurs qu'entrainait la mesure des Bactéries, Ph. Lasskur en inspirant les travaux de NEPVEUX (1920), PALGEN (1925), Minoux (1926-27), RoriIN (1929), devait apporter de précieuses indications concernant la mensuration des Bactéries.
LassEUR formula une hypothèse suivant laquelle chez les Bactéries en forme de bâtonnets il existait une relation entre la longueur et la largeur
d’une élément (Rapport de LassEuR). Grâce à l'établissement du rapport
T° PALGEN a montré le rôle de certains éléments chimiques comme agents
modificateurs des dimensions bactériennes, A l’aide du même rapport, Mi- NOUX a défini ce qu'on entend par forme bactérienne normale. Les données ainsi rassemblées devaient être appliquées un peu plus tard par Ro- LIN au Laboratoire de M. LAssEUR.
Mesurer des Bactéries nécessite certaines précautions et la technique à employer dans ce but n'est pas indifférente.
Il existe toute une série de procédés pour parvenir à ce but. Ceux-ci ont été étudiés par MiINoUX dans un remarquable travail. Nous les rappellerons cependant brièvement :
1° procédés directs: le plus important de ceux-ci est la filtration. Cette technique est très compliquée car elle est sous la dépendance de trop nombreux facteurs pour être pratiquée d’une façon courante (BECHHOLD).
2° procédés indirects :
a) emploi du micromètre oculaire, Bien que très simple en théorie cette technique ne donne pas pratiquement de bons résultats. Il faut en effet avoir affaire à des Bactéries présentant des granulations polaires bien nettes pour obtenir des résultats précis. D'autre part, il est très difficile d'apprécier des fractions de division du micromètre oculaire.
b) emploi du micromètre objectif: on peut avoir recours au dessin À la chambre claire et utiliser le procédé de LANGERON (1913) complété par Lasseur et G. PARISOT qui utilisaient une graduation transparente obtenue sur plaque photographique du cliché du dessin de LANGERON.
c) emploi des appareils divers pour projeter où dessiner les images obtenues à l’aide du microscope.
La forme d’une Bactérie étant l'expression d’un état d'équilibre du microbe avec le milieu (LASSEUR), le milieu utilisé doit avoir une constitution chimique parfaitement définie, pour donner des résultats comparables.
Motilité
Les plastides bactériennes sont les unes susceptibles de mouvements propres, les autres en sont dépourvues. Cette motilité a été bien étudiée pour la première fois par LEKUWENOECK. C'est un excellent caractère dans la diagnose des germes quand on a soin d’en préciser la nature et les conditions dans lesquelles son étude a été effectuée.
Il ne faut pas confondre le mouvement vital avec celui que l'on appelle mouvement brownien, du nom de BROWN qui l’a décrit en 1827.
Le mouvement brownien très important pour de très petites particules dispersées, est très sensible néanmoins chez des éléments de la dimension des plastides bactériennes. Il est le résultat du mouvement incessant qui anime les molécules d'un fluide et des chocs qui en résultent sur les particules en suspension.