Lumière
Des expériences anciennes ont mis en évidence l’action catalysante ou activante de la lumière sur les processus chimiques. Tout le monde connaît l'action de la lumière sur un mélange de gaz hydrogène et de gaz chlore. En Bactériologie, on observe des phénomènes analogues. La lumière agit sur le milieu, sur la plastide. Certaines substances, ajoutées au milieu dé culture, peuvent encore se conduire comme des véhicules d’énergie et transmettre au substratum nutritif l’énergie reçue de la lumière. C'est le cas de certaines matières colorantes.
La lumière agissant sur le milieu en modifie considérablement la constitution, c’est ainsi qu’elle peut y former des acides, de l’eau oxygénée, de l'ozone. La lumière acidifie les milieux de culture, oxyde les corps gras et les saponife, oxyde les sucres en milieux alcalins. Toutes causes qui agiront de façon notable sur la vie du germe.
Si la lumière n’agit pas directement en détruisant les spores de certaines Bactéries, elle s'oppose du moins à la germination par les produits d’oxydation dont elle détermine la formation dans les milieux de culture.
En règle générale la lumière est particulièrement nuisible aux Bactéries dépourvues de pigment.
Lorsqu'on étudie l’action de la lumière solaire sur ces organismes, il est nécessaire de faire intervenir la pression d'oxygène, la température, la dessication ou le degré d’humidité.
L'action de la lumière dépend de son intensité d’une part (quantité) de la nature des radiations d'autre part (qualité). La lumière diffuse est très peu active et peut même avoir une action nulle. Les rayons rouges semblent favoriser le développement des microbes. Les rayons ultra-violets ont une action néfaste sur les plastides bactériennes.
Dans les essais d'insolation, la durée d'exposition aux rayons influe considérablement sur la nature des microbes. Il est possible de faire perdre leur pouvoir chromogène à des cultures de B. prodigiosus ou certains germes chromogènes. Une culture de B. anthracis soumise à l'insolation peut également perdre sa virulence.
(1) Nous renvoyons le lecteur au travail de A. Düpaix (1933) pour la technique expérimentale à suivre dans l'étude de l’action de la température sur les germes bactériens.
OI
Les Bactéries qui ont été tuées par l’action de la lumière présentent à l'examen microscopique une désorganisation particulièrement profonde, se traduisant par l'apparition de nombreuses granulations. On peut parfois noter de même une perte d’affinités pour certains colorants.