CHAPITRE II
BACILLUS CŒLICOLOR Reiner Muller 1908
B. cælicolor a été isolé en même temps que Streptothrix cœlicolor par REINER MULLER en 1908.
MORPHOLOGIE
Ce germe se présente sous la forme de petits bâtonnets d’une largeur sensiblement égale à celle du Bacille diphtérique, mais de longueur moindre. Il a été rangé par REINER MULLER dans le groupe des Bacilles diphtériques.
Assez rarement cependant ce savant a rencontré des formes en massue dans des cultures sur pomme de terre effectuées à 36° C. Les cultures âgées présentent des formes ramifiées.
MOTILITE
Toutes les formes observées étaient immobiles et ne présentaient pas de fouets.
MODE DE GROUPEMENT
Le mode d’association des plastides est variable suivant l’âge de la culture, les formes rencontrées et les milieux utilisés. Les éléments jeunes sont groupés en V ou en amas analogues à ceux du Bacille diphtérique. Parfois on constate la présence de Bacilles isolés, environ deux à trois fois plus longs que larges. Dans les cultures sur lait, conservées pendant un certain temps à la température du laboratoire, on voit apparaître des formes ramifiées. Les cultures sur gélatine donnent des formes plus longues encore, tandis que le sérum coagulé et la gélose bouillon ne permettent d'obtenir que des éléments très courts ; les Bacilles sont si courts qu’il est très difhcile de les différencier des cocci ovoides.
2 af = SPORES
B. cœlicolor ne présente pas de spores.
COLORABILITÉ
Le germe d’après MULLER prend bien le Gram. La méthode de NEts- SER colorerait d’une façon élective les éléments isolés seulement.
TEMPÉRATURE
B. cœlicolor se développe à des températures variant de 15° C. jusqu’à 56° C. Mais l’optimum de température est entre 22° et 25° C. pour sa multiplication comme pour sa chromogénèse. Cette dernière disparaitrait complètement à 36° C.
AGENTSPHYSIQUES EL CHIMIQUES
Les cultures de B. cœlicolor doivent être conservées à l’abri de la dessication et de la lumière ; dans de telles conditions elles sont vivaces et donnent encore un développement après plus d’un an de séjour à la température ordinaire.
Pour végéter B. cœlicolor réclame un milieu légèrement acide. Il ne peut croître d'habitude dans la profondeur du milieu.
CARACTÈRES DE CULTURE MILIEUX SOLIDES
Gélose. — Une culture de quelques jours prend sur gélose l'aspect d’un enduit blanc grisätre, humide, contenant de nombreux petits cristaux. L’addition à la gélose de 5 % de chlorure de sodium ne semble pas gêner la culture.
Gélose glycérinée. — La culture en strie sur gélose glycérinée donne des colonies visqueuses, élastiques qui s’enlèvent difficilement avec un fil de platine. La culture se fait d’ailleurs plus lentement que sur gélose ordinaire.
Gélose glucosée. — En cultivant B. cœlicolor sur gélose glucosée on obtient des colonies analogues à celles observées sur gélose glycérinée. Dans les vieilles cultures les colonies sont encore plus visqueuses et gommeuses.
Gélose d'Endo. — I1 a été impossible d'obtenir une culture sur gélose d'Endo malgré des essais répétés.
Gélose au lait. — Sur gélose au lait apparaissent des colonies bleues qui après plusieurs jours deviennent jaune-brun.
Gélatine. — La gélatine semble assez favorable au développement de B. cælicolor. Elle se liquéfie lentement en devenant glaireuse et filante. C’est ce que l’on observe de même sur sérum coagulé. On peut accélérer la croissance de la culture en ajoutant du glucose ou au contraire la diminuer en acidifiant la gélatine ou en y ajoutant de la glycérine.
Pomme de terre. — La pomme de terre constitue un milieu d'élection pour B. cœhcolor. Il s’y développe très rapidement, ce que l’on peut déjà constater 14 heures après l’ensemencement. Au bout de deux ou trois jours, les régions environnant le point ensemencé se colorent en bleu clair, tandis que la culture elle-même est beaucoup moins colorée. Peu à peu la pigmentation envahit tout le tubercule. Après un délai de huit à quatorze jours apparait une coloration jaune brun sale : le développement est alors si abondant que la culture déborde du substratum. \
La pomme de terre glycérinée semble moins favorable à la culture de B. cælicolor et à la production de son pigment, que la pomme de terre non glycérinée.
Carotte. — Betterave. — B. cœlicolor se développe sur carotte et sur betterave mais n’y produit pas de coloration bleue.
MILIEUX LIQUIDES
Bouillon. — Sur bouillon B. cœlicolor se développe mal. Il ne donne pas de voile, mais seulement un trouble uniforme. |
En utilisant du bouillon de pigeon glucosé, MULLER a obtenu des collerettes à la surface du liquide. De celles-ci partaient des filaments descendant jusqu’au fond du tube.
Lait. — Le lait semble assez peu favorable au développement de B. cælicolor. La coloration bleue n’apparaît parfois qu'après dix jours de culture, quelquefois le troisième ou le quatrième jour. Elle s'étend jusqu’à 1 cm. au-dessous de la surface et donne dans la suite une coloration jaune
-brun qui ne peut régénérer la coloration primitive par agitation du tube. L'intensité de la coloration varie avec les différents essais sur lait. Peu
Re
à peu le lait s’éclaircit, se peptonise mais on n’observe pas de coagulation
même à 30° C.
INDOL
En milieu peptoné comme en bouillon B. cælicolor produit de l’indol.
POUVOIR FERMENTATIF
B. cœælicolor fermente le saccharose, le levulose, le dextrose. Il attaque ja glycérine. Après le rougissement des milieux sucrés additionnés de tournesol on observe un bleuissement.
B. cœlicolor n’attaque pas l’arabinose, la dulcite, la mannite, le galactose, le maltose, le lactose, le raffinose, la dextrine, l’inuline et l’amidon soluble.
Sous l’action de B .cælicolor l’hémoglobine ne change pas de couleur et n’est pas décomposée d’où la non formation de halo entourant les colonies
développées sur plaque de sang gélosé.
PIGMENT
La formation du pigment est sous la dépendance du milieu et de la température.
Murcer fait remarquer que la colonie de B. cælicolor est moins colorée que le substratum. Il en conclut que la Bactérie ne produit pas ellemême son pigment car dans ce cas la colonie devrait en contenir la plus grande partie. Il suppose au contraire que B. cælicolor sécrète une substance chromogène qui, réagissant sur des constituants déterminés du substratum, donnerait une coloration bleue.
Propriétés. — Ce pigment a été appelé amylocyanine, par REINER Muzzer. Il est bleu ciel, soluble seulement dans l’eau, les milieux aqueux et l'alcool faible. Il est insoluble dans l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, l'alcool amylique, la benzine, l'éther de pétrole, le xydol, le terpinol. Le résidu bleu foncé, obtenu en évaporant une solution aqueuse à 60 °C. sous une pression de 50 cm. de Hg, se dissout immédiatement dans l'eau, mais au contraire très lentement dans la glycérine. Cette faible solubilité du pigment dans la glycérine serait dûe d’après MULLER à la présence d'une certaine quantité d'eau dans la glycérine utilisée.
On ne peut obtenir ce pigment cristallisé; c'est ainsi qu’en employant: