ACTION SUR LES NITRATES
B. violarius acetonicus réduit les nitrates en nitrites sans dégagement gazeux.
PRODUCTION D'ACETONE
SHARDINGEN (1904) avait déjà signalé un Bacille produisant de l’acétone. B. macerans, découvert dans les eaux de rouissage, produit en effet de l’acétone et de l’alcool à partir de divers hydrates de carbone.
B. violarius acetonicus fournit de l’acétone. Cette production est arrêtée par la formation d’ammoniaque. Le rendement en acétone est dans ces conditions assez faible (environ 0,2 à 0,4 pour 1.000). Pour améliorer ie rendement on peut ajouter au milieu du carbonate de chaux. De cette manière le liquide reste neutre et la production d’acétone peut alors atteindre I gr. 3 par litre.
BRÉAUDAT produit avec ce germe de l’acétone en quantité notable er utilisant le milieu suivant :
PeptoneChapateeus 0 272 10 gr.
SACCHATOSE ART AA 35 :8T:
Carbonate de Potasse . . ..... 45 gr.
FatAis ill RARES ++ IO00 cm
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Ch ŒiS
BACTERIUM CRISTALLINO VIOLACEUM SP. NOV. CHOLKEVITCH
Cette espèce a été décrite il y a peu de temps par CHOLKEVITCH (1922) qui l'avait isolée d’un morceau de tourbe provenant des environs de Leningrad.
MORPHOLOGIE
Bacterium cristallino violaceum est un germe mobile dans les cultures jeunes. Il présente des extrémités arrondies. Ses dimensions selon le milieu varient de 3 & 25 à 2 w 25 de longueur. En milieu liquide la longueur n’est que de 1 & 5 et la largeur comprise en © à 75 et Oo & 37.
En cultures jeunes de 48 heures sur gélose glycérinée, les bâtonnets se présentent isolés ou groupés par deux. Dans les vieilles cultures, on trouve des chainettes longues et filamenteuses, parfois renflées, contenant une grande quantité de grains métachromatiques. Quelquefois dans les cultures âgées, on remarque des cellules renflées en forme d'’épingle, de fuseau ou de boule qui sont bourrées de grains métachromatiques que l’auteur appelle « dégénérescence métachromatique ».
Coloration et structure. — Dans les cultures jeunes les bâtonnets ont une membrane fine et incolore qui s’épaissit dans les cultures âgées, en se colorant souvent en jaune rouge, plus rarement en violet. À chaque extrémité du bâtonnet se trouve un gros grain polaire de volutine.
Capsule. — Le bâtonnet est entouré d’une grosse capsule visible sans coloration, mais très perceptible lorsqu'il est traité par la technique à l'encre de Chine.
COLORABILITÉ
Bacterium cristallino violaceum ne prend pas le Gram.
SPORULATION
Cette Bactérie ne donne pas de spores.
PIGMENT
Dans les cultures de 24 heures, l’auteur décrit un processus de destruction des Bacilles, qui s’agglutinent en une masse informe où ne dominent
bientôt plus que des grains polaires constituant des amas. Cette masse homogène de grains cristallise bientôt en aïguilles violettes, plus rarement jaunes ou rouges. Sur ces cristaux on voit toujours des débris du corps granulé multicolore dont ils proviennent.
Les cristaux forment des agrégats en forme d’éventail, de papillon, parfois ils sont isolés ou constituent de longs filaments jaunes, rouges ou violets.
Dans les cultures jeunes, sur la gélose glycérinée en particulier, il se forme des plaques violettes qui disparaissent, tandis que le milieu nutritif se colore en violet sale. Les colonies présentent à leur pourtour des étoiles étroitement accolées, se composant d’aiguilles cristallines jaunes et violettes, montrant encore des restes de corps microbiens.
Le pigment serait un produit d’excrétion, il serait fixé par le corps des Bactéries mortes et constituerait des corps granulés amorphes, analogues aux sphérites décrits par BEIJERINCK chez B. cyaneo-fuscus.
Propriétés du pigment. — Les cristaux violets formés dans les cultures sont insolubles dans l’eau, à froid ou à l’ébullition, dans l’éther sulfurique, le xylol, la benzine, le chloroforme, la glycérine et les alcools.
L'auteur n’a pu séparer de leur squelette albuminoïde la matière colorante des cristaux sphériques.
Sous l’action des solutions alcalines faibles on obtient un liquide bleuàtre, qui devient violet et le demeure sous l’action de solutions faibles des acides chlorhydrique et azotique.
Examen spectroscopique. — L'examen spectroscopique des lames enduites de pigment non purifié a donné deux bandes d'absorption (essais effectués par le Professeur LUBIMENKO). La première, très nette, s'étend de À — 585 à À = 625. La deuxième, plus faible, s'étend de À = 510 à Àt= 480.
B. JANTHINUS (ZOPF) Flugge 1886
B. janthinus ZOPF a été encore appelé Bacterium ianthinum Zopr 1885, Bacillus janthinus ZIMMERMANN 1800; Pseudomonas ianthina (Zorr) Mi- GULA 1900; Chromobacterium janthinum BERGEY 1023.
B. janthinus ZOPr a été décrit par FLUGGE en 1886, par BuywiDp en 1888 et par LusrTiG en 1893. Il avait été isolé d’une eau de conduite. De nombreux auteurs tels que HUEPPE, ZIMMERMANN (18090) l’ont trouvé de même dans l’eau.
MORPHOLOGIE
B. janthinus se présente sous la forme d'un germe en bâtonnet de 1 & 3 à 3 & 5 de longueur, sur o & 6 de largeur. Les extrémités de celui-ci sont arrondies. Mis en émulsion dans l’eau physiologique ou en culture sur nulieu liquide, ce germe est animé d’un mouvement de rotation sur luimême, grâce à de longs fouets polaires.
Il ne possède pas de spores.
COLORABILITÉ
B. janthinus ne se colore pas par la méthode de GRAM.
TEMPÉRATURE
La température optimum de culture de B. janthinus se trouve aux envilOhs dé 152€:
AÉROBIOSE
La présence d'oxygène n’est pas nécessaire à son développement.
CARACRERESLDE "CULTURE
Les aspects culturaux sont les meilleurs caractères de différenciation de B. janthinus.
MILIEUX SOLIDES
Gélatine. — Ensemencé sur gélatine B. janthinus donne des colonies bleutées, irisées ou violet sombre.
La gélatine n'est liquéfiée que très lentement et seulement par les colonies de surface. Les colonies profondes ne la liquéfient pas et ne produisent pas de pigment.
Gélose. — Le gélose ne permet d’obtenir des cultures colorées qu'après plusieurs semaines. À ce moment, les colonies sont d’un beau violet foncé.
Pomme de terre. — La pomme de terre constitue de même un milieu très favorable à la culture de B. janthinus.
MILIEUX LIQUIDES
Les milieux de culture liquides ne sont pas favorables à la végétation de B. janthinus. Les plastides se multiplient lentement en donnant un trouble uniforme. Seule la surface se colore en bleu très pâle. Après cinq à six semaines de séjour à la température du laboratoire, on obtient une culture se composant d’un dépôt que surmonte un liquide louche dont la surface seule est violette.
PIGMENT
Le pigment produit par B. janthinus n’a pas pu être isolé.
Le germe isolé quelques années auparavant par PLAGGE et PROSKAUER et que nous allons étudier maintenant, serait à rapprocher de B. janthinus.
B. LIVIDUS Plagge et Proskauer 1887
Bacillus lividus est encore appelé Bacterium lividum (PLAGGE et Pros- KAUER) MIGULA 1900: Chromobacterium lividum (FLUGGE) BERGEY 1923.
Ce germe a été décrit en 1887 par PLAGGE et PROSKAUER qui l'avaient isolé d’une eau de conduite de Berlin.
MORPHOLOGIE
C'est une Bactérie chromogène produisant un pigment noir bleu intense
sur gélatine et mesurant de 1 w 5 à 4 u 7. Elle se présente sous la forme d’un bâtonnet à bouts arrondis.
MOTILITÉ
En appliquant diverses méthodes de coloration et de culture les auteurs r'ont mis en évidence ni spores ni fouets. Il est donc à présumer que la motilité assez faible d’ailleurs n’est pas dûe à des cils. Cependant d’après BERGEY (1923) B. hvidus est mobile et possède des fouets ; de plus, d’après MiGuLA, il donne des spores.
COLORABILITÉ
Le Bacille de PLAGGE et PROSKAUER se décolore assez rapidement par
la méthode de Gram. ;
TEMPÉRATURE
Ce Bacille se développe rapidement à la température ordinaire soit en présence d'oxygène, soit en son absence.
CARACTÈRES DE CULTURE
Gélatine. — Un des milieux les plus favorables à la culture du Bacille de PLAGGE et PROSKAUER est la gélatine. Sur ce substratum, il donne d’abord à la température du laboratoire des colonies gris clair, s'étendant pour former des plaques. À la surface de celles-ci, on voit apparaitre au bout d’un certain temps des grains de matière colorante.
Sur gélatine se développent deux sortes de colonies: les unes super-
ficielles donnant un pigment noir bleu ne diffusant pas dans la gélatine, les autres profondes incolores.
PLAGGE et PROSKAUER (1887) et Voces (1893) ont montré que ce bacille produisait, au bout d’un temps plus ou moins long, une faible liquéfaction à la surface de la gélatine et un léger enfoncement des colonies.
Gélose. — Sur gélose, la multiplication des plastides et la production de pigment sont ralenties.
Pomme de terre. — Sur pomme de terre, on note la présence d’une culture luisante, visqueuse, se colorant rapidement en bleu noir.
Lait. — Sur lait, ce germe se développe abondamment en produisant un non moins abondant pigment.
Il semble donc à l'examen de ces caractères que la fonction chromogène soit sous la dépendance de la présence de l'oxygène de l'air.
es 99 — B. MEMBRANACEUS AMETHYSTINUS Eisenberg 1891
B. membranaceus amethystinus est encore connu sous le nom de Bacterium- amethystinum (EISENBERG) MIGULA 1900; et de Chromobacterium membranaceum BERGEY 1023.
B. membranaceus amethystinus fut découvert en 1891 dans l’eau d’un puits de Spolato et décrit par EISENBERG. Une variété « mobilis » a été décrite en 1892 par GERMANO.
MORPHOLOGIE
C’est un bâtonnet aux bouts arrondis d’une longueur de 1 & à 1 & 4 et de Oo à 5 à Oo à 8 de large. EISENBERG n’a observé aucune forme d’involution.
Reproduction. — La reproduction se fait par division. B. membranaceus amethystinus ne paraît pas avoir de spores.
MOTILITÉ
Ce germe est complètement immobile.