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ACTION DE QUELQUES FACTEURS SUR LA CHROMOGÉNÈSE BACTÉRIENNE

De nombreux savants ont attaché leur nom à l’étude des conditions de production des pigments. Le pouvoir chromogène a été considéré pendant longtemps comme une propriété variable de la plastide bactérienne. 11 pouvait être maximum, faible, ou nul. On n’avait pu préciser les facteurs agissant sur lui.

LassEUR en étudiant le rôle de divers électrolytes à l’état de traces, de l’action de la nature et de la surface des parois sur la chromogénèse, est incontestablement l’auteur qui a le plus contribué à définir les conditions de production des pigments.

C'est à Nancy de même qu'ont été effectuées les premières recherches sur l'influence du fer sur la chromogénèse bactérienne.

Certaines Bactéries colorent le milieu nutritif en formant un sel de fer (c’est le cas des germes du groupe subtilis, mesentericus, megatherium). Ce cas est excessivement rare; cet élément n'intervient pas d'ordinaire dans la constitution chimique du pigment. Le fer agit comme catalyseur et son rôle est bien connu en ce qui concerne les échanges respiratoires des tissus musculaires et les oxydations biologiques.

Dans d’autres cas, comme celui de certains germes tels que B. pyocyaneus, B. cyaneo fluorescens ZANGEMEISTER, le fer n’agit que pour augmenter, dans des proportions considérables, la production du pigment qui, sans lui, n'aurait existé qu'a l’état de traces.

Enfin chez d’autres Bactéries telles que B. chlororaphis, B. Le Monnieri, B. caryocyaneus, B. prodigiosus, le fer est indispensable à la production des pigments, mais des quantités extrêmement faibles suffisent à la chromogénèse. |

Ces notions préliminaires étant soulignées nous allons étudier maintenant quelques-uns des facteurs, agissant sur la chromogénèse bactérienne.

INFLUENCE DE QUELQUES AGENTS -PAYSIOUES I. — ACTION DE LA TEMPÉRATURE SUR LES BACTÉRIES CHROMOGÈNES

La température de culture des Bactéries n’est pas sans influence sur la chromogénèse bactérienne. Les expériences de SCHOTTELLUS (1887), Was- SERZUG (1888), DELANOE (1906) ont montré qu’il était possible d'obtenir des cultures achromogènes de B. prodigiosus en soumettant les plastides de cette espèce à des températures de 37°-30° C. durant quinze à vingt passages.

Etudiant B. Le Monnieri, LaAssEur et VERNIER (1923) ont montré que l’optimum pour la production du chromogène bleu, sécrété par ce germe, était aux environs de 20°-22° C. Au-dessus de 30° C., en même temps qu'on note un ralentissement de la végétation, il est facile de constater une réduction et même un arrêt de la production de la matière colorants.

Le maintien à la température optimum de développement de la pigmentation, conduit rapidement à une atténuation et même parfois à une perte totale de la fonction chromogène. On note en même temps une diminution de la vitalité des Bactéries. Faisant pousser B. caryocyaneus à la température de 39° à 40° C., À. DupPAIX (1933) a obtenu, par passages successifs et sélection des tubes de culture, des souches se développant bien à ces températures; mais elles ne sécrétaient plus aucun pigment. La perte du pouvoir chromogène coïncide bien avec une diminution de la vitalité de la Bactérie, car après une cinquantaine de passages à 402 C. la souche ne se développe plus.

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