IT. — ACTION DE LA LUMIÈRE SUR LES BACTÉRIES CHROMOGÈNES
De nombreuses recherches ont signalé l’influence de la lumière sur les pigments sécrétés par les Bactéries. GaïLLARD (1888) a montré que la lumière était préjudiciable à la sécrétion du pigment de Sfaphylococcus pyogenes aureus, B. prodigiosus, etc... LAURENT (1890) a signalé de même que les radiations solaires ont une action néfaste sur la matière rouge, sécrétée par le Bacille rouge de KIeL. Il a même montré qu’à partir d’un germe de cette espèce soumis à l’insolation durant un certain temps, il était possible d'obtenir une modification blanche des plus stables dans la descendance.
Séparant les radiations calorifiques des radiations chimiques, les premières à l’aide d’une solution d’alun, les secondes avec une solution de sulfate de quinine, LAURENT a comparé l’action de chacune d’elles avec la lumière directe. Il a souligné de ce fait l'influence prépondérante des rayons lumineux du spectre sur le Bacille rouge. fl lui a paru d'autre part que toutes les radiations lumineuses intervenaient dans la destruction du pigment et la production de races incolores chez le Bacille rouge de KIEL. Le maximum d’action était obtenu dans la partie la plus réfrangible de ces radiations.
Etudiant l'influence de la lumière solaire sur le Bacille du pus bleu, d'ARSONVAL et CHARRIN (1894) ont vu qu’une exposition de 3 à 6 heures d’une culture de ce germe était susceptible de produire des colonies incolores après réensemencement du germe insolé sur des plaques de gélose.
Faisant de nouvelles recherches sur l'influence de la lumière solaire et des lumières colorées sur la production du pigment vert fluorescent dans les cultures du Bacille pyocyanique, LESIEUR et LEGRAND (1905) sont arrivés aux conclusions suivantes :
La lumière directe du soleil empêche dans une certaine mesure B. pyocyaneus de produire son pigment vert fluorescent. Les diverses radiations de la lumière ont une action très différente.
La lumière solaire est susceptible de produire chez B. pyocyaneus des modifications de la fonction pigmentaire transmissible par hérédité, quoique tendant à s’atténuer au cours des générations successives.