‹ Contribution à l'étude des balancements psycho-somatiquesChapitre 12 sur 50 · MODE · texte numérisé non relu

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lectuelle inattendue, pour une courte durée de temps il est vrai... »

TOULOUSE et MARCHAND, dans la Revue de Psychiatrie, étudient l’action des maladies infectieuses sur l’épilepsie; les maladies intercurrentes et surtout les maladies infectieuses ont une influence heureuse sur l’épilepsie; ils rapportent trois observations de femmes épileptiques atteintes, l’une d’érysipèle, l’autre de fièvre typhoïde, la troisième de pneumonie; les accès ont été suspendus pendant la durée de la maladie et ont reparu dès que la fièvre est tombée; ils donnent une explication pathogénique de cette suspension des crises pendant la fièvre, nous l’exposerons dans notre chapitre sur la pathogénie.

PELLISSIER, dans sa thèse, étudie également l'influence des maladies infectieuses sur la marche de l’épilepsie, il rapporte neuf observations d’épileptiques dont les crises ont été interrompues au cours de maladies infectieuses diverses.

OMOROKOFF, psychiâtre russe, a noté l'influence bienfaisante des maladies infectieuses intercurrentes sur le cours des psychoses; cette influence bienfaisante est surtout marquée sur les psychoses aiguës et sur l’épilepsie, très peu sur la démence précoce.

RAFFEGEAU, MIGNON el LEULIER (du Vésinet) ont présenté au Congrès d'Amiens 1911 un article sur « l'Etude des Métastases mentales chez les asthmatiques » ; le fait saillant est le remplacement de la crise d’asthme par la crise mentale; dès que les phénomènes mentaux apparaissent, l’asthme cesse complètement et dès qu’il reprend, la psychose disparaît.

Après la guerre, DAMAYE étudie les troubles mentaux associés à la grippe et les troubles mentaux guéris par la grippe; il rapporte un cas de mélancolie avec idées de per-

eee

sécution et un cas de délire mystique nettement guéris par la grippe.

MoREIRA, au Brésil, étudie également les rapports de la grippe avec les psychoses; la grippe, dit-il, a souvent modifié le cours des psychoses aiguës en l’améliorant, l’agitation et le délire ont pu être suspendus au cours de la période fébrile de la grippe; par contre quelquefois le délire s’est greffé sur celui de la psychopathie, ainsi exacerbée.

GorDon et MENINGER, aux Etats-Unis, étudient également l'influence de la grippe sur l’épilepsie et les troubles mentaux des épileptiques : « La grippe peut suspendre lépilepsie comme si la toxine grippale neutralisait la toxine épileptique; les crises font ordinairement défaut pendant la période fébrile, par contre les troubles mentaux sont le plus souvent aggravés ».

LEROY présente en 1922 deux cas de psychoses completement guéries après une affection somatique; dans le premier cas, il s’agit d’une jeune fille de 22 ans, internée depuis deux ans à Maison Blanche pour un état mélancolique avec inhibition intense et indifférence. Elle guérit complètement à la suite d’une pleurésie. Dans le deuxième cas, il s’agit d’une jeune fille restée pendant onze ans dans un état catatonique complet, c'était une véritable automate, une poupée articulée, sans délire, mais inhibée et engourdie; un jour, elle fait une tuberculose aiguë dont elle meurt deux mois après. Dès lapparition de cette tuberculose tous les symptômes de catatonie disparaissent el elle redevient tout à fait normale.

Dans la discussion qui suit cette présentation de malades, LAIGNEL-LAVASTINE rappelle une publication qu'il a faite à la Société Anatomique sur une malade, démente précoce hébéphréno-catatonique, redevenue consciente et lucide

quatre jours avant son décès par tuberculose pulmonaire.

ST

MiIGNaARD, dans cette même discussion, cite le cas de la régression des troubles mentaux chez une calatonique deux heures avant sa mort.

USSE, rapporte 1e cas d’un confus mélancolique interné depuis trois ans et qui après une pleurésie séro-fibrineuse eut une amélioration progressive de son état mental et put sortir guéri.

COURBON, donne une explication pathôgénique dans un article sur « la régression des troubles mentaux devant les maladies somatiques intercurrentes ». Nous exposerons sa conception dans notre paragraphe sur la pathogénie.

CLAUDE et Mlle BADONNEL ont présenté à la Société clinique de Médecine Mentale, une malade atteinte de psychose intermittente ayant nécessité plusieurs internements antérieurs. Huit jours après le début d'un accès maniaque avec agitation violente, des accidents de thrombose artérielle se produisent au niveau de la jambe droite ; l’accès maniaque cesse brusquement ; l’excitation réapparaît au moment où le rétablissement de la circulation devient enregistrable à l’oscillomètre. Peut-être, concluent-ils, est-il possible d’invoquer comme cause de l'arrêt brusque de l’accès maniaque, la mise en liberté de proteïne hépatique (Nolf), liée au processus de thrombose et ayant déterminé un choc. '

TINEL et LAMACHE étudiant d’une façon complète les relations de la psychose maniaque dépressive avec les erises de migraine, d’épilepsie, d'asthme et d’urticaire, rapportent de nombreuses observations où alternent et se substituent : la migraine et la psychose périodique ; la migraine et l’épilepsie ; l'asthme et la psychose périodique, l’eczéma, l’urticaire et les troubles psychiques.

Ils concluent en disant que la notion d’une parenté en-

tre ces différentes affections, si elle pouvait être manifes-

tement établie, serait d’un intérêt capital car tout progrès réalisé dans la connaissance du mécanisme pathogénique de l’une d’elles, serait nécessairement valable pour les autres, et tout progrès réalisé dans les méthodes thérapeutiques de l’une d'elles pourrait légitimement être utilisé pour toutes les autres.

SANDRI rapporte aussi un Cas d’alternance entre l'asthme des foins et la psychose maniaque dépressive.

En 1930 CLaupe et Baruk étudient les troubles psychiques dans les phases torpides et les phases prémonitoires

de la tuberculose.

TouLousE étudie également les rapports de la tubercu-

lose et des troubles mentaux dans un article « Tuberculose et Psychopathie » où il insiste sur les conditions humorales et certaines conditions du terrain.

Puis de nombreux travaux sur les relations de la tuberculose et la démence précoce furent entrepris.

BARUK, BIDERMANN et ALBANE attribuent le balancement entre troubles psychiques de la démence précoce et la tuberculose, à l’allergie, leurs conclusions sont le résultat d'observations cliniques et de recherches expérimentales ; ces recherches ont été ensuite exposées en détail dans la thèse d’ALBANE.

D’autres auteurs, au contraire, envisagent plutôt l’existence d’un virus atténué.

TOULOUSE, SCHIFF, WaLTis, et Van DEINSSE"; et CLAUDE, CosTE, WALrTis et Van DEINSSE, ne voient dans cette évolution torpide de la tuberculose qui accompagne la démence précoce, que la manifestation d’un virus atténué, en particulier d’un virus filtrant.

Toutefois BARUK, SAUVAGE et ALBANE ont rapporté un cas

impressionnant de balancement avec virus tuberculeux extrêmement actif.

Cette question apparait très complexe et n’est pas encore élucidée.

En dehors de ces balancements entre la tuberculose et la démence précoce, d’autres balancements très variés ont été observés et rapportés, non seulement dans la démence précoce mais dans toutes les variétés d’états névropathiques et psychopathiques. )

BaRuk dans un article sur les obsessions parle de l’intrication possible entre la migraine et l'obsession, « La migraine, dit-il, est fréquente chez les obsédés et parfois même elle est, nettement intriquée avec le paroxysme obsédant, comme chez un de nos malades chez lequel lobses- SION apparaissait chaque fois brusquement à la fin d’une crise de migraine ».

Dans son Rapport sur l'hystérie, au Congrès de Bruxelles en 1935, le même auteur parle du rôle possible de la tuberculose dans le pithiatisme, rôle délicat à interpréter. Nous avons toutefois dit-il, noté chez certains pithiatiques, un balancement entre les poussées tuberculeuses et les troubles nerveux, analogue à celui qu’on observe dans certaines psychoses, notamment dans la démence précoce...

C’est dans ces conditions qu'avec le Dr BARUX, en avril 1936, nous avons rapporté dés observations impressionnantes de balancements psycho-somatiques et que nous avons envisagé l’étude de ces balancements psycho-somatiques sous forme d’une loi générale.

Nous avons ensuite publié avec le Dr BaruKk, Mile GÉvau- DAN et FOUQUET l’observation d’une mélancolique qui après un accident survenu au cours de l’alimentation à la sonde retrouva brusquement sa lucidité dans les journées qui précédèrent sa mort.

Gurraup et NopEr, l’an dernier dans une publication sur le principe et la technique de lPinsulinothérapie parlent de

MATHEY où

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guérisons inattendues qui se font souvent sous l'influence de maladies physiques graves, ils rappellent que dans les périodes d’agonie, les malades paraissant déments, récupèrent une lucidité complète...

Au Congrès de Nancy, CHRISTY rapporte quelques observations de balancements psycho-somatiques reprenant ce terme que nous avions utilisé dans notre travail.

Dans cette étude historique nous voyons que les rapports entre les troubles somatiques et les troubles mentaux ont été observés depuis la plus haute antiquité sous des noms différents et des aspects divers. De nombreuses observations ont été rapportées, mais on n’a jamais étudié ces phénomènes sous forme d’une loi générale de balancements

psycho-somatiques.

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