GUÉRISON BRUSQUE PAR FIÈVRE SPONTANÉE
Mme H.., atteinte de psychose puerpérale qui a évolué pendant deux ans vers un syndrome de démence précoce.
Au début : Psychose aiguë avec fièvre, atteinte grave de l’état général : agitation, état confusionnel, facies anxieux.
Puis la température tombe, mais la malade reste hébétée, confuse, inerte, mutisme, refus d’aliment (on lui passe la sonde) ; au bout de deux mois, elle mange, mais gaspille ses aliments, en crache la moitié ; elle devient hostile, présente du négativisme, du gâtisme ; il iui est même arrivé de manger ses excréments.
Même état pendant deux ans, sans intervalles normaux, tout fait penser à une évolution vers la démence précoce.
De nombreuses thérapeutiques sont faites, genoestryl, puis pyretothérapie par abcès de fixation, sans résultat ; six mois plus tard on fait la malariathérapie, aucun résultat.
Quand au bout de deux ans, la malade fait brusquement de la fièvre avec fortes douleurs dans le ventre.
Dès le premier accès fébrile, la malade paraît tout à fail changée, elle accueille amicalement ceux qui l’approchent el accepte de prendre ce qu’on lui ordonne, la fièvre et les douleurs persistent encore au 3" jour ; on injecte du vaccin de Bertrand à doses croissantes ; au bout de dix jours, la malade se lève, parle, mange seule, s'occupe de travaux ménagers ; elles est affectueuse envers son mari lors de ses visites et tient des propos tout à fail raisonnables.
On constate qu’il existe une amnésie lacunaire sur toute la période de la maladie, puis la malade se comporte tout à fait normalement et sort le 1% avril 1935. Depuis, elle est tout à
fait normale comme avant sa maladie.
Cette observation nous montre la guérison complète par fièvre spontanée, alors que deux essais antérieurs de pyrétothérapie n'avaient donné aucun résultat, et qu’il faut toujours espérer la guérison dans les psychoses d’origine toxi-infectieuse, elle est quelquefois tardive et inespérée alors que la situation montre une évolution vers un syn-
drome de démence précoce.
L'observation de malades retrouvant toute leur lucidité à la période préagonique a frappé souvent les psychiatres. LAIGNEL-LAVASTINE rapporte dans les Annales Médico-Psychologiques 1922, dans la discussion qui suit la présentation d’une malade de LEROY, le cas d’une démence précoce hébéphréno-catatonique redevenue lucide et consciente quatre jours avant sa mort par tuberculose pulmonaire.
MiGnaRD dans la même discussion rapporte un cas de régression de troubles mentaux chez un catatonique quelques heures avant sa mort.
GuirauD et NODET rappellent ces faits au cours de leur exposé sur la méthode de l’insulinothérapie.
Nous avons observé à la Maison Nationale de Santé de
Saint-Maurice, une jeune démente précoce hébéphréno-ca-
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tatonique, internée depuis plusieurs années qui fit un jour une granulie pulmonaire, nous avons alors assisté au changement complet de son comportement ; elle cessa d’être opposante, se laissa soigner, devint plus lucide, entrant bien en contact pendant la conversation, fut très polie et très douce avec son père et lui demanda de rester près d'elle; elle mourut une dizaine de jours plus tard ayant toute sa lucidité et son jugement.
Nous rapporterons également le cas d’une mélancolique chez qui, à la suite d’accidents survenus au cours de l’alimentation à la sonde, nous vimes disparaître tous les si-
gnes mentaux quatre jours avant sa mort.