‹ Contribution à l'étude des balancements psycho-somatiquesChapitre 24 sur 50 · ENS · texte numérisé non relu

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où elle travaillait. Elle éprouvait par moments un sentiment de malaise moral indéfinissable. Presque toujours les idées noires apparaissaient au réveil. La malade se sentait envahie d’un ennui profond, la vie lui paraissait laide, rien ne l’intéressait. Cet état durail toute la matinée, s’atténuait dans l'après-midi et disparaissait aux approches de la soirée. Cela survenait tous les deux ou trois jours. Dans l'intervalle, la malade était très bien et jugeait même ses moments de dépression ridicules et incompréhensibles. Jamais la moindre idée délirante (pas d’idée mélancolique, d’auto-accusation, de persécution, ou hypocondriaque). La malade était parfaitement consciente de la nature pathologique de ses troubles,

Elle ne présentait cependant à cette période aucun trouble somatique, à part quelques vagues maux de tête, en général très supportables. La malade qui travaillait à ce moment, chez une repasseuse, les attribuait au fourneau, et changea de profession. Elle entra dans une fabrique de sacs en papier.

Ces moments de tristesse retentissaient également sur la sphère intellectuelle : la malade se sentait moins sûre d’elle, notamment dans son travail. Elle n’était jamais sûre d’avoir bien fait ses sacs et faisait sans cesse appel à sa sœur, qui travaillait dans le même atelier, pour vérifier son travail. Elle était sans cesse en proie au doute, incertaine dans ses décisions, sujette à l’anxiété, craignant toujours d’être grondée, timide, inhibée dans tous ses actes. Tout cet état mental contrastait considérablement avec son tempérament habituel, gai, très décidé et très actif.

Ces moments de dépression atteignaient parfois une telle intensité que la malade tenta une fois de se suicider. Elle se pendit à la fenêtre avec une corde, et sans l’intervention d’une cousine qui entra dans la chambre presque aussitôt, elle serait morte.

Elle pensait d’ailleurs sans cesse à la mort. Elle désirait mourir surtout quand elle avait mal à la tête (bien que ce mal de tête resta très léger à ce moment); il lui semblait qu’elle allait entrer dans une grave maladie qui allait la conduire à la mort, au repos absolu, et désiré.

Ces idées n'étaient que passagères. Certains jours, elles dis-

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