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OR AX

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OBSERVATION N° IV (Personnelle du Dr BARUK)

(Publiée dans sa thèse: Les Troubles Mentaux dans les Tumeurs cérébrales. Paris 1926.)

ETAT MÉLANCOLIQUE AYANT PRÉCÉDÉ DE HUIT MOIS LES PRE- MIERS SYMPTÔMES SOMATIQUES D’UNE TUMEUR CÉRÉBRALE.

Mlle P.., 18 ans, femme de chambre.

Entre à la Salpétrière, le 30 juillet 1925, pour des crises douloureuses survenant au niveau du membre inférieur gauche. La malade présente les traces d’une trépanation cranienne pratiquée à Brest le 16 juillet 1923, pour syndrome d’hypertension intereranienne. Le Docteur LENOBLE, qui l’a soignée à Brest au début de sa maladie a bien voulu nous communiquer une observation détaillée sur les symptômes qui ont déterminé l'intervention.

Histoire de la maladie

En mai 1922, à l’âge de 15 ans, la malade commença à éprouver des maux de tête violents dans la région occipilale, accompagnés de vomissements. Ces derniers cessèrent en août 1922, mais, à cé moment la malade constata qu’elle voyait double, et d’autre part que sa vue allait en baissant. La baisse de son acuité visuelle alla rapidement en s’accentuant, et en janvier 1923, la malade ne pouvait plus lire ni écrire. En méme temps apparurent des vertiges (la malade voyait tourner les objets autour d'elle, éprouvait en même temps des bourdonnements d'oreille et parfois tombait).

C’est alors que la malade entra à l'Hôpital de Brest, le 25 juin 1928.

Examen à l'entrée

L'examen neurologique ne montra à cette date, aucun signe de localisation. Réflexes tendineux vifs, mais aucun signe pyramidal. A noter seulement des vertiges et une démarche ébrieuse.

Ponction lombaire, — Liquide céphalo-rachidien : normal.

Albumine : 0 gr. 10. Une cellule au Nageotte. Wassermann et

Benjoin : négatifs.

Mais l'examen oculaire montre une paralysie de la VI° paire à gauche. Acuité visuelle : O. D. : 1/6 ; OLGELLAOZE pupilles égales, réactions normales.

Fond d'œil : lésions très marquées el bilatérales des papilles: papilles à bords très fious, avec ædème traduisant une papillite déjà ancienne el à la période d’atrophie succédant à la stase.

Opération. — C’est alors que fût pratiquée la trépanation décompressive.

A la suite de l'opération, la vue s’améliora, les maux de têle disparurent.

Toutefois, en mars 1924, survint une nouvelle période de céphalée avec vomissements qui dura environ un mois. Depuis cette date, la malade ne souffre presque plus de la tèle, mais présente des crises douloureuses au niveau du membre inférieur gauche. Ce sont des crises d’élancements au niveau du pied gauche, extrêmement douloureuses, survenant brusquement et sans cause, el durant une ou deux minutes. Ces crises se reproduisent fréquemment (4 à 5 par jour). Rien à l'examen objectif du pied. Réflexes normaux.

Examen oculaire. — Fond d’œil d’atrophie oplique succédant à une stase.

Ponction lombaire. — Liquide normal.

La malade est traitée par le gardénal : à 0 gr. 10 de gardénal, les crises douloureuses diminuent de fréquence, el disparaissent à la dose de 0 gr. 20. de gardénal.

Etat mental. — La malade nous apprend qu’en réalité les premiers symptômes de sa maladie, et en particulier les céphalées, ont été précédés d’une période de troubles mentaux caractérisés surtout par un état mélancolique. Ces troubles ont fait leur apparition vers la fin de l’année 1921 et ont précédé d’environ six mois le début de la céphalée. Sans motif, la malade se sentit envahie d’une tristesse invincible, et d’un profond dégoût de la vie. La malade avait bien eu, un an auparavant, un vif chagrin à l’occasion de la mort de sa mère, mais ce chagrin était passé depuis longtemps. Elle n’avail aucune cause de tristesse ; elle était heureuse chez elle ; son père et sa sœur étaient très bons pour elle ; elle se plaisait dans l’atelier

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