‹ Contribution à l'étude des balancements psycho-somatiquesChapitre 27 sur 50 · CE) DE · texte numérisé non relu

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Ces phénomènes durent environ une journée et disparaissent après le sommeil de la nuit. En résumé, il s'agissait de migraines ophtalmiques accompagnées de troubles sensitifs.

Ces migraines survenaient, au début, environ tous les trois mois. Malgré les signes sensitifs qui les accompagnaient, leur caractère purement fonctionnel parut s'appuyer sur des preuves nombreuses ; les migraines survenaient principalèment à la suite d'événements affectifs désagréables, disparaissaient souvent sous des influences affectives minimes, elles ne survenaient pas en général au moment des actes importants, mais presque exclusivement dans les périodes de détente ; on sait en effet combien ce caractère est fréquent dans les migraines banales (migraine du Dimanche).

L'évolution ultérieure sembla de plus en plus confirmer la nature bénigne de ces migraines ; celles-ci en effet s’atténuèrent peu à peu et disparurent complètement pendant la plus grande partie de la guerre. Le malade étant à ce moment mobilisé au front dans un régiment de zouaves, fut blessé deux fois (au poumon et à la cuisse, septicémie suivie d’une amputation de la cuisse).

Vers 1918, le malade revient à l’intérieur et reprend son travail dans un bureau. Les migraines reparaissent alors avec une grande fréquence.

En 1924, le malade commence à avoir ses premiers rapports sexuels, les migraines alors disparaissent totalement durant près d’un an. Au bout de ce temps, le malade quitte la maïitresse qu'il avait ; les migraines reparaissent. Durant cette période, on pouvait noter. un rapport frappant entre la survenue des migraines et l’activité sexuelle. Aussi, les troubles étaient-ils considérés comme d’ordre purement psychogénique el d’origine sexuelle ou affective.

Mais en Juillet 1925, survient une première crise jacksonnienne (secousses de la jambe gauche, puis paralysie complète du côté gauche pendant trois quarts d'heure sans perte de connaissance). Six mois après nouvelle crise analogue. Peu à peu, les crises jacksoniennes alternent avec les migraines, puis celles-ci disparaissent complètement depuis 1928. Les crises ne présentent plus aucun rapport avec l’activité sexuelle,

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elles surviennent inopinément dans n'importe quelles conditions : elles semblent toutefois être favorisées par la tension d'esprit, la fatigue, et sont beaucoup moins fréquentes à la campagne.

En février 1929, le malade est examiné au Val de Grâce fond d'œil normal, mais images radiographiques caractéristiques d’une tumeur cérébrale (aspect d’angiome). Une simple trépanation décompressive a été faite, mais sans ouverture de la dure-mère. Le malade a été examiné récemment par le Dr. Clovis VINCENT qui pose le diagnostic d’angiome cérébral mais qui n’est pas partisan d’une intervention.

En résumé, l’histoire de ce malade comprend deux phases : une phase initiale très lengue caractérisée par des migraines en apparence bénignes et modifiées dans leur apparition par des facteurs psychologiques; une deuxième phase plus récente dans lequel le trouble fonctionnel migraineux fait place peu à peu à des manifestations à caractère organique grave (Epilepsie jacksonienne).

Ces deux phases sont l’une comme l’autre sous la dépendance de l’évolution d’une tumeur cérébrale. Les prodromes sensitifs des crises migraineuses et l’apparition du même côté de secousses jacksoniennes le prouve. Tout se passe comme si la tumeur, par son développement lent et continu avait donné lieu à deux stades successifs : un stade fonctionnel en rapport avec une atteinte dynamique légère du cerveau; un stade organique en rapport avec une atteinte plus profonde. ;

La même succession de deux stades psychique puis somatique peut s’observer dans la maladie de Parkinson Nous avons observé à la consultation externe du Dr BaRuK, à la Maison Nationale de Santé de St-Maurice, un malade qui est venu d’abord consulter pour des phénomènes dépressifs : il était sans courage, constamment fatigué, avec des idées noires et dégoûté de tout; ces troubles ont évo-

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