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bles mentaux de la démence précoce et les localisations tuberculeuses viscérales, notamment pulmonaires, cette notion est, pour eux, capitale et cest sa méconnaissance qui a arrêté beaucoup d'auteurs dans l'étude des rapports de la tuberculose et de la démence précoce. Par la suite nous nous sommes aperçus avec le Dr Barux que l’on pouvait observer des faits analogues dans d’autres étiologies.

Dans une première observation, nous rapportons un cas de guérison brusque et totale de tous les troubles mentaux d’un état hébéphréno-catatonique, en même temps que sur-

viennent trois localisations tuberculeuses : ostéoarticulaire,

pleurale et péricardique.

OBSERVATION N° XIV (Service du Dr BARUK)

(Observation publiée par H: BARUK, SAUVAGE et ALBANE, Soc. Méd. Psychol. Décembre 1933).

PI. Pierre Aimé, soldat de 2° el. C. O. À.

Est admis au Val de Grâce (4 Division de Fiévreux), le 7 juin 1931, dans un « état d’agitation désordonnée et incohérente avec subanxiété et désorientation. On a été obligé de l’attacher au lit, T. 38°5. Haleine fétide. Congestion céphalique ».

Le diagnostic est le suivant : « Syndrome mélancolique avec alternative de dépression et d’excitation. Lenteur de l’idéation. Indifférence à la vie extérieure et refus d’aliments. Etat général déficient ».

Après une nuit relativement calme, PI. garde pendant la visite du matin, une expression de prostration et d’obnubilation profondes avec gesticulation inadaptée. Paroles incohérentes et monosyllabiques. T.: 38°.

Examen somatique : Réflexes obtenus mais faibles. Pas de signes pyramidaux, pas de raideur de la nuque, ni aucun au-

ErÉORS

tre signe de la série méningée. Grande dilatation des pupilles. Réaction à la lumière : normale.

L'examen viscéral, qui ne montrait rien de particulier à l’entrée, décèle, le 9 juin, l'apparition d’un souffle systolique à la pointe du cœur, dur et râpeux, sans propagation nette et qui disparaît du reste le lendemain.

Examen psychique : Le malade répond « à côté >. Interrogatoire impossible, en raison de la fatigabilité de l’attention et surtout de gros troubles de la perception. Viscosité mentale empêchant Pl. de comprendre le sens des questions posées. Désorientation dans le temps et dans l’espace. Expression hagarde du regard vague, avec atonie des traits du visage. Activité onirique. Mouvements carphologiques rapides. Gesticulation inadéquate. Paroles désordonnées avec incohérence. Opposition. Négativisme marqué. En somme : confusion mentale avec agitation sub-anxieuse, onirisme et incohérence. Opposilion et négativisme chez un jeune soldat fébrile (38°5, 38°) avec mauvais état général, et à examen neurologique négatif.

Examens humoraux: urée sanguine: 0,55.

B. W. sanguin, négatif.

Traitement: Bains et salicylate de soude ,intra-veineux.

Le 18 juin, l’état infectieux s’est amélioré ; la fièvre est tombée, mais au point de vue psychique, le malade est toujours aussi confus, présente un négativisme toujours aussi marqué, du refus d’aliments ayant nécessité emploi de la sonde. Gàtisme. Mutisme complet. Sommeil assez bon. Pas d’agitation. Le malade n’a pas reconnu sa tante, venue récemment pour le voir. Au point de vue somatique, le souffle systolique mitral, qui avait été constaté au début de son hospitalisation a actuellement disparu, mais on constate un bruit de galop à la pointe. Rien aux autres appareils. Affaiblissement marqué.

Le 29 juin : état stationnaire. Persistance d’un négativisme toujours très marqué. Refus d’aliments. Absorbe quelquefois, quand il est seul, un peu de boisson, mais ne touche pas aux autres aliments ; doit toujours être alimenté à la sonde. Mutisme absolu. Paraît toujours aussi complètement désorienté que par le passé. Indifférence vis-à-vis des siens ; ne réagit pas aux visites de sa mère et de sa tante.

ErT0te Le dosage de l’urée sanguine, qui avait indiqué 0,55 au début de son séjour, esl actuellement de 0,40.

Impossible de recueillir des réponses de ce malade. Gâte, défèque dans son lil el se barbouille de matières fécales. Amélioration nette de l’état cardiaque. Disparition actuelle du bruit de galop. En raison de la persistance du syndrome psychique et de l'impossibilité de le renvoyer actuellement à sa famille, PI... va être interné à l’Asile de Saint-Maurice. La famille, prévenue, accepte la solution.

Le 19 juillet : état toujours stationnaire. Même opposition et négativisme. Alimentation très difficile. Masturbation automatique. Etat confusionnel persistant.

Conclusion. Syndrome de confusion mentale très marqué avec désorientation complète. Mutisme, avec négativisme et refus complet d'aliments nécessitant l'alimentation à la sonde. Gâtisme. Indifférence affective apparente et désintéressement complet du milieu ambiant. Etat survenu au cours d’un syn-

drome infectieux aigu actuellement guéri et précédé au cours d’une première phase, d’agitation motrice avec tentative de défénestration.

Evolution possible vers une démence précoce.

Il n’est pas douteux qu’il existe une relation nette de cause à effet entre létat psychique actuel du malade et la maladie aiguë survenue au début. Proposé pour la R. D. n° 1: Invalidité 100 Z.

Signé : Dr GAUTHIER.

PI. arrive à la Maison Nationale de Charenton le 24 juillet 1931, et est justiciable du certificat d’entrée suivant :

« Confusion mentale avec négativisme. Catatonie. Refus d’alimentation. Anxiété permanente. Très mauvais état général. Troubles vaso-moteurs. A admettre 25 juillet 1931. » Dr Paul ABÉLY.

Le certificat de quinzaine indique : « Confusion mentale grave avec stupeur anxieuse, négativisme, catatonie, refus d’alimentation, état subfébrile permanent. Cachexie progressive. Troubles vago-sympathiques. A maintenir. Le 8 août 1931 ». Dr Paul ABÉLY.

RCMr PTE

Ce malade reste dans le service, et, entre novembre 1931 et fin avril 1932, période où il est particulièrement observé, il garde un aspect Lypique de dément précoce : facies absent, indifférence affective, agitation par intervalles, tant diurne que nocturne. Gâtisme. Le malade mange son varech, refuse les aliments. Son état physique nécessite des toniques administrés pendant quelque temps : huile camphrée, hémostyl, hémoglobine. A fait de très courtes éclaircies pendant lesquelles PI... peut être levé, mange au réfectoire. L'état mental reste aussi grave jusqu’en avril 1932 : accès d’excitation, dilacération d'effets, chants désordonnés, turbulence, taquineries, troubles physiques tels que ceux rencontrés habituellement dans la démence précoce : troubles vago-sympathiques, pseudoœdème, etc. Etat donnant l’impression de la chronicité.

Or, tout d’un coup, le 20 juillet, le malade se remet à parler, redevient présent à l'ambiance, s'exprime de facon cohérente. C’est à ce moment que l'attention est attirée d'un autre côté : le malade se plaint de la hanche gauche. La fièvre réapparaît : 38°6 le soir. Et, alors que l’état mental se montre tout à fait satisfaisant (le malade répond parfaitement à toutes les questions posées, il a une conscience parfaite de sa situation, il a retrouvé toute son affectivité, a hâte de guérir pour rentrer dans sa famille, etc...), on assiste à une reprise de signes physiques défectueux. Amaigrissement rapide, fièvre continue à oscillations entre 38°5 et 39°5. Point de côté. Toux sèche. L'examen pulmonaire montre l’existence d’une pleurésie dont la nature séro-fibrineuse est mise en évidence le 2 août par une ponelion exploratrice. En outre, les douleurs de la hanche se précisent. Le Dr BEAUSSENAT, Chirurgien de l'Etablissement, appelé en consultation, fait le diagnostic de coxalgie et conseille lPapplication d’un appareil plâtré qui est installé le 19 août. Nous allons assister alors à l’atténuation de la fièvre, la température descendant pendant deux jours, et à la transformation des signes d’épanchement qui disparaissent pour faire place à des frottements pleuraux. Fin août, un nouvel épisode fébrile réapparaît à grandes oscillations. Le malade est dyspnéique. L’auscultation du cœur montre des bruits assourdis avec gros frottements péricardiques à la région méso-car-

diaque. Tachycardie. Pouls à 130. Reprise du traitement salicylé. Peu à peu le bruit de frottement disparaît alors que persiste la tachycardie et qu'apparaît un bruit de galop très nel. Mouvement de roulis de la paroi faisant penser à l’évolution vers la symphyse péricardique. Pas d'augmentation de volume du foie, Le plâtre, enlevé fin août, est refait, à la suite des douleurs accusées par le malade. Mais, fin septembre, on doit l’enlever à nouveau, de larges eschares s'étant établies au niveau de la crête iliaque.

Le 4 octobre : l'examen physique est le suivant. La AO Pouls rapide à 100, allorythmique. Eréthisme cardiaque. Le foie déborde légèrement les fausses côtes. L'auscultation des poumons montre, à gauche : en arrière, une respiration diminuée. En avant, de la submatité avec bruits surajoutés.

Tant dans la période précédente qu’à ce moment et dans Îles mois qui vont suivre, PI. peut, au point de vue mental, être considéré comme guéri.

La fièvre persiste à oscillations journalières de 1 degré environ, puis se régularise et décroit. En décembre, on peut noter que l’état mental reste parfait. Le malade s’alimente bien. L'état général s'améliore. Fin décembre : le malade est pris brusquement à deux reprises et pendant quelques secondes seulement, de sensations de vertiges « tourbillon dans la tête », dit-il. Sensation que le lit tournait. L'examen, renouvelé quelques jours après, ne montre aucun signe neurologique et le malade n’en accuse aucun de subjectif.

Le 17 janvier 1933 : PI... est toujours très bien au point de vue mental. L'état général s’est encore amélioré. La fièvre a disparu. L'appareil à extension installé est enlevé. Le malade accuse, en se levant des vertiges, de la céphalée. Ces symptômes disparaissent en position assise, ou couchée.

Depuis lors, l’état mental du malade reste absolument normal à tous les points de vue. Le malade est parfaitement présent, ses fonctions intellectuelles sont parfaites, son affectivité est entièrement revenue. Son comportement est excellent. L'état général s’améliore aussi, mais l’état de la hanche reste préoccupant. C’est pourquoi le malade sort de la Maison Nationale de Saint-Maurice complètement guéri au point de vue

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