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IL.est transféré à l’Asile de Maréville le 30 avril

A ce moment il n’a plus de fièvre, mais est très agité, il pleure et gémit sans cesse : « Je suis condamné à mort, on m'a fait passer pour un espion, on m’a volé mes papiers, je ne suis plus docteur, je ne suis plus soldat, je ne suis plus rien ». Il a peur de tout ; ses parents sont ruinés ; on à voulu lempoisonner. Son état général est mauvais et il paraît épuisé.

Certificat de 24 heures (Dr HAmEL) : Est atteint de confusion mentale onirique avec anxiété et idées délirantes de nature mélancolique ; désorientation complète, dysmnésie, efforts de recherches, fatigabilité. Agitation anxieuse ».

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Peu à peu, son état confusionnel et son anxiété diminuent ainsi que son agitation.

Le 21 mai, il est lucide ; conserve des idées de persécution, des craintes de supplice et de nombreuses interprétations; il est cependant très amélioré, facile à diriger, sensible à la psychothérapie.

Le 1* juin, amélioration considérable, il sort et est confié à sa famille après réforme définitive.

Sa convalescence se passe tout à fait normalement, et, en juillet, son état est parfait au point de vue psychique comme au point de vue physique ; il envisage de s'installer au mois d'octobre suivant, et fait de nombreux voyages pour trouver un poste. Il a tellement grossi qu’il prend pendant le mois d'octobre 1932 des comprimés de thyroïde pour se faire maigTir.

Mais au mois de novembre commence le deuxième épisode. Le 19, il se sent grippé et prend une purgation de sulfate de soude qu’il vomit ; le lendemain, il a une céphalée très pénible avec température à 38°5. Le 22 novembre, il est très anxieux, il gémit, demande pourquoi les portes sont fermées, fait des signes avec son mouchoir à des personnages imaginaires, il marche tout le jour et toute la nuit comme un automate, il souffre affreusement de la tête et de la gorge, il se plaint de mal de gorge et de raideur de la nuque, il ne supporte aucune nourriture et vomit tout ce qu’il absorbe, son anxiété va en croissant.

Le 23 novembre à 16 heures, son agitation devient intense ; il crie, vocifère, il est transporté d'urgence à Henri-Rousselle où le Dr Courrois fait le certificat suivant : « Confusion mentale hallucinatoire, désorientation, anxiété ; on vient de tuer sa mère et sa tante ; il entend des voix qui l’appellent. Il ne sait pas où il se trouve ; il proteste contre l’entrée du médecin: « vache », « retro satanas ». Excitation violente, cris, bataille avec le personnel infirmier, se frappe la tête contre les murs ; opposition fréquente à l’interrogatoire, allègue que s’il ouvre la bouche tout lentourage sera tué sur-le-champ. Poussées thermiques passagères à 39° et 40°2. Etat saburral. Sueurs profuses. On pense à une septicémie éberthienne, mais l’hé-

moculture, puis, 15 jours plus tard, le séro-diagnostic sont négatifs. On ne trouve aucun germe dans les urines. Azoté- UC IRTER

Traitement : Bains, lodaseptine, puis salicylate de soude intra-veineux.

Il est transféré de l'Hôpital Henri-Rousselle à la Maison Nalionale de Saint-Maurice le 3 janvier 1933, où le Dr BaRuK fait le certificat suivant : « Confusion mentale grave avec agiialion extrême, verbigération incohérente, impulsions violentes ».

Le malade est nu dans une cellule, il déchire toute sa literie,

crache sur les murs ; pousse des cris féroces ; frappe contre les murs avec ses poings et avec sa tête, son agitation est très violente ; cet état persiste pendant plusieurs mois ; vers le mois de mai, son agitation cesse, il n’a plus autant d’impulsions, il ne crie plus, l’amélioration continue et, au mois de juillet, le 6, il sort très amélioré, mais non guéri sur les instances de sa famille.

Il reste dans le même état, dans sa famille, près d’un an, mais, le 10 mars 1934, son état s'aggrave et il doit être interné de nouveau à la Maison Nationale de Saint-Maurice avec le. certificat suivant : « Crises d’agitation violentes, alternant avec des périodes de mélancolie, stéréotypies el tendance au négativisme ».

Le Docteur Barux fait le certificat suivant : Syndrome hébéphrénique post-confusionnel avec puérilisme, hyperémotivité, stéréotypies, troubles digestifs ». Cet état reste le même jusqu’au mois de juillet 1934, son état devient bien meilleur et il sort le 14 juillet non guéri, ses parents veulent bien Île garder ainsi.

Le 24 décembre 1934, nouvelle entrée à la Maison Nationale de Saint-Maurice, il présente alors un état de stupeur avec mutisme ; aspect égaré, négativisme intense ; tendance à la conservation des attitudes ; il paraît absent et prostré. Dans la nuit qui suit son entrée, il a une impulsion violente : il se jette sur le malade voisin et essaie de lui arracher les yeux ; il est alors isolé dans une chambre où il s’agite beaucoup, il bondit et gesticule dès qu’on l'approche, puis se calme peu à

peu.

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Le 3 janvier 1935, le négalivisme persiste, il a encore de ia tendance à la conservation des attitudes, mais il est plus calme, prostré, el répond un peu aux questions, il se plaint un peu de céphalée très violente, réclame sa Sœur.

La langue est saburrale ; il a des fuliginosités aux lèvres ; l'examen neurologique et lauscullation sont négatifs. Constipation intense, pas de selles depuis son entrée.

Le 4 janvier 1935, il est plus prostré, la température monte à 40°5 ; il prononce des paroles incohérentes «... uréthrite postérieure. ah... hobo.… le cervelet.… AN VAS UUONENNC teur Baruk... hobo ». Il fait des grimaces et se met à parler les dents serrées el prononce des paroles incompréhensibles. Le pouls est à 150. Rien aux poumons. On lui trouve une angine de Vincent qui évolue normalement.

La température reste 48 heures au-dessus de 40°, puis descend à 38° les jours suivants.

Le 9 janvier, le malade parle abondamment, il se plaint d’avoir mal à la tête « où il a deux tumeurs qu’il ne peut enlever avec sa langue », « c’est comme deux moteurs que jai dans la tête, deux ampoules de bronze qui marchent tout le temps », < dans le fond de ma têle, je vois quelque chose de NVIOIÉ te

Tout d’un coup, il s’écrie : « J’ai mal dans le côté, comme si j'avais une côle cassée..., c’est très douloureux, ayez pitié de moi ».

« Je sens une douleur violente dans le cou, comme si on m'arrachait la tête avec un tire-bouchon..., il me faudrait être plâtré, cela me ferait du bien ».

« J’ai été blessé à l'œil d’un coup de truelle dans une sorte de tombeau où j'étais pris ; je faisais du cinéma. J'ai eu très peur, à 3 heures du matin, je suis tombé sur un fauteuil vert où il y avait une grand’mère.… j’ai eu très peur Le tertre des tombeaux.. j’ai appelé fort... Il y avait un petit film avec du radium au bout, el un autre avec une pierre qui devait être souiilée par l’autorité papale.. ».

« Je me suis intéressé au testament... le nouveau testament n'est plus pareil à l’ancien... je me suis vu dans une salle làbas où il y avait des animaux terribles qui voulaient me dé-

NEO de

vorer.… Il s'agissait de reconstituer un décor de théâtre qui devait être détruit.., une machine à berlingots avec des son-

au milieu d'animaux qui me dévoreront., dans l’anneau d’un replile.…, ce n’est pas la même chose. J'ai donné un coup à quelqu'un. on m'a mis là-haut. Je souffre beaucoup, je n’en peux plus Ayez pitié de moi. Je suis dévoré par une maladie. Je me rappelle être assis dans une fosse carrée où la lampe s’éclairerait tout le temps en violet. violet. violet...

Son état mental reste aussi grave jusqu’au début de février, c'est à ce moment que survient tout d’un coup une abondante hémoptysie et bientôt peu à peu apparaissent les signes d’un abcès du poumon ; à partir de ce moment, l’état du malade redevient entièrement normal ; il sort de la Maison de Santé de Saint-Maurice et est envoyé à l'Hôpital Laënnec dans le service du Dr R. BÉNARD où l’on soigne son abcès du poumon (Dr POUMAILLOUX) ; peu à peu son état physique se rétablit à son tour et, depuis lors, non seulement le malade n’a plus présenté aucun trouble, mais exerce la profession médicale avec succès en province el ceci depuis trois ans.

Avec une étiologie différente, nous rapportons un cas de ce même balancement, chez un malade atteint d’un état maniaque grave, dont l’évolution faisait craindre une démence précoce, tant l’incohérence s’accentuait; ce malade a guéri brusquement à la suite d’un zona thoracique très intense avec fièvre, et il exerce depuis 4 ans une profession fatigante, sans le moindre trouble. Il nous donne de temps en temps des nouvelles de sa santé qui est aussi satisfaisante que possible.

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