OBSERVATION Î
Jeanne P..., 20 ans, sans profession.
Réglée à 14 ans très régulièrement.
On ne trouve aucun antécédent vénérien,
Elle entre à l'hôpital de la Conceplion en Janvier 1909 pour une blennorragie qui aurait débuté il y a 8 jours.
La vulve ct le vagin sont lé siège d’une inflammation intense ct d'une sécrétion jaunâtre, épaisse, abondante.
L'urèthre est infecté et la pression fait apparaître une goutte de pus également jaune: il y a douleur à la miclion.
Elle déclare qu'elle a: «une grosseur à.la vulve qui la fait beaucoup souffrir ». En effet, à la partie inférieure &e la grande lèvre droite, on constate une tumeur de la gros- -seur d'une noix. On sent de ce côté la glande de Bartholin gonflée, fluctuante et douloureuse. En la comprimant une goutle de pus crémeux. apparaît à Porifice de la glande, orifice qui est très enflammé.
L'abcès est incisé.et drainé pendant quelques jours.
Puis, commme il persiste une induralion, on décide la malade et on fait l’exuürpation de la glande sous: chloroforme. 3
Nous croyons devoir insister cependant que c'est au cours: d'un écoulement, après. un coït suspect, rarement sans. causes apparentes, que le malade ressent une démangeaison, une cuisson avec sensation de chaleur et de pesanteur.
La fièvre d'ordinaire légère passe souvent inaperçue. En portant la main à sa vulve, la malade sent une douleur plus vive qui s'irradie vers l'anus, les cuisses, l'aine. La marche exaspère la: douleur. Généralement elle ne viendra pas consulter le médecin à ee stade de début. La malade attendra l'apparition d'un gonflement qui déformera la grande lèvre. La nymphe d'abord œdématiée, volumineuse, présente une tumeur qui obstrue la vulve. À celle période les phénomènes douloureux sont plus
intenses : la femme ne peut même plus rester assise.
Le médecin consulté trouvera alors au toucher bi-digital
une tuméfaction pâteuse, régulière, très sensible, de la grosseur d'une noix, faisant saillie en dedans, soulevant la partie externe de la petite lèvre. En entr'ouvrant la vulve la macule gonorrhéique de Sanger sera nette et une goutte de pus pourra sourdre du canal exeréteur: Quelques auteurs ont écrit que la Iymphangile s'accom-
pagnerait de développement des ganglions inguinaux.
On sait que les canaux lymphatiques de la région sont ceux des parois du vagin elil faut mettre sur le compte d'une syphilis antéricure l'augmentation de volume des ganglions inguinaux. On voit alors, au milieu de ces phénomènes de réaction inflammatoire, la fluctuation devenir manifeste et pointer vers la muqueuse. Si lon
. attend encore, la collection purulente se fera jour: spon-
tanément vers le canal excréteur ou dans son voisinage. Quelques jours après on peut voir une perte de substance à bords taillés à pic que l’on a pu prendre quelque temps après pour une ulcération chancrelleuse.
Dans le doute l’inoculation négalivèé confirmera le diagnostic.
Le tissu périglandulaire réagit violemment, il est quelquefois le siège d'un phlegmon. Ricord écrivait : «Il est bon.d'être prévenu que la suppuralion succède rapidement à l'inflammation phlegmoneuse etque si on ne lui donne pas issue elle ne tardera pas, à.canse de la laxité des tissus cellulaires, à faire des ravages, à filer du côté du rectum et à se faire jour dans la cavité de cel inteslin, formant ainsi tantôt des fistules incomplètes, tantôt: des fistules complètes par suite d'ouverlures à des liauteurs diverses du côté de la vulve, »
op
Les observations ‘de ces fistules ont été rapportées par Chevalérias, De Amicis, Terrillon, Martin et Léger. :
La période de suppuration ne sera pas longue : quelques jours el le foyer semble lari: mais à propos des règles, d'un coït, ele., la bartholinite récidive. Le docteur Cordier à parlé d'une malade qui a eu jusqu'à dix-huit poussées, DA
Moins bruyants sont les symptômes d’une bartholinite chronique d'emblée ou succédant à une bartholinite aiguë parce que les phénomènes inflammatoires et la réaetion vive du début font défaut. C'est souvent une récidive qui force la femme à'venir consulter le médecin.
L'observation due à l'obligeance du docteur Lafond est probante.
C'est une bartholinite aiguë droite avec incision de l'abeès puis râclage à la eurette. Mais 11 y a récidive un mois après : ablation de la glande et guérison.
OBSERVATION Il
«Joséphine B. 23 ans, domestique. Réglée à 13 ans, assez régulièrement depuis. Ivy a deux ans consulta un médecin pour pertes jaunàlres abondantes : on lui prescrivit des injections antiseptiques qui amenèrent en peu de jours une amélioration, mais les pertes continuent.
Quelque temps après une douleur vive au niveau de la lèvre droite se fait sentir et x malade remarque une augmentation de volume : celte tumeur dure lFempèche de
marcher et de s'asseoir. A l'inspection on trouve une
RC vin tumeur du volume d’une grosse amande faisant saillie à la partie interne de la vulve et du pus s'échappe par lorilice du canal exeréteur de la glande dè Bartholin. On incise, on vide la poche et on procède au râclage de cette poche, suivi du tamponnement. L4 malade semble guérie, |
20 Jours après elle revient avec une tuméfaction du volume d'un haricot indurée et qui est douloureuse: par la pression on fait sourdre du canal excréteur du muco: pus.
L'ablation de la tumeur sous chloroforme se fait sans difficulté, on fait deux plans de suture. La malade sort guérie [5 Jours après. Les douleurs sont ici une sensalion de lension, une gêne au moment du coït, après une faligue. La luméfaction est peu apparente. A Pinspection on remarquera surlout la macule gonnorréique de Sanger avec injection des vaisseaux péricanaliculaires. Huguier désignait cette forme sous le nom «d'hypersécrélion purulente ».
On observe une rougeur due à lirritation provoquée par le contact de quelques gouttes de pus. Le canal excréleur laisse suinter une goutte séreuse, blanchätre. Quelquefois cette goutte sort par une fistule ancienne.
Il y a peu de signes d'inflammation, mais une induration hypertrophique de la glande qui est comme une petite tumeur, dure, mobile, peu douloureuse. Si la glande n’est pas entièrement infectée et st le canal excréteur a été vidé on ne pourra faire sortir par l'orifice que du mucüs venant des parties saines. Il faut donc une recherche méthodique pour diagnostiquer une bartholinite chronique suintante, car lous les signes sont pour la plupart bien peu accentués ,
Tout peut se passer comme dans celte observation rapportée par Jalabert, thèse de Paris 1898, obs. TIT