‹ Contribution à l'étude des Blastomycoses pulmonaires: Une nouvelle espèce de levure pathogène: Saccharomyces catarhallis n. spChapitre 10 sur 31 · DAT 1 PES · texte numérisé non relu

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diffère du type fropicalis par l’acidification et le dégagement de gaz dans les milieux saccharosés.

Monilia Pinovi Castellani, 1910.

Cette espèce isolée par CAsTELLANI (35) de crachats s'accoutume parfaitement au milieu solide de SABOURAUD ainsi qu'à la gélose glucosée. Elle ne produit pas la coagulation du lait et ne liquéfie ni la gélatine, ni le sérum. Dans les milieux glucosés un dégagement gazeux se produit en même temps qu’une acidification ; le même fait a été vérifié pour les milieux lévulosés et galactosés.

On le considère comme un des agents de la moniliase bronchique qui fut étudiée à Ceylan, par CASTELLANI.

A l'examen direct et sur les préparations fraiches, le parasite se montre sous la forme de globules arrondis, quelquefois ovalaires de 3 à 6 4 de diamètre avec une membrane à double contours.

Le champignon croît abondamment sur l’agar glucosé ou maltosé à condition d’ajuster les milieux à une légère acidité. Sur milieu de SaBourAUD maltosé il se forme une colonie saillante, ronde, d'un blanc opaque. La gélatine et le sérum coagulé ne sont pas liquéfiés. On constate un dégagement gazeux et une acidification dans les milieux glucosés, lévulosés et maltosés.

L'étude de l’action pathogène expérimentale par inoculation des crachats frais au cobaye a donné des résultats constamment négatifs. Toutefois, l'injection intrapéritonéale occasionne une forte élévation de température ; la guérison est de règle. L'injection intraveineuse est plus sévère, car elle détermine une moniliase aiguë généralisée avec mort en six jours. Les réactions de déviation du complément sont négatives et ne peuvent servir au diagnostic. Les symptômes de l'affection sont caractérisés par la dyspnée, la toux, l'émission d’expectorations sanglantes, par de la fièvre. Au cours de la maladie on observe généralement de fréquentes rémissions suivies presque toujours de nouvelles poussées. L’iodure de potassium réussit bien dans les

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cas légers ; dans les formes graves ce médicament semble n'avoir aucune influence.

Monilia bronehialis Castellani, 1910.

Ce champignon a été trouvé par CASTELLANI dans les crachats. Il donne sur les milieux de culture usuels des colonies blanches ; il n’a aucune action sur le lait, la gélatine et le sérum coagulé.

Monilia Guilliermondi Castellani, 1910.

Isolé dans un crachat par CASTELLANI ; la culture sur le lait donne au milieu une réaction alcaline ; le sérum coagulé et la gélatine ne subissent pas la liquéfaction.

Monilia nivea Castellani, 1910.

CASTELLANI a isolé ce parasite d’une expectoration, mais il faut remarquer qu'ici on ne peut avoir aucune certitude car le crachat n'avait pas été recueilli stérilement. Le pouvoir pathogène de cette espèce semble douteux.

Monilia nitida Castellani, 1910.

CASTELLANI décrit ce parasite qu'il a trouvé dans une expectoration non recueillie stérilement. Le lait est acidifié, puis coagulé ; ici encore on pense que le pouvoir pathogène de cette espèce est sujet à caution.

Monilia zeylanica Castellani, 1910.

Trouvée par CASTELLANI [36] dans les crachats ; la culture est blanche ; le lait est acidifié et coagulé ; la gélatine et le sérum coagulé ne sont pas liquéfiés.

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Monilia pseudo-tropiealis Castellani, 1910.

Parasite isolé par CASrELLANI de quelques cas de bronchomycoses ; il diffère de Monilia tropicalis et de Monilia paratropicalis par son pouvoir coagulant sur le lait.

Monilia de Launois et Pinard, 1912 [37].

Le champignon provient d'une femme âgée de 34 ans, syphilitique, présentant des accidents de compression bronchique par anévrisme de l'aorte. Dyspnée, accès de toux coqueluchoïde. Le pus expectoré par la malade à la suite du traitement contient des pneumocoques et quelques levures.

En culture, le microorganisme se présente sous la forme globuleuse ; quelques filaments sont visibles dans quelques cultures.

Monilia de Forgues, 1913.

L'auteur [38] a trouvé cet organisme chez une malade présentant une angine de courte durée avec des signes pleuro-pulmonaires qui ont persisté pendant plus de trois mois avec des alternatives d'amélioration et d’aggravation. L'aspect clinique ressemble à celui de la diphtérie ; jamais on n’a pu mettre en évidence le bacille de Loeffler ; de nombreuses formes mycosiques sont décelables et, ensemencées sur les milieux, elles évoluent d’une façon satisfaisante. La séro-réaction de l’agglutination est positive au 1/80e.

L'inoculation aux animaux de laboratoire donne des lésions ganglionnaires, pulmonaires, hépatiques et surrénales.

Monilia pulmonalis, 1914.

MAUTNER [39] a isolé des crachats d’une petite fille atteinte de bronchite ce parasite. Les crachats sont colorés en vert malachite ; ils renferment d’'énormés quantités de filaments ‘et une abondance de formes levures.

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Dans les cultures, la forme levure est habituelle ; toutefois sur moût de bière gélosé, une abondante formation mycélienne apparaît. Le champignon produit des lésions chez le lapin.

Monilia tropicalis Castellani, 1919 [40].

Cette Monilia a été isolé de nombreux cas de bronchomycoses à Ceylan par CASTELLANI ; dans les crachats, à l'examen direct, elle se montre sous la forme de globules arrondis ou ovalaires avec, de place en place, des débris de mycélium cloisonné.

Les cultures sont assez luxuriantes sur milieu de SaABou- RAUD, gélose et gélose glucosée ; une légère acidité favorise la croissance. Les colonies sont d'un blanc crémeux à surface unie dans le jeune âge, se ridant ensuite ; l'examen microscopique montre des cellules levures rondes sur les milieux solides ; sur les liquides ces éléments globuleux sont accompagnés d’un mycélium ; pas d’asques.

La gélatine et le sérum coagulé ne sont pas liquéfiés ; aucune pigmentation sur ces milieux ; le lait est acidifié, sans coagulation. Sur les milieux sucrés à base de glucose, lévulose, maltose, galactose et saccharose, on constate une acidification et un dégagement gazeux.

Parmi les affections causées par ce parasite, citons quelques cas de bronchomycoses, un cas de pseudo-diphtérie mortel ; il est pathogène pour le cobaye.

Monilia aceraensis Maefie et Ingram, 1921 [41].

Trouvée dans un cas de moniliase bronchique avec tuberculose pulmonaire, à Accra, chez un indigène de la Cote de l'Or. Après avoir présenté des phénomènes hémophtisiques et des symptômes tuberculeux, l'individu mourut ; son autopsie décela des lésions tuberculeuses au niveau des deux poumons. À gauche, foyer pleurétique ; dans le liquide et sur la surface de la plèvre on a pu mettre en évidence le parasite.

A. Fabre 3

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Monilia para Krusei Blanc, 1921.

En 1921, C. BLanc publie l'étude de ce champignon isolé dans un cas mortel qui initialement avait montré des caractères de pleurésie avec des accidents chroniques ; la maladie avait ensuite évolué en prenant une allure toxi-infectieuse.

Les cultures pratiquées à partir du matériel pathologique ont permis de caractériser une Monilia rentrant dans le groupe para Krusei de CASTELLANI ; le parasite est pathogène pour les animaux de laboratoire.

Monilia de Jaumain et Colard, 1925 [42].

Il s’agit d’un cas de pneumopathie chronique grave avec état général très déficient. JAUMAIN et CoLarD, malgré leurs recherches systématiques n’ont jamais pu mettre en évidence le Bacille de Koch ; dans le matériel frais la Monilia était facilement visible. Les cultures ont montré qu'il s’agissait d’un champignon thermophile ayant la propriété de donner facilement des filaments et des chlamydospores à condition de le caltiver en milieux liquides.

Il liquéfie la gélatine glucosée, coagule le lait, mais n’a pas d'action sur le sérum coagulé. Parmi les sucres expérimentés, 1l produit la fermentation du glucose, du lévulose, du maltose et de la dextrine. Le lapin succombe à la suite d'inoculations intrapulmonaires ou intraveineuses.

Monilia aegyptiaca Khouri, 1933 [43].

Le parasite a été rencontré dans les expectorations d’un malade habitant Alexandrie ; le sujet présentait une blastomycose pulmonaire aiguë ; les crachats étaient teintés de sang ; la recherche du Bacille de Koch fut négative ; par contre constamment la levure décrite y était présente.

Elle se voit sous la forme d'éléments globuleux, arrondis ou ovalaires, généralement libres, très peu bourgeonnants et formant de très rares filaments.

L'auteur cultive le parasite sur le milieu de SABOURAUD et il obtient des colonies d’un blanc crémeux : l'examen microscopique décèle des formes arrondies ou ovoïdes mesurant de 3 à 8 & dans leur diamètre. La température optima est située entre + 360 et + 370 ; la levure reste colorée par la méthode de Gran ; elle produit l’acidification le presque tous les milieux sucrés, ne forme pas de voile mais donne des dépôts floconneux qui se réunissent en un culot, au fond du vase de culture ; aucun pigment ne se forme. La réaction de l’indol est négative. L'aspect des cultures est assez caractéristique; sur la gélose glucosée, en profondeur, il se produit une extension du parasite en entonnoir, puis la gélose se rompt par suite de l’importante production de gaz dans le milieu. En aucun cas la gélatine ne se liquéfie. Le parasite produit des gaz sur les milieux contenant les sucres suivants : glucose, lévulose, maltose, saccharose.

L'étude de l’action pathogène expérimentale a montré chez les cobayes l'apparition de gros nodules qui se résorbent par la suite peu à peu.

Mycotoruloïdes triadis Langeron et Talice, 1932 [44].

Cette espèce provient de la mycothèque de Parasitologie de la Faculté de Médecine de Paris et elle a été tirée de la collection du Professeur GuiLLERMOND. La souche fut isolée en 1925 à l'Hôpital de Saumur des crachats d’un spahi algérien entré en observation pour accidents pleuro-pulmonaires. BRoCQ-RoUssEU, GUILLIERMOND et des CILLEULS en firent l’étude en 1927 ; elle fut alors appelée Monilia sp. Depuis, LANGERON et TALICE lui donnent le nom de Mycotoruloïdes triadis.

Zymonema pulmonalis C. Martins, 1928 [45].

Ce champignon a été isolé à plusieurs reprises à PorTo, des crachats d’un malade de 13 ans atteint de pneumopathie de nature inconnue. Des hémoptysies se manifestent. Le

MOOTSE

parasite se montre sous forme de globules qui sont très perceptibles dans le matériel pathologique examiné à l’état frais. L'espèce est thermophile ; sur les milieux solides elle se développe en donnant des colonies de couleur jaunâtre et d'aspect membraneux, assez résistantes.

La gélatine est liquéfiée ; sur les divers milieux les caractères sont variables : il apparaît quelquefois des filaments cloisonnés ou non qui portent souvent des bourgeons et des denticules latéraux. Dans les cultures anciennes les chlamydospores sont nombreuses ; les asques font toujours défaut.

L'espèce ne semble pas pathogène pour les animaux de laboratoire.

Levure de Montgomery et Walker | 46].

Les auteurs ont isolé cette levure chez un homme pour lequel on avait fait le diagnostic de tuberculose miliaire aiguë, quelques jours avant le décès. L’autopsie montra des nodules miliaires à apparence de tubercules dans les poumons, le foie, la rate, les reins. Plus tard l’examen histologique des zones pulmonaires infiltrées fournit l'aspect typique du nodule blastomycétique avec une grande quantité de formes bourgeonnantes. On regrettera ici qu'aucune culture du parasite n'ait été tentée ; sa place dans la classification ne peut pas être établie.

Levure de Cleary | 47].

Le sujet était un homme suspect de tuberculose pulmonaire ; le parasite a été isolé de nombreux abcès au niveau des poumons.

L'examen des abcès et des nodules montre la structure typique que l’on a l'habitude de trouver dans les lésions blastomycétiques ; de nombreuses formes bourgeonnantes étaient présentes ; les blastomycètes furent retrouvés dans les bronches, le myocarde.

Aucun renseignement botanique ne nous permet d’assigner une place à cette levure.

Levure de Bread [48].

BREAD rapporte 15 cas où ce parasite fut identifié ; le plus souvent on put l’isoler de crachats ; il était souvent associé à d’autres organismes; mais l’auteur constate que sa disparition coïncide avec une amélioration de l’état du malade et avec la rétrogradation des symptômes morbides. BREAD signale que la réaction d’agglutination donne des résultats positifs ; les composés iodés sont très utiles dans le traitement.

Les détails manquent pour classer cette espèce.

Levure de Carpano [49].

Il s’agit d’un cas de pleuro-pneumonie observée chez un cheval ; dans le poumon de celui-ci, l’auteur a pu voir, à côté du STREPTOCOQUE de ScHUTZ, une levure qui paraît se rapprocher du SACCHAROMYCES GUTTULATUS ou du CRYPTOcoccus de RIVOLTA.

La mauvaise poussée de l’organisme sur les milieux de culture n’a pas permis une diagnose sérieuse. L'étude de l’action pathogène expérimentale a montré que les cobayes et les lapins inoculés dans le thorax meurent très vite ; on n'a pas pu retrouver les parasites dans l'organisme. Par inoculation sous-cutanée il est possible de retrouver le champignon sous la peau.

Levure de Spreng [50].

À. SPRENG, en 1934, donne une relation d’un cas de blastomycose du poumon et de la cavité pleurale. Il est regrettable que nous n’avons pas une description du parasite ; en effet l’auteur, dans son étude, se limite à l'observation clinique : il s’agit d’une jeune femme ayant présenté les symptômes d’une affection progressive du poumon : les premiers symptômes ont apparu avec la fatigue et l’amaigrissement ; la fièvre est montée à + 38° et + 390 ; Ja malade tousse beaucoup et émet des crachats purulents. Les examens

RERO

bactériologiques de ces expectorations n’ont jamais mis en évidence le Bacille de Kock ; mais on a trouvé régulièrement des levures tantôt isolées, tantôt groupées en amas. L’exsudat pleural recueilli par ponction stérile renferme un grand nombre d'éléments levuriens.

L'auteur a essayé d'appliquer le traitement par les Rayons X, ceci sans succès ; il a administré ensuite de la quinine (1 à 3 grammes par jour pendant deux mois). Une amélioration très nette s’est déclarée.

Au moyen d’un auto-vaccin de sa préparation, SPRENG est arrivé à améliorer rapidement l’état de la malade et à atténuer les symptômes pathologiques.

La Blastomycose californienne [51].

Pour terminer, nous nous permettons de dire un mot de cette affection chronique dont certains symptômes cliniques rappellent la tuberculose. L'agent de la maladie estl’Oïdium coccidioides. La thérapeutique par l’iode et les iodures n’a aucune action sur la maladie ; l’action du champignon sur l'organisme est néfaste et se termine toujours par la mort. Cette maladie semble localisée à la Californie.

Après avoir passé en revue ainsi la plupart des Blastomycèles que l’on a cru devoir incrimer dans les affections du système respiratoire, nous nous proposons d'exposer nos recherches personnelles.

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