CHAPITRE I
Quelques notions sur la classification des Blastomycètes.
Avant d'aborder ce sujet nous constaterons avec LANGE- RON [1] que le terme de Blastomycète ne groupe pas des champignons à caractères communs et à affinités naturelles : c'est un mot qui s'applique pour désigner tout champignon pathogène bourgeonnant à un moment quelconque de son évolution.
Nous trouverons donc dans les blastomycoses des agents appartenant aux levures proprements dites et aussi un certain nombre d'organismes dont le thalle filamenteux sera susceptible de se fragmenter pour donner naissance à des éléments levuriens.
Ceci posé, examinons succinctement les différents travaux systématiques ayant eu pour objet de permettre une classification plus ou moins rationnelle des Blastomycètes. De nombreux auteurs se sont consacrés à cette tâche ; nous ne les citerons pas tous, n'ayant pour but, dans ce chapitre que de donner des généralités permettant de se faire une idée sur la place des Blastomycètes dans les groupements. cryptogamiques.
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Le premier essai qui constitue un réel progrès dans cette voie est dû à LiNpau [2]; dans ses recherches systématiques cet auteur admet les divisions suivantes:
Hémiascées : Blastomycètes ne produisant pas d'asques nettement différenciés.
Enascées : Groupement englobant les parasites qui sont capables de former des asques nettement caractérisables.
Les Enascées se différencient en :
Exoascées : [l s’agit de parasites produisant des asques nus et indépendants.
Plectascées : Les asques sont ici légèrement enveloppés.
Discomycètes : Les asques se trouvent dans des organes appelés périthèces : ceux-ci sont ouverts.
Pyrénomyceètes : On trouve dans ce groupe des organismes à périthèces toujours fermés.
Citons maintenant la classification donnée par A. Sar- ToRrY [3] et constatons qu'elle a le mérite de s’appuyer sur des caractères botaniques.
L'auteur distingue les quatre familles suivantes :
Hémiascées, Pézizacées, Sphaeriacées, Périsporiacées.
Il convient de tenir compte aussi de certaines données systématiques qui considèrent les affections et qui constituent des groupements médicaux. Nous citerons comme exemple, la classification donnée par DE BEURMANN et GOUGEROT [4].
Considérant tout d'abord les maladies causées par des parasites strictement globuleux et bourgeonnants, ne formant jamais à aucune période de leur vie des éléments filamenteux, les auteurs les divisent en :
Saccharomycoses : affections dues à des champignons susceptibles de former des asques.
Alelosaccharomycoses : maladies provoquées par des agents ne donnant jamais d’asques.
5 Ter
DE BEURMANN et GOUGEROT considèrent ensuite les :
Parasaccharomycoses : affections ayant pour agents des champignons capables de présenter au cours de leur évolution un mycélium rudimentaire.
Zymonématoses : blastomycoses dues à des organismes cryptogamiques capables de prendre la forme levure globuleuse et la forme franchement filamenteuse.
Endomycoses : maladies provoquées par des champignons à mycélium filamenteux ; ces organismes se reproduisent par asques.
Parendomycoses : affections dues à des parasites assez voisins des précédents mais qui en diffèrent cependant par les caractères de leurs cultures.
VUILLEMIN [5] dans sa classification réserve une place toute spéciale aux organismes qui se reproduisent par la fragmentation du thalle ; il en résulte ce que l’on a appelé des thallospores.
Les Thallosporées de VuILLEMN sescindent en deux groupèments : les Arfhrosporées que nous ne retiendront pas dans cette étude et les Blastosporées qui correspondent à nos Blastomycètes. Ici les thallospores sont des plastospores etelles se caractérisent par leur structure spéciale : de forme ronde ou ovale, elles ressemblent aux levures. Les blastospores naissent par bourgeonnements généralement au pourtour des filaments. Elles sont capables de perpétuer l'espèce. Parmi les genres qui trouvent leur place ici, citons les Cladosporium, Monilia, Malassezia, Cryptococcus.
La classification donnée par GUILLIERMOND [6] mérite qu’on s’y arrête. Adoptant le terme de Thallosporées proposé par VuILLEMIN, cet auteur y introduit des divisions, lesquelles désignent des familles et même des sous-familles. Voici celles que nous nous devons de citer :
Saccharomycétacées : champignons capables de se reproduire par voie sexuée en donnant des asques renfermant à maturité des ascospores. Chaque ascospore est douée du pouvoir germinatif La reproduction asexuée se fait par bourgeonnement ou cloisonnement.