CHAPITRE PREMIER
Etiologie. — Mécanisme.
Dans toutle cours de cette étude avant tout clinique, nous raisonnerons exclusivement sur les vingt-huit observations transcrites au dernier chapitre.
Etiologie. — a). Sexe. — Toutes les observations se rapportent à des hommes, sauf la dernière, et encore s’agit-1l probablement d'une vulgaire échappée d’un crayon servant à des manœuvres de masturbation. Ce fait s'explique aisément par les habitudes respectives des personnes de l’un et l’autre sexe, les hommes étant infiniment plus exposés à ce genre d'accidents que les femmes, du fait même de leurs occupations.
b). Instruments vulnérants. — On peut les diviser en instruments piquants, instruments mousses,
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armes blanches. Les instruments piquants, sont en cause dans les trois quarts des cas (19/28). Il s’agit presque toujours de pointes de bois (piquets, fourches de bois, éclats de bois), puisque dans deux cas seulement sur dix-neuf, l'accident se rapporte à des objets en fer (Obs. IV-XXVI). Nous verrons en étudiant les complications de ces blessures que cette constatation a son importance : en effet, une tige de fer se retire d'une seule pièce, tandis qu'un piquet laissera souvent, dans la vessie, des fragments de bois qui deviendront à peu près fatalement le noyau d'un calcul ultérieur. 1
Les instruments mousses sont à peu près toujours des pieds de chaise mise à l'envers, retournée par exemple, et superposée à une autre chaise. Dans un cas, il s’agit d’un coup de corne.
Les armes blanches sont : deux fois une épée, une fois un couteau, enfin, arme bizarre, un fer rouge manié par un forgeron.
Mécanisme.— La région périnéale n’est pas facilement accessible aux agents qui peuvent la blesser.
Pour que la pénétration se fasse, deux conditions sont aécessaires. a). Le patient tombe d’une certaine hauteur sur l'instrument vulnérant; b). Il tombe les jambes écartées ou repliées en avant.
a). La région périnéale est placée relativement bas, comme, d'autre part, la vessie n'est atteinte que si la blessure se fait à peu près verticalement de bas en haut, il en résulte que le patient a dû, avant son acci-
dent, s'élever au-dessus du sol, au-dessus de l’instrument qui va lui transpercer le périnée. En effet, quinze observations sur vingt-huit mentionnent que le blessé est tombé d'une voiture, d’un échafaudage, d'une meule de paille, etc. Il est à peu près certain que dans tous les cas les choses ont dù se passer ainsi.
b). Le patient tombe les jambes écartées ou repliées. Les jambes lorsqu'elles sont rapprechées l’une de l’autre et allongées, dérobent à peu près complètement la région périnéale aux coups du déhors. Le patient tombant ainsi, les jambes en contact, ne pourrait être blessé qu’en arrière et audessus de la région périnéale et le sacrum protégerait sa vessie. D'où cette conclusion que le blessé pour s'empaler, doit tomber à califourchon, les jambes écartées ou encore répliées en avant ; le périnée est alors découvert et vulnérable. Cette seconde condition n'est mentionnée que dans quatre observations (1, XII, XXVII, XXVIII), il est vrai, mais il doit en être ainsi dans la majorité des cas. Quoi qu'il en soit, il est indéniable que ce soit là une circonstance qui favorise singulièrement la production de ces sortes de blessures.
La vessie est àpeu près fatalement atteinte dans l'empalement accidentel. Pourquoi?
En faisant le total des observations d’empalement accidentel (Thèse d'Ecochard. + Obs. de cette thèse)
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on obtient 38 cas: 11 seulement n’intéressent pas la vessie. Cet organe est donc atteint dans une proportion de 70 o/o dans l’'empalement. Pourquoi cela? D'une façon générale, on peut dire que la replétion de ja vessie en fait un organe tendu, relativement volumineux, très accessible aux agents vulnérants qui pénètrent dans son voisinage (Larrey) ; mais ce n’est là qu'une prédisposition, non une cause. — Ecochard en donne une explication ingénieuse : « Supposons un pal introduit par l'anus, il pénétrera « sous l'influence du poids du corps. Le centre de « gravité de ce corpsétantsitué enhaut et en arrière, « tendra, en l'absence de toute autre force à faire prendreau corps étranger la direction de la vessie.»
Quel est la voie suivie par l'instrument pour atteindre la vessie ?
La pénétration peut se faire :
a) En arrièrede l'anus. —C'estuneconstatation rare (Obs. IT), mais intéressante, car alors lerectum est perforé en deux endroits: tout près de l'anus, à la partie postérieure; un peu plus haut, à la partie antérieure; la vessie est alors abordée sur sa face posté-
rieure, entre la prostate et le cul de sac péritonéal, recto-vésical.
b) Dans l'anus même. — Le chemin parcouru est le même que précédemment ; toutefois il n’y a
qu'une seule perforation sur la paroi antérieure du rectum (7 cas).